MANIFESTATION FÉMINISTE CONTRE LE PROJET D’OLAIT-ODUC

À la veille du début des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’équité (BAPÉ) sur le projet d’olait-oduc et de la journée internationale des femmes, des groupes de la société civile ont manifesté dimanche à Sorel-Tracy, en Montérégie, contre ce projet controversé de Lacto-Canada de 4500 kilomètres d’olait-oduc qui transporterait environ 1,1 million de barils de lait maternel par jour entre l’ouest et l’est du pays, en passant par le Québec.

Les réservoirs de Sorel-Tracy. Crédit image: Raymond Gauthier 2014

Les réservoirs de lait de Sorel-Tracy. Crédit image: Raymond Gauthier 2014

Le rassemblement, qui visait à dénoncer les conséquences anti-féministes du projet, s’est déroulé devant les réservoirs de lait de l’entreprise Kid-Lait. Le Réseau québécois des femmes estime qu’il est impératif d’aborder les questions d’équité et de la lutte contre l’exploitation des femmes post-partum de l’Alberta dans une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes.

La députée Manon Nassé rappelle que ce sont souvent les femmes qui portent les responsabilités liées à la santé et aux besoins de base de leurs proches et de leur famille. Lorsque des communautés font face à une pénurie de lait causée par les lobbyistes de l’industrie pharmaceutique, ce sont les femmes qui se retrouvent à porter la plus grande part du fardeau, affirme-t-elle.

Deux biderons pour le prix d'un jusqu'au 26 octobre 2012.

Consultations bidons sur les olait-oducs?

Elle avait demandé au gouvernement Couillard de faire preuve de pragmatisme et de ne pas tenir les audiences du BAPÉ sur le projet de Lacto-Canada. Elle qualifie ces audiences de « bidon » parce qu’elles « ne respectent pas les lois du Québec et n’ont aucune force de loi ». Madame Nassé souligne que ces audiences ont été amputées d’éléments fondamentaux comme celui de l’étude d’impacts sociaux sur les femmes.

JeSuisFéministe

Définition du féminisme ici

La Juge Bazzo a rejeté vendredi la demande d’injonction de groupes féministes qui souhaitaient suspendre la tenue de ces audiences. Elles débuteront comme prévu lundi. La Ministre Thériault a cependant déposé une requête en injonction pour forcer Lacto-Canada à se conformer à la Loi sur l’équité, ce qui déclencherait un processus complet d’évaluation et d’examen des impacts même sur les hommes.

 

Adaptation libre du texte «Manifestation à Sorel-Tracy contre le projet Énergie Est», de La Presse Canadienne, un compte rendu de Pascale Robidas sur Radio-Canada, 6 mars 2016.

Mur de femmes contre les oléoducs et les sables bitumineux (source: https://www.facebook.com/events/1714565932112426/)

Mur de femmes contre les oléoducs et les sables bitumineux (source: https://www.facebook.com/events/1714565932112426/)

 

Publicités

Photosynthèse à Shanghai

Le « 2015 Shanghai Lujiazui Outdoor Arts Festival », un festival culturel et d’art public à caractère environnemental, se tiendra cette année sous la thématique de la photosynthèse. Cet événement chinois, regroupant une douzaine d’artistes internationaux est organisé par le Shanghai High Noon Art & Culture Center.

Parc Lujiazui, Pudong, Shanghai. Source: http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=411642&page=6

Parc Lujiazui, Pudong, Shanghai. Source: http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=411642&page=6

J’y exposerai une petite installation extérieure temporaire spécialement conçue pour l’occasion, dans le parc urbain Lujiazui. Cette oeuvre, intitulée Purity Garden, se situera à mi-chemin entre une allée de bambou – qui capte le CO2 – et une infrastructure industrielle – qui en émet. Cette installation symbolisera à la fois le problème de la pollution de l’air, sa cause et sa solution.

Des masques respiratoires remplaceront les feuilles, rappelant le rôle des espaces verts et de la photosynthèse dans la purification de l’air.

Symbole de protection de l’environnement, un panda fait de plastique recyclé –  allaitant son petit, autant que possible! – sera juché au centre de ces bambous «purificateurs d’air».

Une belle aventure en perspective!

La déforestation chinoise menace le panda, emblème national qui ne s’alimente que de bambou. Pendant ce temps, au Canada, la forêt boréale est menacée par l’expansion des sables bitumineux. Nos deux nations contribuent à la pollution atmosphérique et au réchauffement climatique par leurs activités industrielles, leur consommation croissante et leur déforestation. En 2013, la Chine a offert deux pandas au Canada, démarche diplomatique ayant mené par la suite à des accords de coopération énergétique. Or nos deux pays ont aussi récemment fait des avancées dans les récentes négociations climatiques internationales. Après avoir assisté à cette pratique ancestrale de la «diplomatie du panda», serons-nous bientôt témoin de la «diplomatie de l’air pur»?

LAIT sur le fleuve et sécurité : des ministères fédéraux se contredisent

Pour répondre aux inquiétudes dans la population, Transports Canada affirme que la préparation à d’éventuels déversements laitiers sera améliorée entre Montréal et l’île d’Anticosti. Mais la Garde côtière fait circuler une information différente.

« Sécurité de classe maternelle », c’est le nom qu’a donné le gouvernement fédéral à sa nouvelle approche. Il s’agit de mieux planifier les interventions en collaboration avec les gouvernements provinciaux, les collectivités locales, les groupes de mères et les banques de lait maternel. Ottawa répond ainsi aux recommandations de son comité d’experts qui l’avait critiqué, il y a quelques mois, pour avoir un seul et unique modèle de préparation, quelle que soit le type de liquide.

Le 28 mai, lors d’un colloque qui réunissait des élus municipaux, des industriels, des lobbyistes pro-allaitement et des fonctionnaires provinciaux et fédéraux, un représentant de la Garde côtière canadienne a annoncé aux personnes présentes, document à l’appui, que la partie du fleuve entre Québec et l’île d’Anticosti a été désignée comme une des quatre régions du projet pilote.

Le chef adjoint du Parti Blanc du Canada, Daniel White, qui se trouvait dans la salle, est ressorti très étonné : « la zone entre Valleyfield et Québec est autant, sinon plus, à risque que Québec-Anticosti. Et qu’en est-il du reste du Golfe? On sait pourtant que les mammifères marins y séjournant sont déjà très sensibles au lait. Du lait humain pour les bébés humains, du lait de béluga pour les bébés bélugas; c’est le meilleur moyen d’éviter l’extinction de l’espèce».

Il s’appuie sur une étude réalisée par la firme Lactovar à la demande d’Ottawa, en 2013. Elle concluait que l’indice de risque de déversements laitiers était « très élevé » (en rouge sur la carte) tout le long du fleuve et tout autour du golfe du Saint-Laurent.

Sécurité de classe maternelle

Le corridor fluvial entre Montréal et Québec doit connaître une intensification des déplacements de navires à compter des prochaines semaines. L’inversement du flux de la ligne 32B du pipeline d’EnBra permettra d’acheminer dans la métropole jusqu’à 300 000 barils de lait maternel par jour issu des banques de donneuses de l’Ouest.

Une partie de ce lait sera chargé sur des navires taille « Max » qui feront la navette vers les usines de stérilisation de Lévis, à raison de deux ou trois voyages par semaine. Et c’est sans compter les déplacements de navires-laitiers de Lacto-Canada au site d’entreposage de Kid-Lait à Sorel-Tracy.

 

Adaptation libre d’un extrait du texte «Pétrole sur le fleuve et sécurité : des ministères fédéraux se contredisent», de Thomas Gerbet sur Radio-Canada, 11 juin 2015.

LACTO-CANADA cesse temporairement d’envoyer son lait à Sorel-Tracy

 

TankerExclusifLa compagnie Lacto-Canada cesse temporairement d’envoyer son lait des banques maternelles albertaines au terminal de Kid-Lait à Sorel-Tracy. C’est le faible prix de vente du baril de lait qui serait en cause.

Les convois de trains et le remplissage de navires chez Kid-Lait vont donc cesser pour un temps indéterminé. Par voie de communiqué, Lacto-Canada a expliqué agir ainsi en raison des marchés. « Toutes les expéditions de Lacto-Canada dépendent des conditions des marchés, que ce soit pour des facteurs comme l’offre et la demande, les écarts de prix entre le tarif des mères canadiennes et celles à l’international ou les coûts des compresses d’allaitement, qui changent fréquemment », a affirmé le conseiller aux communications pour Lacto-Canada. Le prix du baril de lait maternel a atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs années et il pourrait continuer de glisser.

La nouvelle de cet arrêt temporaire devrait ravir les opposants à l’exportation de lait maternel, notamment le groupe Allaite Rive-Sud. Jusqu’à présent, Lacto-Canada a chargé deux superlaitiers, taille aframax (44 mètres de large) à destination de l’Europe et du golfe du Mexique.

Selon Jacques, un spécialiste en finances à l’Université de Mononc, il en coûte 10$ par baril pour faire venir le lait albertain par train jusqu’à Sorel-Tracy, en plus des 3$ par baril pour son transport par navire jusqu’à une usine étrangère de stérilisation et d’emballage. Le coût de production du lait maternel est vraiment très faible, mais le profit dégagé dans les circonstances est considéré insuffisant.

 

Adaptation libre du texte de Thomas Gerbet à Radio-Canada «Suncor cesse temporairement d’envoyer son pétrole de l’Ouest à Sorel-Tracy» du 6 novembre 2014.

Lire aussi: Le superlaitier MATERNA GLORIA quitte Sorel-Tracy, LAIT MATERNEL – Un navire géant arrive à Sorel-TracyLAIT MATERNEL À SOREL-TRACY – UN BAPE N’ÉTAIT PAS REQUIS POUR LA SOCIÉTÉ KID-LAIT

LAIT MATERNEL À SOREL-TRACY

– UN BAPE N’ÉTAIT PAS REQUIS POUR LA SOCIÉTÉ KID-LAIT –

La société Kid-lait n’a pas eu besoin de passer par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour avoir le droit de recevoir du lait maternel de la banque de lait de l’Ouest par train et l’acheminer par bateau à Sorel-Tracy, car elle n’a fait que modifier des installations déjà existantes au bord du Saint-Laurent.

« Kid-lait voulait faire des travaux sur des réservoirs existants, or le règlement ne concerne que l’implantation de nouveaux réservoirs », explique M. Leblanc du ministère de l’Environnement.

Kid-lait, qui reçoit, stérilise et achemine des produits laitiers maternels, n’a pas eu besoin de passer par le BAPE, mais la compagnie a dû obtenir des autorisations du ministère, car des modifications ont été effectuées dans ses installations pour pouvoir recevoir le lait maternel issu des banques de lait albertaines. La société a obtenu les autorisations en décembre 2013.

Apprenez-en plus sur le projet de Kid-lait àa Sorel Tracy sur http://www.kildair.com/fra/projet.html

Apprenez-en plus sur le projet de Kid-lait à Sorel Tracy sur http://www.kildair.com/fra/projet.html

Ainsi, une rampe de déchargement flambant neuve a été installée pour réceptionner le lait maternel des wagons de nouvelle génération, qui ont remplacé les controversés wagons transparents. Des équipements supplémentaires pour « récupérer le gras du lait », des toits pour minimiser les émanations de parfum sucré, des citernes remplies d’eau et de géantes compresses d’allaitement ont été installées. Un écran géant qui émettra « une petite publicité » sera aussi mise en place sur le site de Kid-Lait en pensée pour « ces femmes de l’Ouest qui recueillent leur lait bénévolement », dit M. Leblanc.

Le président de Kid-lait estime que sa compagnie s’est soumise de manière « rigoureuse » aux exigences du ministère afin de rendre le site sécuritaire. M. Leblanc estime que beaucoup de lait circule déjà sur le fleuve. « Je vous dirais que du lait sur le Saint-Laurent, Ultramaman en amène l’équivalent de 250 000 barils par jour depuis 30 ou 40 ans, donc il y en a beaucoup, beaucoup de lait qui circule sur le Saint-Laurent déjà », dit-il.

Les compagnies laitières traditionnelles estiment que le lait maternel albertain présente un risque important pour le fleuve, et une consultation publique devrait être menée, vu les enjeux écologiques. « Le lait maternel, contrairement au lait en poudre, coule. Ce qui fait qu’en cas de déversement, le lait maternel est difficile à récupérer », dit-il.

Kid-lait estime toutefois que le transport du lait maternel est nécessaire pour faire fonctionner l’économie québécoise et canadienne. « On est dans une société qui consomme beaucoup de lait […] et le lait doit être expédié entre les points d’extraction et les points de stérilisation puis de consommation. Donc que ce soit par les pipelines, des navires ou des trains, il faut le bouger le lait. »

déversement_laitier

 

Article original ici: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/415243/petrole-lourd-a-sorel-tracy-un-bape-n-etait-pas-requis-pour-la-societe-kildair (Le Devoir, 6 août 2014… réservé aux abonnés!)

« Pas dans ma cour » revisité

Détail de la mosaïque "Sciences naturelles" de Marianne Papillon à l'exposition collective "PEUT MIEUX FAIRE - Cahiers d'exercices", septembre 2012.

La main de l’Ouest force l’enfant de l’Est à boire un liquide noir. Détail de « Sciences naturelles » de Marianne Papillon à l’expo « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices« , 2012.

Depuis ce printemps, l’accord des propriétaires terriens québécois est soutiré un à un, le long du tracé d’un projet d’oléoduc. On cherche ainsi à préparer le terrain pour faire passer du pétrole sous le fleuve, sur la Rive-Nord, encore une fois sous le fleuve, dans le Bas-Saint-Laurent puis dans le Témiscouata.

Pourquoi? Pour qu’on paie moins cher à la pompe? Non, pour EXPORTER le pétrole de l’Ouest par l’Est, au Nouveau-Brunswick. 1 100 000 barils de pétrole par jour, 590 barils par minute (1 baril = 160L). Il va largement dépasser la capacité de nos raffineries, ce pipeline.

Est-ce acceptable que des négociations aient ainsi lieu en catimini avec chaque propriétaire touché (en évoquant de surcroît une possible expropriation)? N’est-ce pas la stratégie énergétique de tout le pays qui en serait affectée? Le désenclavement du pétrole issu des sables bitumineux serait dramatique dans la lutte aux changements climatiques. Sans même parler du risque de déversement (une fuite de seulement 5 minutes correspondrait à 3000 barils dans la nature!) on ne peut limiter l’étude de l’impact de ce projet aux propriétaires concernés.

La Colombie-Britannique, elle, a dit non au pipeline. Ne recevoir à peu près aucun bénéfice économique mais assumer tous les risques environnementaux et de sécurité civile? Non merci, on les comprend. Pourquoi ce serait différent au Québec?

Barack Obama a quant à lui répété à plusieurs reprises qu’il fallait rejeter Keystone XL s’il était prouvé que sa construction augmenterait de manière importante les émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Et au Québec? Eh bien Mme Marois se dit bien ouverte à la chose, oui oui. Pourrons-nous être consultés même si le tracé du pipeline ne passe pas chez nous? Pas sûr. C’est le syndrome « pas dans ma cour » revisité: ça ne passe pas dans votre cour, ce tuyau-là? Alors désolé, mais cela ne vous concerne pas.

Il est plus que temps que le débat s’ouvre et que tous les Québécois aient le droit de parole sur ce projet. À l’automne 2013, une consultation publique sur le dossier de l’énergie aura lieu (info et inscription ici). Ce sera l’occasion de poser nos questions sur les enjeux de fonds, de parler de nos préoccupations concernant les projets énergétiques que sont les pipelines, le transport ferroviaire, les forages, la fracturation, l’exploration extra-côtière, l’économie d’énergie, le virage vers les énergies vertes et la réduction des gaz à effet de serre.

Pour ma part, je leur demanderai pourquoi on nous parle encore de forer le golfe du Saint-Laurent et de fracturer Anticosti si on compte de toute façon EXPORTER le pétrole de l’Ouest en passant par l’Est?? C’est qu’elle grande, très grande, notre cour!

PEUT MIEUX FAIRE

Le Centre d’artistes Vaste et Vague présente l’exposition de groupe « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices » préparé par le commissaire Emmanuel Galland en résidence à Carleton-sur-Mer. L’exposition a pour inspiration le fameux Cahier Canada Hilroy. Ne serait-il pas le plus grand dénominateur commun de plusieurs générations de Canadiens coast-to-coast? Un cauchemar de l’enfance ou une madeleine? Pour accéder au communiqué de l’événement cliquez ici.

Détail de la mosaïque « Sciences naturelles » de Marianne Papillon à l’exposition collective « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices », septembre 2012.

 J’y présente « Sciences naturelles », une mosaïque d’estampes numériques qui illustre un Canada bitumineux évoluant en 6 pas vers un Québec en proie au pétrole (des projets étant à l’étude ou en cours en Gaspésie, Anticosti, Îles-de-la-Madeleine et Old Harry).

Dans le même ordre d »idée que  Mer nourricière, j’ai revisité la carte du Canada, j’ai humanisé les contours du Canada, lui donnant l’allure d’un bébé forcé à boire au biberon. Inversant le noir et le blanc, ce n’est plus du lait immaculé qu’on lui offre, mais bien un fluide noir.

Mon plus lointain souvenir en sciences naturelles est la distinction entre les ressources renouvelables et non renouvelables. J’avais huit ans et je devais illustrer ces deux types de ressources : je dessinai une jolie fontaine de pétrole débordante et un vieux moulin à vent croupissant. M’a-t-on déjà parlé d’allaitement à l’école? Je n’en garde aucun souvenir. Déjà parlé des sables bitumineux? Que oui, on nous racontait un trésor en latence, une technologie prometteuse, l’espoir de devenir ENFIN un puissance pétrolière nous aussi.
Et des femmes, anciennes écolières à qui l’on n’a pas enseigné l’allaitement, doivent aujourd’hui se débrouiller entre elles pour apprendre comment offrir leur lait à leur enfant. Comme si le génie humain avait déjà dépassé la nature et qu’on pourrait dorénavant faire sans elle. Que nenni!

Performance pétrolaitière

Voici le texte de ma performance artistique livrée le 15 septembre 2012 à l’aéroport de Havre-aux-Maisons lors du vernissage de Machine à lait.

« Je vais vous faire une démonstration de l’unité mobile auto-suffisante de LACTO-CANADA(Je dépose devant moi une boîte à lunch assortie d’un soutien-gorge en j’en sors un biberon et un tire-lait manuel.) Ceci est une pompe à lait. Il suffit de l’appliquer et de pomper, je vais vous faire une démo. C’est très pratique parce que tout ce dont vous avez besoin pour l’utiliser, c’est d’un corps. C’est aussi très économique.

Macine à lait, une installation de Marianne Papillon à Colis suspect du centre d’artistes Admare

Savez-vous combien ça coûte d’acheter du lait commercial en pharmacie? De 10 à 20$/L, selon les compagnies et les formats. Or, les autorités sanitaires du monde entier s’entendent pour reconnaître la supériorité du lait maternel. On peut donc raisonnablement penser que le lait maternel de LACTO-CANADA doit valoir 30 à 40$/L, minimum. Le gaz était à combien ce matin? 1,50$/L? Pis on trouve ça cher, imaginez! Faire le plein de lait maternel, ça coûte un bras. Tandis que cette unité mobile autosuffisante ne coûte environ que 30$.

Alors maintenant, je vais vous montrer comment vous en servir. À moins que… est-ce qu’il y a des gens ici qui connaissent ça? Y a-t-il des volontaires pour en faire la démonstration? Personne? D’accord, je vais le faire moi-même alors.

C’est sûr, les gars, vous pouvez pas le faire; avec le poil, ça brise la succion pis l’air rentre sur les côtés. Ça prend une fille, pis c’est pas tout le monde qui est à l’aise avec ça. Bon, excusez-moi, maintenant je vais lever mon chandail. C’est un peu gênant, là, pour moi. Je vais vous exposer une partie flasque et molle de mon corps. D’ailleurs, je m’excuse  pour le manque d’élégance. (Je lève mon chandail jusqu’aux côtes, on voit mon abdomen sur lequel j’applique le tire-lait et j’y exerce une pression négative. Mon flanc est aspiré cycliquement.)

Voilà, vous avez compris le principe. Maintenant, quand on fait ça sur le sein, le lait est aspiré, puis il tombe dans ce récipient, et on peut ensuite le verser dans des biberons. (Je démonte le tire-lait et y visse un goulot à essence, puis je mime de verser dans le biberon). Ensuite, vous pouvez y mettre la tétine ou le bouchon si ce n’est pas pour consommation immédiate. (Je visse un bouchon d’essence sur le biberon.)

Bon, encore plus simple et entièrement gratuit, vous pourriez tout aussi bien vous extraire vous-même votre lait avec les doigts. Je vais vous faire une démonstration – j’espère que personne ne pense que je vais le faire pour vrai, là, hein? (Je prend un ipad et y diffuse cet extrait vidéo, de 1:54 à 2:40, en le tenant face au public, devant ma poitrine. Mes mains sont cachées derrière l’écran, je positionne mes poignets de manière à faire un avec la personne à l’écran qui se tire du lait en gros plan.)

Si vous allaitez et que vous vous sentez prêtes pour retourner sur le marché du travail, vous pourriez postuler chez Lacto-Canada, ils vont vous envoyer un vidéo d’auto-formation. Je vous en montre un extrait, tiens. (je diffuse sur grand écran le film « Tirer le lait » de Catherine et Philippe Minot de 7:20 à 9:14 où l’utilisation de tire-lait électrique simple ou double est démontré.)

Pour commémorer tout ça, je vais vous servir du Chocolacto canadien. (Je vais chercher un des « biderons » de l’installation, bidon rouge affublé d’une tétine.) Il faut que vous sachiez que le Chocolacto provient d’un concurrent. C’est la compagnie Pétrolait qui fait ça. Elle est basée en Gaspésie, donc on peut quand même en être fier. Par contre, il faut le dire, elle verse un petit peu dans le pétrole. Donc, c’est une compagnie pétrolaitière, elle mélange le lait au pétrole. C’est d’ailleurs ça qui donne une belle petite couleur chocolatée à ses produits.

Bon, je vous vois tout de suite monter sur vos grands chevaux, là. Mais écoutez, premièrement, le pétrole canadien, c’est du pétrole ÉTHIQUE. Deuxièmement, ça vient pas des sables bitumineux, c’est du pétrole QUÉBÉCOIS. Pis troisièmement, c’est pas du pétrole de schiste non plus, c’est du pétrole CONVENTIONNEL. C’est vrai, en Gaspésie, ils ne fracturent pas, non, ils font juste casser de la roche-mère pour en extraire les fluides. De toute façon, vous êtes familiers avec ça, vous, maintenant, extraire les fluides d’une mère, non?

Maintenant que vous êtes bien informés qu’il y a un petit peu de pétrole éthique gaspésien dans le Chocolacto, je vais vous lire les mises en garde générales en lien avec les hydrocarbures, mais prenez pas la peine de m’écouter. Vous pouvez faire d’autres choses en attendant, c’est vraiment rien de nouveau. Vous pourrez vérifier en rentrant chez vous tantôt, c’est la même affaire partout sur ces bidons-là. (Je fais la lecture des nombreux avertissements inscrits sur le bidon.)

OK, c’est fini. Maintenant, qui en veut?  ( Je visse le long goulot jaune au bideron et verse du lait au chocolat à l’assistance). »

À votre santé!

Un plan B SVP

Le Canada vient d’adopter un plan, un « cadre énergétique« . Devinez quoi? On veut redorer l’image des sables bitumineux et agrandir notre marché d’exportation de cette ressource « durable » et « responsable ».

Étions-nous à la recherche d’un plan énergétique, ou financier? Parce que question planification énergétique, on pourrait voir un peu plus loin et soulever la question de la vie après le pétrole.

La bonne nouvelle, c’est que le ministre de l’environnement du Canada annonce un plan de surveillance intégré visant les sables bitumineux. Chouette! On va enfin savoir à quel point l’eau est polluée et on va même pouvoir suivre l’évolution de la contamination des vivants.

« Une surveillance de l’air accrue renforcera les mesures et permettra répondre à des questions clés sur les émissions attribuables à l’exploitation des sables bitumineux, leur quantité et les sources. Nous serons ainsi mieux renseignés sur le devenir des émissions des sables bitumineux dans l’atmosphère – le transport, la transformation et le dépôt – ainsi que sur l’interaction de ces émissions avec celles d’autres secteurs. »

Et si on regardait plutôt comment on peut diminuer notre dépendance aux hydrocarbures et comment on pourrait ralentir notre production d’énergie non-renouvelable émettrice de gaz à effet de serre?

%d blogueurs aiment cette page :