Tu es écoféministe

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Voici deux étiquettes que tu refuseras peut-être : écolo et féministe.

Combien te le diront, écoféministe, ça fait écolo-fasciste, sinon féminazi. 

Mais plus on méprisera l’équité entre les genres, les nations ou les générations, plus fort en toi s’animera le germe de l’écoféminisme.

Plus on te mecspliquera le droit de s’endetter pour rouler avec un nouveau SUV, plus tu chériras en pensée tes imaginaires futurs arrières-petits-enfants.

Plus on te vantera un produit quelconque dans un contenant en plastique, avec une image objectivante t’invitant à être comme tu ne l’es pas déjà dans le but de plaire à ceux à qui il faudrait que tu plaises, plus tu chériras ton corps d’être encore en vie – et ton environnement d’être encore viable.

Plus la nature se dégradera, plus ta pulsion de vie s’exprimera.

Plus on invisibilisera ton existence, ton essence, ta différence, plus finement tu percevras le biais des uns et l’aveuglement des autres.

Plus on cherchera à s’approprier ta culture, ton corps, ton argent, ton oeuvre, plus tu te sauras occuper une place de choix, de ton plein gré et de ton plein droit, en plein soleil.

Plus on te dénigrera avec force, plus tu te sauras proche de la réussite.

Vouloir réduire les écarts entre les genres, les nations ou les générations ne signifie pas que tu veuilles t’affubler d’une quelconque étiquette, ni écolo, ni féministe.

Mais si, devant le mépris, l’ignorance, la destruction et l’iniquité, tu arrives à nommer ce qui peut encore te guider, et si cette chose t’amène à te reconnaître et à te connecter, amoindrissant ta solitude, ta culpabilité et ton désespoir, alors oui, tu es écoféministe.

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Les premiers

Ils étaient là bien avant nous. Ils occupaient la terre et la mer, comme en témoignent ces gravures anciennes du Rocher-aux-Oiseaux. Ils y chassaient et pêchaient, toujours avec une offrande en retour. Et les Européens sont arrivés, les faisant reculer jusque dans des réserves où ils sont devenus sédentaires et ont perdu leurs repères culturels.

Nous avons du sang sur les mains. Pas tant celui des animaux exterminés, ni des animaux abattus pour leur jolie fourrure ou pour leur chair, mais bien celui de nos frères autochtones. Ceux-là même qui vivaient en harmonie avec la nature que nous occupons largement aujourd’hui.

Les mesures gouvernementales peinent à réparer les dégâts, comme en témoignent les multiples problèmes sociaux chez les autochtones. Heureusement, la situation progresse peu à peu.

Les Madelinots ont ainsi eu l’immense honneur de recevoir la visite des Micmacs pour la saison 2012 de la chasse au phoque. Cette tradition madelinienne, ce sont d’abord les premiers habitants qui la leur ont enseignée. Les amérindiens venaient périodiquement aux Îles-de-la-Madeleine et connaissaient bien le territoire et sa faune. Ils s’y rendaient en canot d’écorce, par la force de leur bras et par leur connaissance de cette grande eau. Ils chassaient le phoque, jusqu’à ce qu’on leur en retire l’accès. Ils ont perdu leur savoir-faire et ce sont les Madelinots qui en sont aujourd’hui les détenteurs.

Heurtés par la médiatisation qui en ont fait des « barbares » sur la scène internationale, les chasseurs de phoques contemporains se réjouissent de retrouver leurs alliés d’antan. Une escouade mixte Micmacs-Innus-Madelinots a donc parcouru la banquise cet hiver, au grand plaisir de tout un chacun, dans un esprit de partage et de solidarité, où la transmission des connaissances a complété son cycle, bateau à moteur aidant faut-il l’avouer.

Et devinez comment tout cela a commencé? Par une marche pour un moratoire dans le golfe tenue à Gesgapegiag, où autochtones et non-autochtones, du Québec et des Maritimes, ont été conviés et se sont liés. S’unir dans la lutte, c’est un des bons côtés des projets pétroliers extracôtiers dans le Saint-Laurent !

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