Parce que la sécurité a plusieurs visages

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Extrait de «Sécurité énergétique», MPapillon 2011

La base de la sécurité énergétique, c’est d’abord de ne pas manquer de jus ou, si vous préférez, de lait. Éviter la panne sèche: entretenir une bonne production et, autant que possible, ne pas séparer le petit de sa source d’énergie maternelle! Sinon, avoir quelques réserves de secours pas trop loin. Mais c’est aussi veiller à ce que le lait, s’il n’est pas bu au sein, ne soit ni périmé ni trop dilué. S’assurer que les fuites de lait soient sous contrôle et que la couche ne déborde pas! Enfin, vérifier que la tétée soit efficace, sans petit bec pinceur ni frein de la langue trop court…

À l’échelle des communautés, la notion de sécurité énergétique, recoupe:
  1. La  garantie d’approvisionnement : l’accès à une source fiable d’énergie  en quantité suffisante pour répondre à des besoins variables.
  2. La sécurité environnementale :  la prise en compte des impacts de l’approvisionnement et de la consommation sur l’environnement, de son extraction jusqu’à son transport, événements accidentels inclus.
  3. L’efficacité énergétique : diminuer les pertes d’énergie, réduire l’énergie requise pour un même service et réduire la consommation d’énergie à la source.

En effet, toute augmentation du prix du baril de pétrole, réduisant la facilité d’approvisionnement, entraînera un regain d’attention pour les programmes d’efficacité énergétique et pour le développement d’énergies alternatives.

De la même façon, toute crise écologique aura un impact sur les choix des collectivités en matière d’énergie, menant à des modifications de leurs modes d’approvisionnement et de consommation.

Somme toute, consommer en moins grande quantité une énergie moins polluante résulte en une meilleure garantie d’approvisionnement énergétique et en une plus grande sécurité énergétique et environnementale.

« Garanti, sécuritaire et efficace! » Joli slogan pour promouvoir… l’allaitement?

Le superlaitier MATERNA GLORIA quitte Sorel-Tracy

Le navire Materna Gloria, gorgé de lait provenant des banques laitières de l’Alberta, a quitté Sorel-Tracy mercredi le 24 septembre vers 5 h. Le navire de 250 mètres de long et 44 mètres de large se dirige vers l’usine de stérilisation de Sarroh, en Italie. Le bateau a un tirant d’eau de 10,4 mètres (partie immergée de la coque), alors que le minimum de fond à Sorel-Tracy est de 10,7 mètres. Il y avait donc une trentaine de centimètres d’écart seulement au moment de son départ, soit l’équivalent d’un bonnet « F » entre la coque et le fond marin.

Éclaboussures en Chambre

Cette circulation de gros navires dans le fleuve Saint-Laurent a fait des vagues à l’Assemblée nationale. Le gouvernement s’est fait demander s’il avait reçu des garanties quant à la sécurité du fleuve et de la population avoisinante.

La réponse du premier ministre a été cinglante, quoique peu précise : « Pourquoi est-ce un problème qu’un navire qui augmente de 32 à 44 mètres de large va d’ouest en est ou d’est en ouest? C’est quoi cette salade? » a demandé monsieur Couillard, médecin et ancien ministre de la santé ayant à coeur la saine alimentation des nourrissons et la promotion du lait maternel.

La première tétée d’une longue série

C’est le premier gros navire transportant du lait des donneuses de l’ouest à emprunter la voie maritime du Saint-Laurent. Il y a un an encore, le gouvernement fédéral interdisait des navires de plus de 32 mètres de large dans cette partie du fleuve. L’arrivée du navire laitier Materna Gloria marque le début d’une grosse série. Selon des chiffres obtenus auprès de sources gouvernementales et de l’industrie, le nombre de navires gorgés de lait pourrait doubler, voire tripler sur le fleuve d’ici à la fin de la décennie. Les ports de Montréal et de Lévis accueilleront à leur tour le lait des généreuses mères de l’ouest.

_ Adaptation libre de «Le superpétrolier Minerva Gloria quitte Sorel-Tracy», d’après les informations de Thomas Gerbet sur Radio-Canada, le 24 septembre 2014.

Ras-le-bol

Croyez-le ou non, le déversement de 450 000 L d’hydrocarbure à Sept-Îles serait survenu alors qu’on tentait de transvider du mazout dans un réservoir qui était PLEIN! Alors, mesdames, saisissez l’occasion: apprenez des erreurs des autres.

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Débordement prémonitoire? Voir venir et … apprendre de nos erreurs.

Premièrement, lorsque vous exprimez* votre lait, utilisez un contenant vide. Si, en cours de processus, vous constatez un débordement, cessez l’expression du lait maternel. Ne tardez pas avant de nettoyer, vous éviterez de fâcheuses taches. Un point important: n’en faites pas tout un plat. Évitez de mettre des photos du dégât sur facebook, ou alors ne montrez que ce qui a coulé sur la table et omettez ce qui s’est répandu au sol. L’image que vous projetez de vous-même est PRIMORDIALE.

Avez-vous prévu une équipe de secours en cas d’urgence? Qui sait si vous trouverez du personnel qualifié pour vous aider le moment venu? Prévoyez aussi un petit budget hebdomadaire pour acheter des produits de nettoyage, au cas où, et… un dernier conseil: avez-vous pensé à investir dans le papier essuie-tout? En effet, en devenant actionnaire de la solution, vous rentabiliserez les dépenses liées aux éventuels « accidents« .

Il est vrai que la prévention peut contribuer à diminuer la survenue et l’importance des déversements. Mais mesdames, en allaitement comme pour le reste, le risque zéro n’existe pas. Dégât il y aura, assurément, alors… soyez prêtes!

PS: Rassurez-vous, ces préoccupations sont temporaires. Un jour ou l’autre, le sevrage viendra.

*Exprimer: Faire sortir un liquide par pression ; extraire : Exprimer le jus d’un citron. Source: Dictionnaire Larousse

Histoires de brassières

Le Soutien-côte s’est déployé le 2 juillet dernier sur une falaise du Parc de Gros Cap, des centaines de femmes ayant répondu à l’appel lancé dans le cadre de l’événement-résidence en art actuel Faire avec. Ce sont près de 1600 soutiens-gorges qui ont été offerts par les femmes des Îles-de-la-Madeleine et d’autres régions du Québec ou d’ailleurs, en gage de la solidarité envers les populations côtières et insulaires dans la lutte aux changements climatiques. Le Soutien-côte fait 120 pieds de long et contient environ 1200 soutiens-gorges usagés*. Il est en place jusqu’au 28 juillet 2013. (Album photo en ligne ici, merci de partager le tout auprès des personnes et organismes ayant contribué au projet si le coeur vous en dit!)

La confection et l’accrochage du Soutien-côte ont été possibles grâce à l’aide de membres de la communauté madelinienne, et je les en remercie chaudement. Cet assemblage communautaire de brassières a donné lieu à d’intéressantes conversations et c’est avec gratitude que j’en partage ci-bas quelques perles. À votre soutien!

© Maude Jomphe

Le Soutien-côte de Marianne Papillon.   Crédit photo: © Maude Jomphe

« Je t’en ai données, des brassières. Ma belle-mère est décédée pis on a vidé ses tiroirs. Elles étaient blanches. Il y aura un peu d’elle, sur la falaise. »

« Mon Dieu, celle-là était à moi! Hey, ça c’était de la grosse misère! Toute déchirée. »

« C’est fascinant de voir autant de variété. Elles ont toutes un design différent! »

« À mon avis, le soutien-côte, c’est la seule chose utile à quoi peut servir un soutien-gorge. »

« Ma soeur cadette a de plus gros seins que moi. Quand j’étais ado, elle me refilait ses brassières quand elles ne lui faisaient plus. C’était plutôt insultant. »

« Pourquoi quelqu’un voudrait se débarasser d’une aussi belle brassière? …Peut-être qu’elle ne lui faisait plus? »

« J’me souviens pas pourquoi j’ai recommencé à en porter… Ah oui! Je travaillais dans un resto pis j’devais porter des petites blouses blanches. »

« Des « baleines ». Pourquoi ils mettent ça? »

« J’ai eu mes règles très tôt, à 10 ans. J’étais super contente. »

« Celle-là est bien rembourrée. Pourtant… c’est tellement beau des petits seins! »

« La première affaire  que je fais en rentrant chez nous, c’est de l’enlever. Après ça, je peux relaxer. »

« Moi mon problème c’est que j’ai eu mes seins d’adulte à onze ans. C’est pour ça que ma colonne est courbée aujourd’hui : j’ai cherché à cacher ma poitrine pendant des années. »

« Tiens, celle-là c’est la mienne! Je l’ai acheté au Walmart en voyage, c’était un achat de dernière minute. Elle ne m’a jamais fait. »

« Ma meilleure amie a un problème: ses seins poussent constamment. La dernière fois qu’on a magasiné ensemble, ça lui a pris 2h à se trouver un maillot. Il lui a fait pendant 2 mois. »

« Tsé les brassières qui piquent? On le sait jamais d’avance, ça. »

« Tiens, je te donne les brassières de ma tante. Elle doit changer toute sa garde-robe parce qu’elle perd du poids. Elle fait de la chimio pour un cancer. »

« J’ai eu mes règles à 16 ans et demi. À 17 ans je partais de chez mes parents. Prête pour la vie d’adulte! »

« Quand on sort des Îles, il faut en profiter pour s’acheter des brassières. On en trouve difficilement, ici. »

« Je comprends pas pourquoi faudrait se cacher pour allaiter. S’il y a une bonne raison de les sortir, c’est bien celle-là! »

« C’est beau de la dentelle comme ça. Mais il me semble que les vêtements doivent pas bien tomber là-dessus? »

« Moi je ne les ai pas brûlées mes brassières. Mais en voyant des femmes le faire, je me suis dit que, dans le fond, c’était bien vrai que j’en avais pas de besoin. »

« J’ai appelé mes amies, mes cousines, mes anciennes collègues, je leur ai dit: « Il faut que vous m’aidiez à ramasser 1000 soutiens-gorges pour Marianne. » On s’est donc organisé des dîner-brassières. »

« J’avais pas le choix de m’en acheter une : quand on se changeait dans les cours d’éduc, j’étais la seule à ne pas en avoir. »

« Ça me fascine, les brassières à pois. Il me semble que c’est le genre de motif qui attire drôlement le regard. »

« La première fois que j’ai magasiné une brassière, la vendeuse a dit à ma mère: « Ben voyons madame, elle en a pas besoin! » J’étais insultée! Hey, je le savais, moi, que j’en avais, des seins. »

« C’est une brassière d’allaitement, ça? Moi j’allaitais sans brassière. »

« J’arrive jamais à remplir les bonnets. Tu vois, celle-là, elle me ferait. Sauf que le tour de poitrine serait trop petit. »

« Ça, c’est le genre de projet que seulement une femme peut initier. Si un gars faisait ça… »

« Je porte pu ça, des brassières à bonnets rembourrés, comme ça. Mais elle, elle serait jolie… »

« J’ai pas osé te donner mes vieilles brassières parce que je me suis dit qu’en sevrant, j’allais sûrement en avoir encore besoin. »

« D’où ça vient, le mot « soutien-gorge »? Vous avez fait des recherches? »

« Tu devrais inviter les Femens pour le vernissage. »

*Les soutiens-gorges non utilisés serviront à d’autres projets artistiques et\ou seront remis à la campagne « Osez le donner » (Fondation québécoise du cancer du sein). Encore merci!

Votre soutien-gorge SVP

Je les collecte depuis un temps déjà et hier je les ai comptés : j’ai à ma disposition 123 soutiens-gorges. Et j’en ai besoin de plus de 1000 d’ici le 30 avril 2013!!

Je les accepte de partout sur la planète, de toutes les couleurs, grandeurs et styles. Soutien-gorge d’allaitement ou pas, haut de bikini, fuchsia à pois, beige terne, en cuir riveté, sport, rembourré, endommagé, avec ou sans bretelle, alouette. (À ce jour, mon préféré est vert pomme, tricoté à la main, mais je n’attends rien de tel!)

Parlez-en à vos amies, collègues, sœurs, mères, belles-mères et grands-mères!

Corde expérimentale, par Marianne Papillon

Corde expérimentale, par Marianne Papillon

Pour quoi faire? Pour se serrer les coudes dans la lutte contre l’érosion côtière, en confectionnant rien de moins qu’un soutien-côte!

Ce soutien-gorge reposant au fond de votre tiroir depuis si longtemps, depuis que vous avez enfanté, nourri, sevré, peut-être maigri, sûrement un peu vieilli… aussi attachée y soyez-vous, aussi pleine d’espoir soyez-vous de le reporter un jour, n’aurait-il pas une bien meilleure vie dans un un bain d’air salin et de soleil?

Postez-moi vos vieux soutiens-gorges au :

320 route 199 Havre-aux-Maisons, Québec, G4T 5A1, CANADA.

Sentez-vous libre de m’écrire un mot, une pensée, une histoire se rapportant à votre envoi. Ou pas.

Ou déposez-les au point de chute de votre localité :

Montréal : au Studio XX (4001 Rue Berri, espace 201), à la Galerie de l’UQAM (1400, Rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120, du 5 au 20 avril, entre 12h et 18h du mardi au samedi) et chez Diagonale, centre des arts et des fibres (5455, avenue de Gaspé, Espace 203).

Québec : au centre d’artistes Vidéo Femmes (291, rue Saint-Vallier Est, bureau 103).

Îles-de-la-Madeleine :  au groupe d’entraide Allaitement Sein-Pathique dans les locaux de l’Embellie à Cap-aux-Meules, ou à la COOP La Machine au centre Ré-Utile à côté de l’ancien pont de Havre-aux-Maisons, ou encore au centre d’artistes Admare dans les locaux d’Arrimage.

Baie des Chaleurs : aux causeries-allaitement du groupe d’entraide Supportons-Lait (à la Maison de la famille de Bonaventure ou à la Maison des jeunes de Carleton) et au centre d’artistes Vaste et Vague.

MRC Côte-de-Gaspé : Le Regroupement des Femmes de la Côte-de-Gaspé  (189, rue Jacques-Cartier à Gaspé,  418 368-1929).

MRC Rocher Percé : aux ateliers de l’organisme de soutien à l’allaitement Lactescence Pabos (1 mercredi sur 2 à 10h au Café culturel la Mutinerie, Chandler).

MRC Matapédia : Le groupe d’entraide  à l’allaitement Nourrissons-Lait (Amqui).

MRC de la Haute-Gaspésie : chez Ékilibre (168, route du Parc, Sainte-Anne-des-Monts), chez Poffettanshinn (17, boulevard Sainte-Anne Ouest, Sainte-Anne-des-Monts) et à la Pharmacie Dany Bergeron (19, 1ere avenue Ouest, Mont-Louis).

Sept-Îles : auprès de À la Source Sept-Îles  (469, avenue De Quen, du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h à 16h).

Rimouski : Restaurant Le Bercail (166-A ave de la Cathédrale)

Vous habitez ailleurs? Regroupez-vous ou approchez un groupe communautaire en environnement, en allaitement, une maison de la famille, un groupe de femmes ou un organisme en art et proposez-leur de participer à la collecte de soutien-gorge dans le cadre de leur mission et de me les faire parvenir. Cette page sera remise à jour régulièrement pour y ajouter les nouveaux points de chute. Affiche promotionnelle téléchargeable ici.

Merci à toutes pour vos précieux dons!

Après usage, si leur condition le permet, les soutiens-gorges seront offerts à la campagne « Osez le donner » au profit de la Fondation Québécoise du Cancer du Sein et/ou à une organisation à visée sociale en récupération textile.

PEUT MIEUX FAIRE

Le Centre d’artistes Vaste et Vague présente l’exposition de groupe « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices » préparé par le commissaire Emmanuel Galland en résidence à Carleton-sur-Mer. L’exposition a pour inspiration le fameux Cahier Canada Hilroy. Ne serait-il pas le plus grand dénominateur commun de plusieurs générations de Canadiens coast-to-coast? Un cauchemar de l’enfance ou une madeleine? Pour accéder au communiqué de l’événement cliquez ici.

Détail de la mosaïque « Sciences naturelles » de Marianne Papillon à l’exposition collective « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices », septembre 2012.

 J’y présente « Sciences naturelles », une mosaïque d’estampes numériques qui illustre un Canada bitumineux évoluant en 6 pas vers un Québec en proie au pétrole (des projets étant à l’étude ou en cours en Gaspésie, Anticosti, Îles-de-la-Madeleine et Old Harry).

Dans le même ordre d »idée que  Mer nourricière, j’ai revisité la carte du Canada, j’ai humanisé les contours du Canada, lui donnant l’allure d’un bébé forcé à boire au biberon. Inversant le noir et le blanc, ce n’est plus du lait immaculé qu’on lui offre, mais bien un fluide noir.

Mon plus lointain souvenir en sciences naturelles est la distinction entre les ressources renouvelables et non renouvelables. J’avais huit ans et je devais illustrer ces deux types de ressources : je dessinai une jolie fontaine de pétrole débordante et un vieux moulin à vent croupissant. M’a-t-on déjà parlé d’allaitement à l’école? Je n’en garde aucun souvenir. Déjà parlé des sables bitumineux? Que oui, on nous racontait un trésor en latence, une technologie prometteuse, l’espoir de devenir ENFIN un puissance pétrolière nous aussi.
Et des femmes, anciennes écolières à qui l’on n’a pas enseigné l’allaitement, doivent aujourd’hui se débrouiller entre elles pour apprendre comment offrir leur lait à leur enfant. Comme si le génie humain avait déjà dépassé la nature et qu’on pourrait dorénavant faire sans elle. Que nenni!

Une campagne téteuse?

Voici mon analyse des différentes plateformes électorales du Québec sous un seul regard: celui favorisant l’allaitement maternel. Après tout, quel autre dossier peut se vanter d’avoir un aussi grand potentiel en matière de santé des populations, de sécurité alimentaire, de réduction de gaz à effet de serre et de réduction de notre dépendance au pétrole?

Analysons donc les plateformes électorales de 6 partis en lice en fonction des différents facteurs prédictifs de l’allaitement maternel. Loin d’être politicologue, je vous propose un classement par pointage de 0 à 3, arbitraire mais honnête :

                FACTEUR        \           PARTI PLQ CAQ PQ ON QS PVQ
âge avancé de la mère, grossesse planifiée 0 1 1 1 1 1
niveau d’étude de la mère 0 2 2 3 3 3
niveau socio-économique 1 1 1 1 2 2
non-fumeur 0 1 3 1 1 3
information de qualité sur l’allaitement reçue avant l’accouchement et avant la grossesse 0 0 0 0,5 1 2
pratique hospitalière favorisant l’allaitement (Initiative Amis des Bébés de l’OMS) 0 0 0 1 1 2
soutien à la mère (via père, famille, amis) 1 1 3 2 3 0
soutien aux professionnels de la santé (formation du personnel et financement des organismes) 0 1 0 1 3 3
Environnement de travail favorable à l’allaitement, travail à temps partiel 1 0 1 0 0 2
Politique encadrant la publicité des préparations commerciales pour nourrissons 0 0 0 2 2 1
Score « téteux » des partis sur 30 : 3 7 11 12,5 17 19

Prix biberon au PLQ (3/30) pour leur maigre proposition en santé qui se résumerait à : « Le PLQ propose d’améliorer la santé dentaire de nos jeunes, l’accès en chirurgie, et de mieux suivre les malades chroniques. » Aucune mesure de prévention mise de l’avant pour cela, alors que l’allaitement maternel à lui seul pourrait y arriver à long terme. Seul point positif du PLQ en matière d’allaitement: il s’engage à soutenir les entreprises qui créeront des places en services de garde dans leur milieu de travail. Cette mesure pourrait potentiellement  diminuer la séparation mère-enfant et ainsi contribuer à prolonger la durée de l’allaitement maternel au-delà du retour au travail.

La CAQ traîne de la patte (7/30). Elle mentionne la prévention, mais rien ne laisse présager que le soutien et la promotion de l’allaitement ne s’insérerait à son « grand ménage » : « Prise en charge complète de l’état de santé de chaque Québécois par un médecin de famille, coup de barre pour compléter rapidement le réseau des Groupes de médecine familiale (GMF), abolition des Agences de santé et de services sociaux, plus d’autonomie aux établissements de santé, rapidité d’accès aux examens diagnostiques et aux soins spécialisés, virage en faveur de la prévention.(…) Il est inconcevable que la porte d’entrée pour obtenir une consultation médicale demeure encore aujourd’hui la salle d’attente bondée d’une clinique ou l’urgence d’un hôpital. » Bon point pour les mamans qui doivent consulter l’urgence pour un problème d’allaitement, encore faudrait-il que les professionnels de la santé les recevant soient compétents en la matière.

 Le PQ s’approche mais rate la cible (11/30): on sent une volonté d’aller vers la prévention, de soutenir les familles et de valoriser la scolarité, mais les mesures plus spécifiquement liée à la santé de la femme, à la périnatalité et à l’allaitement ne sont pas explicitées : « Préserver notre système de santé et nos services sociaux : adopter des mesures de prévention, incluant des mesures pour favoriser la pratique du sport, afin de lutter contre la malbouffe, la sédentarité, le tabagisme et les infections transmises sexuellement afin de réduire la prévalence des maladies chroniques et d’améliorer les habitudes de vie.  Faire de la lutte contre le cancer une véritable priorité nationale et procéder à une réorganisation de la lutte contre le cancer au Québec en partenariat avec le milieu. » Pas un mot sur l’allaitement et son potentiel de prévention sur les maladies chroniques et le cancer… Nous ne savons donc pas si ces mesures concerneront la promotion et le soutien à l’allaitement, mais nous pouvons l’espérer.

Alors, téteuse, la campagne électorale?                    Pas vraiment.

Option Nationale obtient la mention spéciale aigre-douce (12,5 /30) pour être le seul parti dont le site permet d’obtenir un résultat en y tapant le mot « allaitement », lequel nous mène à la page d’une candidate qui affirme avoir été marraine d’allaitement en 2009. (Faut-il applaudir ou bien en pleurer, je vous le demande.) Bravo madame Garnier, votre parti se mérite grâce à vous 0,2 point au volet « information en allaitement ». (En date du 17 août, j’ajoute 0,3 point supplémentaire grâce au vidéo de Catherine Dorion où son attache de soutien-gorge d’allaitement dépasse de sa bretelle de camisole.) « Chaque dollar investi en prévention rapporte dix fois plus en dépenses curatives évitées. ON fera de la prévention et de l’action sur les déterminants de santé une priorité nationale en y associant les écoles, les municipalités, les employeurs et les autres acteurs concernés  » Bon, là, on parle vraiment presque d’allaitement. Du moins, on peut déduire que le soutien et la promotion de l’allaitement cadrerait parfaitement avec cette vision. « Il faudra également recentrer le système de santé sur les besoins du citoyen et savoir faire face aux lobbys médicaux et pharmaceutiques« ; mesure compatible avec le code de commercialisation des substituts du lait maternel.

QS se mérite le titre 2e téteux (17/30) grâce aux priorités qu’il accorde à la lutte à la pauvreté, à la gratuité scolaire, au féminisme, à une vision holistique et préventive de la santé qui inclue un soutien aux organismes communautaires et un retrait des lobbys industriels et pharmaceutiques. « (…) Il est proposé de créer, à partir du volet actuel «santé publique» du MSSS, une instance de promotion de la santé qui assumera un rôle déterminant auprès de l’ensemble de la population. Cette instance, multidisciplinaire et paritaire femmes – hommes, aura un pouvoir d’influence sur les autres ministères et sur les entreprises afin qu’ils agissent en faveur de la santé. » Espérons que ceci incluerait des mesures favorisant l’allaitement. « Il est proposé que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), de concert avec le mouvement féministe, intègre une analyse féministe de la santé (…), que des mesures soient prises pour mettre fin à la surmédicalisation du corps des femmes. » Amen.

Le Parti Vert du Québec est proclamé grand champion téteux (19/30) en axant sur la prévention, en valorisant les organismes communautaires et les pratiques écologiques, en proposant l’éducation gratuite et un revenu minimal garanti. « Une société en santé, ce n’est pas qu’un réseau d’établissements dédiés aux soins : le Parti vert du Québec propose un programme global de santé publique prenant en considération l’ensemble des déterminants pour une société en santé. (…) En matière de santé individuelle, en tenant compte des besoins réels, développer des politiques accordant autant d’importance à la médecine préventive, à la promotion de la santé et au développement de l’autonomie individuelle et collective qu’au traitement et à la guérison des maladies. » Selon cette vision, l’allaitement maternel serait assurément hautement valorisé. « Le PVQ croit qu’il est temps de faire respecter nos droits en obligeant les entreprises à assumer le cycle de vie de leurs produits, de sa fabrication à l’usine jusqu’à sa fin chez le consommateur où il est finalement éliminé. » Un joli pied-de-nez à Nestlé et ses acolytes. « L’éducation est le meilleur moyen pour améliorer la santé de la population, plusieurs études ont démontré que l’investissement en éducation avait un effet direct sur l’état de santé et conséquemment sur les coûts du système de santé » Et voilà! Écrivez maintenant le mot « ALLAITEMENT » quelque part dans votre programme et obtenez le prix colostrum!

Alors, téteuse, cette campagne? Pas vraiment. Retenons que, bien que les partis d’une idéologie plutôt de gauche et/ou environnementalistes soient ceux qui proposent les mesures les plus à même de favoriser l’allaitement maternel, aucun parti n’aborde actuellement, ne serait-ce que du bout des lèvres, cet important dossier de santé publique. Pourquoi? Parler d’allaitement sur la place publique, est-ce encore perçu comme vouloir culpabiliser celles qui n’ont pas allaité? Pourtant, on ne se gêne pas pour parler de tabagisme et d’obésité durant cette campagne! À moins que nos politiciens ne soient tout simplement pas au courant de l’énorme potentiel de santé, d’épargne et de protection de l’environnement qu’est l’allaitement maternel?

Explicatif du pointage : j’accorde 3 points d’emblée pour la gratuité scolaire ainsi que 2 pour le revenu minimal garanti, puisque les niveaux d’étude et socio-économique sont déterminants en allaitement. Comme tous les partis proposent des mesures ayant trait à l’économie, ils se méritent minimalement 1 points chacun. Les partis parlant de prévention en matière de santé, plutôt que d’axer sur l’accessibilité aux soins spécialisés, se méritent quelques points dans la rangée « grossesse planifiée » et « non-fumeur ». Les énoncés sur le soutien aux familles payent un simple point lorqu’il est question d’allègement fiscal, et davantage lorsqu’il est question de CPE ou autres priorités accordées à la famille. Le tout est complété et nuancé à la lecture des programmes et plateformes disponibles sur le web en date du 15 août 2012. Avez-vous une autre opinion sur la question? Des nuances à apporter?

Relevaille et Carnation

Hareng salé et sirop de grand thé, une réalisation d’Attention Fragîles, par Stéphanie Arseneau Bussières aux éditions la Morue verte

Le livre Hareng salé et sirop de grand thé relate les témoignages de 102 femmes et hommes des Îles-de-la-Madeleine, âgés de 57 à 97 ans. Cet ouvrage offre des parcelles de notre histoire et se situe entre le récit ethnographique et le répertoire de plantes et produits médicinaux. On y raconte la réalité d’antan, au tout début de l’ère du pétrole et de la médicalisaton.

Les extraits portant sur la périnatalité m’ont particulièrement touchée. D’abord choquée, je comprends mieux, maintenant, contre quoi les groupes de soutien en allaitement doivent lutter: contre près de 100 ans de brèche culturelle. Certains mythes et préjugés semblent avoir la couenne dure ! En voici donc un extrait, sous toute réserve…

Neufs jours.

Neuf jours au lit sans avoir la permission de se lever ! Une fois l’enfant né, des bonnes venaient en prendre soin ainsi que s’occuper des tâches ménagères et des enfants plus vieux. On permettait à la mère de se remettre sur pied. C’était les relevailles. On croyait que les organes internes de la femme ne reprenaient leur place qu’à la neuvième journée. Le temps prescrit pouvait sembler long pour les unes, mais était une bénédiction pour les autres : « C’était ben le seul temps où elles pouvaient rester couchées ! « 

 » À l’hôpital, on restait couchées neuf jours au premier. Je m’en souviens, neuf jours avant que les femmes puissent se mettre les pieds en bas. « 

 » Neuf jours, c’était juste pour les premiers. Mais au deuxième, j’me suis levée un p’tit peu… Et les autres, on restait pas couchées, la mode avait changée. « 

 » Un moment c’est venu qu’y’ont dit que les femmes d’Angleterre restaient juste cinq jours, et qu’on pouvait faire pareil… « 

Une autre pratique répandue chez les femmes consistait à se purger avant de reprendre les activités normales :  » Puis la neuvième journée, ils nous faisaient prendre de l’huile de castor. Pas besoin d’te dire que quand on sortait, on était pas fortes. Couchées toute une semaine !  » Selon certaines, cet usage servait à « assécher le lait », puisque le biberon était de mise pour les femmes de l’époque. Les feuilles de chou prévenaient aussi les montées de lait : on entourait les seins de feuilles, celles à l’extérieur du chou, et la production de lait tendait à décroître. Lorsque les montées étaient trop douloureuses, une femme nous raconte qu’elle se frictionnait les seins d’huile camphrée chaude (en évitant les mamelons), avant de s’entourer la poitrine de bandes de flanelle. Le tissu épongeait le lait et l’huile camphrée apaisait la douleur.

L’allaitement était en effet rarissime.  » Moi j’le nourissais et il fallait que j’aille dans une chambre parce qu’on n’avait pas l’droit d’être devant les autres, c’était péché.  » Il était fréquent qu’on dise aux femmes (et qu’elles se disent entre elles) que leur lait n’était pas assez riche ou qu’elles n’en avaient pas assez. L’une d’elle se disait trop petite, mais elle réalise aujourd’hui combien le manque de soutien et la pression sociale les forçaient presque à se tourner vers d’autres laits. Le lait de vache bouilli puis le lait Carnation ont été donnés aux nourrissons, raconte une dame de Grosse-Île, avant que les préparations commerciales pour nourrissons ne fassent leur apparition. L’allaitement? Seules les « marginales » le choisissaient.

« Did you breastfeed?

– No.

– And your mother?

– Yes.

– So the bottle came mostly to your generation. Why was the bottle used?

– I don’t know. The babies were born home and there were no doctor advice. We used cow milk. I would bring it to a boil on the stove to sterilize it.

– Cow milk?

– Yes. In later years, they started to use Carnation milk. Then the nurses started to give formula.

– No one would breastfeed?

– Maybe the odds… but I don’t know. « 

Madone et Séraphin

Madone entourée de Séraphin et de chérubins, de Jean Fouquet, adapté par Marianne Papillon

«Il y a toujours des messages subliminaux (sic) qu’on passe avec des peintures comme celles-là. Pour certaines personnes qui eux autres sont vulnérables, ça pourrait présenter un risque» de dire le ministre de la Santé et des services sociaux du Québec.

Ou une force, pour qui en saisira l’occasion. Ne pourrions-nous pas exploiter l’art du subliminal en santé publique, pour favoriser l’allaitement maternel, par exemple?

Besoin d’une suggestion de slogan pour promouvoir l’allaitement en public ? « Retirez ce carré rouge, que je ne saurais voir ».

Mais attention, le MSSS et le FQRSC ont justement eu le bon goût de commander une recherche sur l’évaluation de la mise en oeuvre des lignes directrices en allaitement maternel au Québec. Un des constats : «encourager l’allaitement sans garantir l’accès à un soutien adéquat en période postnatale est fortement susceptible de placer les mères en situation d’échec, avec un sentiment d’incompétence maternelle».

Et on y suggère d’ailleurs d’assurer un financement adéquat et durable pour soutenir les bonnes pratiques en allaitement dans les établissements de santé et pour soutenir les services de soutien offerts par les groupes d’entraide en allaitement.

Tiens, ça me rappelle un texte que j’ai lu, dans le journal Le Monde, sur le Plan Nord, à propos de la gestion des finances publiques au Québec : «Le gouvernement s’apprête à engager des dizaines de milliards pour un projet aux retombées hypothétiques, comme l’estiment la plupart des analystes indépendants. C’est dans ce contexte qu’il sabre dans les budgets de la santé et de l’éducation, qu’il augmente les frais de scolarité. « Votre juste part », a-t-il réclamé aux étudiants. Leur réponse : la rue, les casseroles, le tintamarre. Et peut-être plus

Pour voir l’oeuvre originale « Madone entourée de séraphins et de chérubins » de Jean Fouquet, sans Jean Charest, cliquez ici.

GUIDE EXPLORATOIRE

Vous êtes invités à visiter l’exposition Exploration mammaire et pétrolière, entre les murs ou sur votre écran (en cliquant sur les mots en rouge!).

Différentes approches d’exploration de l’or noir et de l’or blanc vous sont ici suggérées, autres que verticale ou horizontale, avec ou sans fracture. Car, après tout, chez Pétrolait, ce qui est vachement important, c’est que ça coule.

Abondance salvatrice ou déversement involontaire ?

Approche consensuelle (titre de l’oeuvre : Femme allaitant le monde)

Dites :  « Je suis d’accord ».  Sinon, rejoignez le groupe des opposants.

 

Approche légale (titre de l’oeuvre : Sécurité énergétique)

Identifiez deux infractions commises par des personnes morales ou physiques compromettant la sécurité civile d’un ou des partis et condamnez-les.

 

Approche économique (titre de l’oeuvre : L’offre et la demande)

Propulsez le développement économique de votre région et créez encore plus de richesse en faisant don de votre lait lors de votre prochain achat chez Pétrolait.

 

Approche stratégique  (titre : Fine pointe de la technologie maternelle)

Réduisez votre dépendance au pétrole : carburez au lait maternel.

 

Approche de précaution (titre de l’oeuvre : Mer nourricière)

Identifiez les zones de haute sensibilité où les activités d’exploration et d’exploitation pourraient potentiellement être retardées en cas d’irritation locale.


Approche spirituelle (titre de l’oeuvre : Laitière et pétrolière)

Recueillez-vous et savourez la beauté d’une tétée, d’une tétine et d’une

plateforme. Acceptez le moment présent, laissez l’énergie couler à flots.

Nous vous remercions de votre intérêt et nous vous invitons à commenter votre visite selon une des six approches proposées ci-haut par nos agents de communication. La compilation de l’analyse critique bénévole du public par nos experts sera rendue publique après approbation ministérielle.

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