Les premiers

Ils étaient là bien avant nous. Ils occupaient la terre et la mer, comme en témoignent ces gravures anciennes du Rocher-aux-Oiseaux. Ils y chassaient et pêchaient, toujours avec une offrande en retour. Et les Européens sont arrivés, les faisant reculer jusque dans des réserves où ils sont devenus sédentaires et ont perdu leurs repères culturels.

Nous avons du sang sur les mains. Pas tant celui des animaux exterminés, ni des animaux abattus pour leur jolie fourrure ou pour leur chair, mais bien celui de nos frères autochtones. Ceux-là même qui vivaient en harmonie avec la nature que nous occupons largement aujourd’hui.

Les mesures gouvernementales peinent à réparer les dégâts, comme en témoignent les multiples problèmes sociaux chez les autochtones. Heureusement, la situation progresse peu à peu.

Les Madelinots ont ainsi eu l’immense honneur de recevoir la visite des Micmacs pour la saison 2012 de la chasse au phoque. Cette tradition madelinienne, ce sont d’abord les premiers habitants qui la leur ont enseignée. Les amérindiens venaient périodiquement aux Îles-de-la-Madeleine et connaissaient bien le territoire et sa faune. Ils s’y rendaient en canot d’écorce, par la force de leur bras et par leur connaissance de cette grande eau. Ils chassaient le phoque, jusqu’à ce qu’on leur en retire l’accès. Ils ont perdu leur savoir-faire et ce sont les Madelinots qui en sont aujourd’hui les détenteurs.

Heurtés par la médiatisation qui en ont fait des « barbares » sur la scène internationale, les chasseurs de phoques contemporains se réjouissent de retrouver leurs alliés d’antan. Une escouade mixte Micmacs-Innus-Madelinots a donc parcouru la banquise cet hiver, au grand plaisir de tout un chacun, dans un esprit de partage et de solidarité, où la transmission des connaissances a complété son cycle, bateau à moteur aidant faut-il l’avouer.

Et devinez comment tout cela a commencé? Par une marche pour un moratoire dans le golfe tenue à Gesgapegiag, où autochtones et non-autochtones, du Québec et des Maritimes, ont été conviés et se sont liés. S’unir dans la lutte, c’est un des bons côtés des projets pétroliers extracôtiers dans le Saint-Laurent !

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Singeons-nous mesdames

Allaiter est-il un comportement inné ou acquis? Bien que les nouvelles mères ont tout ce qu’il leur faut pour allaiter (des seins, un cerveau et un bébé ou +) il semble qu’elles bénéficient grandement de leurs pairs pour y arriver. En effet, chez les primates, l’allaitement serait un comportement acquis plutôt qu’inné.

Quand avez-vous vu pour la première fois une femme allaiter? Et pour la dernière fois? Ces expériences vous ont-elles marqué? Avez-vous appris quelque chose? Humain, nous apprenons par mimétisme, mais aussi par la parole. Une discussion avec une allaitante vous en dira d’ailleurs bien long.

La tranmission horizontale des connaissances est devenu incontournable en matière d’allaitement. Pas le choix : parmi nos mères, tantes et grands-mères, bien peu ont allaité. Où est passé le mimétisme? L’encodage? Le témoignage? Devant si peu de transmission intergénérationnelle, les mères n’ont d’autres choix que de s’entraider, question d’échapper aux classiques « tu dois manquer de lait », « tu vas te fatiguer » et « sors, je vais lui donner une bouteille ».

Fine pointe de la technologie maternelle (5) par Marianne Papillon, tiré de l’exposition Exploration mammaire et pétrolière

L’omniprésence du pétrole nous a éloigné de la connaissance de l’allaitement. C’est le pétrole qui rend accessible les pesticides, les engrais et la machinerie pour nourrir les vaches, l’extraction mécanique du lait à l’étable, le transport du lait à l’usine, sa transformation, son emballage, sa distribution, le transport du consommateur jusqu’au magasin, et même la fabrication du contenant dans lequel on donnera le lait commercial réchauffé au bébé après les avoir stérilisé.

Ainsi donc, l’industrie laitière est largement soutenue par l’industrie pétrolière. Et vice-versa. Il y a énormément d’argent à faire avec le non-allaitement… pour l’industrie. Pas étonnant que les femmes enceintes reçoivent des paquet-cadeaux de lait en poudre par la poste. Un cadeau empoisonné, oui. Car pour les familles, c’est l’allaitement qui sera payant. Moins cher, et plus de santé! Pour la population aussi l’allaitement est payant, puisqu’il réduit significativement le risque de développer une liste incalculable de maladies en plus de diminuer la production de déchets et notre empreinte écologique.

Nous gagnons tous à soutenir les femmes allaitantes. En effet, le soutien social de la femme en voie d’allaiter ou allaitante aurait un impact important sur la durée de son allaitement. Grand champion du soutien maternel : le père. Vient ensuite la grand-mère, les amies et le personnel de la santé.

Une autre personne peut faire la différence : la marraine d’allaitement. Si vous prévoyez allaiter ou allaitez déjà, vous pouvez vous faire accompagner par une marraine. Il s’agit de femmes bénévoles qui peuvent vous transmettre des connaissances fiables en matière d’allaitement et qui désirent vous soutenir dans vos décisions. Ce ne sont pas des professionnelles, il s’agit plutôt d’entraide mère à mère, sans jugement, qui se fait habituellement par téléphone. Parfois, le simple fait de briser l’isolement peut tout changer. Renseignez-vous auprès de la Ligue de La Leche pour connaître les ressources et organismes en allaitement de votre région. Si vous habitez les Îles de la Madeleine et désirez devenir marraine d’allaitement, inscrivez-vous à la formation des marraines offerte par le groupe d’entraide Allaitement Sein-Pathique le mercredi 29 février et le samedi 3er mars. Trop tard ou trop loin? Manifestez tout de même votre intérêt. Singeons-nous… d’un océan à l’autre!

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