Marianne Papillon et Daniel Bourgault présentent l’exposition Trajectoires pétrolières à l’UQAR

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Extrait d’une vidéo d’art simulant une dispersion de polluant dans le Saint-Laurent, « Trajectoires pétrolières », Papillon Bourgault 2015

 

Rimouski, le 29 septembre 2017  – La Galerie d’art Mouvement Desjardins de l’UQAR présente, du 11 au 26 octobre, l’exposition Trajectoires pétrolières de l’artiste Marianne Papillon et du professeur en océanographie Daniel Bourgault.

Cette exposition fait suite à la résidence de création Projet Rioux, qui a eu lieu au Parc national du Bic à l’été 2015. L’installation multimédia qui a été créée propose une interprétation artistique de résultats scientifiques portant sur la dispersion de polluants, le trafic de navires-citernes et la pollution sonore sous-marine.

« Située à mi-chemin entre la subjectivité artistique et l’objectivité scientifique, l’œuvre aborde les questions d’habitat et de voie de passage, mariant de façon étonnante la sensibilité humaine à l’impassibilité des faits. Il s’agit d’une occasion d’apprécier la beauté et la volupté des écoulements turbulents océaniques, ce que la transmission conventionnelle des connaissances scientifiques ne permet normalement pas », explique le professeur Bourgault, dont la recherche sur la dispersion de polluants à Old Harry a été retenue par le magazine Québec Science comme l’une des dix découvertes de l’année en 2014.

Trajectoires pétrolières prend la forme d’une murale de fils tendus qui illustrent le passage de milliers de pétroliers dans le golfe, tandis que d’envoûtants vidéos d’art simulent la dispersion de fuites de pétrole en provenance du fond marin. « C’est une occasion unique de voir l’imperceptible : le risque! Celui d’une marée noire au Québec », indique l’artiste Marianne Papillon, dont la présence est rendue possible grâce à Québec Océan et au Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine. On peut voir un aperçu de l’installation multimédia ici.

L’exposition Trajectoires pétrolières est présentée du 11 au 26 octobre à la Galerie d’art Mouvement Desjardins de l’Université du Québec à Rimouski. Le vernissage aura lieu le mercredi 11 octobre à 17 h. Une boisson thématique sera offerte en présence du duo d’exposants et une performance artistique sera livrée pour l’occasion. La galerie d’art est ouverte tous les jours de 9 h à 21 h.

QuébecOcéan

UQAR

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Source : Jean-François Bouchard, Service des communications, 418 723-1986, poste 1426

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« Purity Garden » … ou un bouquet d’air pur à Shanghai

Récit d’une grande aventure en quatre petits points.

Quelle aventure?

Du IMG_49921er au 18 octobre, j’ai eu la chance de participer à une expérience artistique formidable : une expo collective à Shanghai sur le thème de la photosynthèse regroupant une dizaine d’artistes dont 4 canadiens, des Chinois et des Taïwanais. Le Lujiazui Outdoors Arts Festival se déroulait dans un parc urbain en Chine, au coeur de Pudong, à Shanghai, du 16 au 30 octobre 2015. J’ai donc voyagé pendant 2 jours (les Îles-de-la-Madeleine – Mtl – Toronto – Shanghai, merci le CALQ!), émergé une journée (12h de décalage, aouch!), créé pendant les 7 suivantes, monté l’installation pendant 3 autres (avec beaucoup d’aide), relaxé 1 1/2 journée (ouf!) puis voyagé de retour pendant 2 jours.

En quoi consistait l’oeuvre?

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« Purity Garden », Marianne papillon 2015.

«Purity Garden» est une installation extérieure temporaire traitant de la pollution de l’air de façon poétique. Elle était constituée de 150 grands bambous recyclés, peints et liés les uns aux autres auxquels s’inséraient 2000 masques de protection respiratoire découpés en forme de feuilles de bambou. Au centre était juché un énorme toutou panda en sacs à ordure, lequel allaitait son petit. Vous voulez en voir plus? Cliquez ici pour l’album photo!! 

Quels étaient les défis à relever là-bas?


IMG_4894bLe langage
, bien sûr. Heureusement, Jerry, notre sympathique coordonnateur, parlait anglais. Alors, de mon français québécois à mon anglais moyen, puis de son anglais pas pire à son mandarin, il traduisait, autant que faire se peut… et vice versa.

Les rôles : au départ, ce n’était pas évident de saisir ce qui était attendu de chacun. Mais j’ai finalement assez vite compris que tout passait par mon supérieur immédiat, nul besoin de consulter les autres échelons hiérarchiques. Exprimez-lui un besoin une journée, angoissez en cachette le lendemain, puis une vaste équipe pour y répondre débarquera le surlendemain!


La qualité de l’air :
le smog était assez variable, belles journées entrecoupées d’épisodes de smog très intenses. Une nuit, l’odeur sulfureuse de l’atmosphère m’a réveillée. Ce matin-là, j’aurais bien eu envie de porter un de mes 2000 masques. Mais contrairement à ce qui est véhiculé dans nos médias, dans les faits, ce n’était pas chose si courante que d’en porter un.

La cohérence : il y a tant d’échelons hiérarchiques entre l’initiateur d’un événement et ses exécutants que l’intention de départ peut parfois se perdre en route. Par exemple, au départ, ils recherchaient des projets à base de matériaux recyclés. Mais rendue sur place, il était beaucoup plus simple d’obtenir du matériel neuf que recyclé. J’ai dû faire preuve de détermination pour arriver à rembourrer mon panda géant avec des matières récupérées!

Et quels furent les coups de coeur et découvertes?

IMG_4779L’architecture! Shanghai est un monstre d’urbanisme, les buildings, avenues et grandes places sont tous plus époustouflants les uns que les autres. Mention spéciale à la très girly Pearl Tower!!!

La diplomatie. Jamais, mais jamais, on ne vous fera sentir mal ou ridicule, en Chine. Ils se feront un point d’honneur de vous faire sentir roi et reine!

La gastronomie. Je ne verrai plus jamais un buffet chinois de la même façon. Ni les pattes de poule. Ni les méduses.

Manuela Lalic. Une artiste canadienne sensible et éclatée, co-locataire d’atelier, compagne de voyage et maintenant amie (salut Manu!).

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Ching-Yao Chen et Michel Beaucage, artistes invités.

Taïwan : oui, les Taïwanais ont ce petit quelque chose d’allumé. Maintenant, Taïwan est-il un pays ou une partie de la Chine? La réponse varie selon que l’on s’adresse à un Taïwanais ou un Chinois… Chose certaine, c’est à un Taïwanais que je dois l’accès inespéré à la webosphère pendant un court instant. Oui, le gouvernement chinois interdit l’accès à Facebook, Google, gmail, Youtube, Twitter, WordPress, Flickr et j’en passe. Mais un Taïwanais, avec son portable taïwanais et son serveur taïwanais, peut bien surfer comme il le souhaite!

IMG_5127Percée écologique: j’ai bien saisi toute l’importance de la sociologie, de l’organisation de nos systèmes, pour faire face aux enjeux écologiques. Les comportements individuels ne sont rien si les structures systémiques permettant leur mise en oeuvre ne sont pas en place. Comment voulez-vous que les milliards de Chinois recyclent s’il n’y a pas de bac de recyclage? C’est aussi simple que cela. Dites-moi maintenant où, au Québec, on nous offre la structure nécessaire pour consommer moins, pour consommer mieux? Tout ne repose pas sur l’individu, même s’il est essentiel à la chaîne.


Un petit dernier:
malgré l’empreinte écologique associée au voyage … j’ai découvert le goût de poursuivre l’aventure!

***

Pour en savoir plus, visitez l’album photo de l’artiste et écoutez l’entrevue à l’émission culturelle de CFIM. L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettre du Québec pour l’aide financière au déplacement ainsi que tous les partenaires et membres organisateurs de l’événements.

Lumière sur le morse!

Dans le cadre de l’exposition «Ivoire dans le noir», le Musée de la Mer vous offre un programme d’activités gratuites et variées, ce dimanche 17 mai à 14h:

Une activité bricolage pour réanimer le morse!

Un bricolage amusant pour réanimer le morse!

•Un atelier de découverte du morse pour les 5 à 10 ans, avec Émilie Harvut. Au programme: Bricolage animé et code secret!

•La projection du film familial «Conte au coeur de l’Arctique». Un magnifique documentaire animalier de National Geographic (Mario Cyr).

•Une conférence de Marianne Papillon sur les dessous de l’exposition «Ivoire dans le noir». Découvrez les secrets de fabrication, les accidents de parcours et les inspirations de l’artiste!

Le morse a disparu du Saint-Laurent bien avant que ne soit inventée la photographie. Les images de la chasse aux morses devaient donc être dessinées sur place ou encore être dessinées d’après le récit des marins. Les dessins venaient aussi parfois… d’un autre dessin! Avant les ères photographique et numérique, les artistes avaient déjà recours à des outils optiques pour reproduire des scènes. Ils utilisaient des chambres obscures, des lentilles et des miroirs.

Parmi ces illustrations, laquelle semble être «l’originale»? Quelles mutations ont été introduites au fil des copies? Erreur involontaire ou intention manifeste? L’acte de copier est-il un savoir-faire ou une usurpation? Un geste stérile ou créateur?

« Reproduction du morse » Encre sur papier archive encadré. Dessins inspirés d'archives sur la chasse au morse, Collection du Musée de la Mer. 6 pièces de 18 x 24 po Marianne Papillon, 2015 Crédit photo: Jocelyn Boisvert

« Reproduction du morse »
Encre sur papier archive encadré. Dessins inspirés d’archives sur la chasse au morse, Collection du Musée de la Mer. 6 pièces de 18 x 24 po. Marianne Papillon, 2015. Crédit photo: Jocelyn Boisvert

Visionnez les différentes version de cette scène de chasse au morse ici.

Le Musée de la Mer affiche l’exposition «Ivoire dans le noir» signée par l’artiste Marianne Papillon, jusqu’au 14 juin 2015. Un corpus d’oeuvres ludiques sur le thème du morse y valorise deux éléments du patrimoine maritime: la vache marine et le code morse. Découverte garantie!

Igloo décodeur de morse, par Marianne Papillon. Le morse... un arbre décisionnel binaire!

Igloo décodeur de morse, par Marianne Papillon.
Le morse… un arbre décisionnel binaire!

L’artiste remercie ses partenaires et reconnaît la contribution financière du Programme pour les arts et les lettres de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, du Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine et des Caisses populaires Desjardins ainsi que de la Commission scolaire des Îles via le programme Culture à l’école.

Ivoire dans le noir

Petits et grands sont invités à découvrir le morse et ses secrets grâce au corpus d’oeuvres ludiques de «Ivoire dans le noir ». Cette exposition artistique participative valorise deux éléments du patrimoine maritime: la vache marine et le code morse.

Ivoire dans le noir, Marianne Papillon 2015

Ivoire dans le noir, Marianne Papillon 2015

Abordant le sujet de la chasse au morse, des artefacts et ossements provenant du Musée de la Mer ainsi que des pièces de la collection privée de Raynald Cyr sont mis en valeur. Illustrations et installations jouent avec les concepts de l’extinction et de la lumière, explorant l’idée de la disparition du morse suite à l’exportation massive de son huile, laquelle servait principalement à l’éclairage. Un assemblage insolite d’ivoire et de savon animal nous rappellent les autres usages du morse. Plusieurs oeuvres intègrent le code morse par le biais de traits et de points, offrant d’intrigants messages à décoder.

(suite…)

Morses lumineux

EXPOSITION │Du 28 février au 10 avril 2015 | AdMare, aéroport des Îles-de-la-Madeleine

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Le morse est un mammifère marin qui allaite son petit jusqu’à l’âge de 2 ans. Chassé pour son huile au 16e siècle, il a complètement disparu du Saint-Laurent dès 1800. On le retrouve aujourd’hui seulement dans les contrées arctiques. Quel animal inspirant!

Avec l’oeuvre de dessin installatif « Morses lumineux », un pont entre le passé des Îles-de-la-Madeleine et le présent du Nunavik est proposé. Un sombre igloo en papier aux multiples facettes, lesquelles sont illustrées de morses luminescents, intègre des messages codés, sous forme de traits et de points. Les visiteurs sont ainsi invités à s’approprier le morse, le code comme l’animal. Une performance en morse lumineux, système de communication à distance par signaux de lumière, sera livrée lors du vernissage, envoyant dans l’univers quelques messages aux morses lointains.

«Morses lumineux» à Colis Supect, centre d'artistes Admare. Crédit photo: Yoanis Menge.

«Morses lumineux» à Colis Supect, centre d’artistes Admare. Crédit photo: Yoanis Menge.

Cette œuvre a bénéficiée du support de la bourse Clef 2013 (Caisses populaire Desjardins et Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine) et s’intégre au Rendez-vous loup-marin. Elle s’inspire en partie des images de Mario Cyr est diffusée en complémentarité avec l’exposition à venir « Ivoire dans le noir » au Musée de la Mer des Îles-de-la-Madeleine, du 8 mars au 31 mai 2015. 

Texte de la performance en morse lumineux, Marianne Papillon 8 février 2015.

Texte de la performance en morse lumineux, Marianne Papillon 8 février 2015. Crédit photo: Yoanis Menge.

Peut mieux faire – en tournée à Montréal

Le Centre CLARK avec Le Conseil des arts de Montréal en tournée présentent « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices », une exposition collective itinérante rassemblant 25 artistes et créateurs québécois sous le commissariat d’Emmanuel Galland.

J’y présente une mosaïque d’estampes numériques réalisées en 2012, illustrant un Canada bitumineux évoluant en 6 pas vers un Québec en proie au pétrole. Revisitant la carte, j’ai personnifié les contours du Canada, lui donnant l’allure d’un bébé à qui on force à boire au biberon un fluide noir. En opposition, la Mer nourricière du golfe du Saint-Laurent offre généreusement son sein maternel, dont la zone sensible correspond aux Îles de la Madeleine.

Visionnez la capsule vidéo de cette exposition ici.

Exposition collective itinérante

Exposition collective itinérante « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exerices » du commissaire Emmanuel Galland présentée par le Conseil des arts de Montréal en tournée et par le Centre CLARK, Montréal, 2014-2015 (crédit photo : Emmanuel Galland).

Les cahiers d’exercices Canada Hilroy, avec leurs couleurs délavées de bleu, vert, jaune et rose, ont marqué l’enfance et l’adolescence de bien des Canadiens depuis des générations. Le commissaire Emmanuel Galland a eu l’idée, en 2009, de demander à des artistes québécois de différentes disciplines, de différents âges et de différentes régions, de créer une œuvre d’art en s’inspirant de ces fameux cahiers.

Cela donne une exposition itinérante fort intéressante programmée jusqu’en décembre 2015 dans plusieurs maisons de la culture de la province et déjà couplée plusieurs fois à des activités avec de jeunes artistes en herbe. Une belle idée de médiation culturelle avec les écoles, qui mérite d’être poursuivie.

[…] Marianne Papillon a créé en impression numérique Sciences naturelles, une exploration de la partie orientale de la carte du Canada. Plus on agrandit l’échelle et plus on s’aperçoit qu’il s’agit d’une cartographie des zones pétrolifères, avec, sur la dernière carte, un bébé et une mère se découpant à travers les lignes de démarcation de ces zones. […]

Après Côte-des-Neiges, l’exposition se rendra à la maison de la culture Maisonneuve du 5 mars au 5 avril, puis à la bibliothèque de Rivière-des-Prairies du 18 avril au 17 mai, à L’Entrepôt de Lachine du 11 septembre au 1er novembre et au Centre d’exposition Lethbridge de la bibliothèque du Boisé, à Saint-Laurent du 5 novembre au 6 décembre.

À la maison de la culture Côte-des-Neiges (5290, chemin de la Côte-des-Neiges) jusqu’au 22 février

source: Éric Clément, La Presse +, 6 février 2015)


 

Le Rocher-aux-Oiseaux à Victo

Le Musée Laurier de Victoriaville présente cet été l’exposition-concours «À tire d’ailes» où ont été sélectionnées 85 oeuvres d’autant d’artistes canadiens. Les oeuvres réunies pour cette exposition collective traitent chacune à leur manière de la thématique des oiseaux. Pourquoi 85 oeuvres ? Afin de faire un clin d’oeil cette année au 85e anniversaire de la fondation du Musée Laurier.

J’y présente une illustration tirée du livre «Ici le Rocher-aux-Oiseaux» (Georges Langford, les éditions la Morue verte, 2010). J’aimerais bien avoir des ailes pour aller voir tout ça, allez-y pour moi!

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Un extrait de l’illustration « Rocher-aux-Oiseaux #10, 1/5 » de Marianne Papillon.

Quand?

Du 6 juin au 21 septembre 2014 inclusivement.

Horaire et coût d’entrée : cliquez ici

Où ?  

Au Musée de l’Hôtel des Postes, un pavillon du Musée Laurier, situé au 949, boulevard des Bois-Francs Sud, à Victoriaville (Québec).

 

 

Scoop: les oeuvres sont à vendre!

 

Le soutien-côte

Comment se serrer les coudes dans la lutte contre l’érosion côtière? En confectionnant un soutien-côte à l’aide de 1000 soutiens-gorges provenant de part et d’autre de l’océan! Puisque l’usage principal du soutien-gorge consiste à remodeler la silhouette et à en protéger les attributs, pourquoi ne pas l’utiliser pour protéger nos côtes fragiles?

Le soutien-côte sera réalisé dans le cadre l’événement résidence Faire avec du centre d’artiste Admare qui se tiendra du 17 juin au 7 juillet 2013 aux Îles-de-la-Madeleine. Faire avec regroupera 9 artistes canadiens sur le thème de l’environnement et du potentiel de transformation d’objets récupérés.

On a fait du soutien-gorge l’emblème du sexisme, du féminisme, du cancer du sein et de l’allaitement. Pour moi, le contenu symbolique du soutien-gorge n’est pas tant le sein que le lait, fluide énergétique idéal.

À l’or noir, source de réchauffement climatique et d’érosion, opposons l’or blanc, lait maternel aux vertus miraculeuses. Faire avec, c’est d’abord faire avec son corps. Plutôt que de produire des préparations commerciales pour nourrisson, de les transporter jusque chez soi, de les consommer et d’en disposer, pourquoi ne pas faire avec ses seins?

Protection symbolique de notre terre mère, construction bancale contre l’érosion, le soutien-côte sera constitué des dons de soutien-gorge de centaines de femmes. Liés les uns aux autres, ces dessous deviendront un tout, un revêtement à la fois fort et délicat, tel un grand filet de pêche. Objet paysager insolite, le soutien-côte évoquera la solidarité des populations insulaires et côtières face aux enjeux qu’elles partagent, tissant par le fait-même des liens par-delà l’horizon.

La collecte de soutiens-gorges préalable à la réalisation du soutien-côte se termine le 30 avril 2013. De nombreux organismes communautaires à travers le Québec ont agi comme points de chute pour faire parvenir vos soutiens-gorges jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine. Pour connaître le point de chute de votre région, cliquez ici.

En date du 30 avril 2013, j’ai en main 760 soutiens-gorges et il m’en reste encore plusieurs à recevoir à partir des points de chute. L’objectif de 1000 soutiens-gorges est en bonne voie d’être atteint mais nous en auront le coeur net dans la semaine du 15 mai où je publierai le décompte final.

Merci aux nombreuses donneuses et aux collaborateurs!

PEUT MIEUX FAIRE

Le Centre d’artistes Vaste et Vague présente l’exposition de groupe « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices » préparé par le commissaire Emmanuel Galland en résidence à Carleton-sur-Mer. L’exposition a pour inspiration le fameux Cahier Canada Hilroy. Ne serait-il pas le plus grand dénominateur commun de plusieurs générations de Canadiens coast-to-coast? Un cauchemar de l’enfance ou une madeleine? Pour accéder au communiqué de l’événement cliquez ici.

Détail de la mosaïque « Sciences naturelles » de Marianne Papillon à l’exposition collective « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices », septembre 2012.

 J’y présente « Sciences naturelles », une mosaïque d’estampes numériques qui illustre un Canada bitumineux évoluant en 6 pas vers un Québec en proie au pétrole (des projets étant à l’étude ou en cours en Gaspésie, Anticosti, Îles-de-la-Madeleine et Old Harry).

Dans le même ordre d »idée que  Mer nourricière, j’ai revisité la carte du Canada, j’ai humanisé les contours du Canada, lui donnant l’allure d’un bébé forcé à boire au biberon. Inversant le noir et le blanc, ce n’est plus du lait immaculé qu’on lui offre, mais bien un fluide noir.

Mon plus lointain souvenir en sciences naturelles est la distinction entre les ressources renouvelables et non renouvelables. J’avais huit ans et je devais illustrer ces deux types de ressources : je dessinai une jolie fontaine de pétrole débordante et un vieux moulin à vent croupissant. M’a-t-on déjà parlé d’allaitement à l’école? Je n’en garde aucun souvenir. Déjà parlé des sables bitumineux? Que oui, on nous racontait un trésor en latence, une technologie prometteuse, l’espoir de devenir ENFIN un puissance pétrolière nous aussi.
Et des femmes, anciennes écolières à qui l’on n’a pas enseigné l’allaitement, doivent aujourd’hui se débrouiller entre elles pour apprendre comment offrir leur lait à leur enfant. Comme si le génie humain avait déjà dépassé la nature et qu’on pourrait dorénavant faire sans elle. Que nenni!

Performance pétrolaitière

Voici le texte de ma performance artistique livrée le 15 septembre 2012 à l’aéroport de Havre-aux-Maisons lors du vernissage de Machine à lait.

« Je vais vous faire une démonstration de l’unité mobile auto-suffisante de LACTO-CANADA(Je dépose devant moi une boîte à lunch assortie d’un soutien-gorge en j’en sors un biberon et un tire-lait manuel.) Ceci est une pompe à lait. Il suffit de l’appliquer et de pomper, je vais vous faire une démo. C’est très pratique parce que tout ce dont vous avez besoin pour l’utiliser, c’est d’un corps. C’est aussi très économique.

Macine à lait, une installation de Marianne Papillon à Colis suspect du centre d’artistes Admare

Savez-vous combien ça coûte d’acheter du lait commercial en pharmacie? De 10 à 20$/L, selon les compagnies et les formats. Or, les autorités sanitaires du monde entier s’entendent pour reconnaître la supériorité du lait maternel. On peut donc raisonnablement penser que le lait maternel de LACTO-CANADA doit valoir 30 à 40$/L, minimum. Le gaz était à combien ce matin? 1,50$/L? Pis on trouve ça cher, imaginez! Faire le plein de lait maternel, ça coûte un bras. Tandis que cette unité mobile autosuffisante ne coûte environ que 30$.

Alors maintenant, je vais vous montrer comment vous en servir. À moins que… est-ce qu’il y a des gens ici qui connaissent ça? Y a-t-il des volontaires pour en faire la démonstration? Personne? D’accord, je vais le faire moi-même alors.

C’est sûr, les gars, vous pouvez pas le faire; avec le poil, ça brise la succion pis l’air rentre sur les côtés. Ça prend une fille, pis c’est pas tout le monde qui est à l’aise avec ça. Bon, excusez-moi, maintenant je vais lever mon chandail. C’est un peu gênant, là, pour moi. Je vais vous exposer une partie flasque et molle de mon corps. D’ailleurs, je m’excuse  pour le manque d’élégance. (Je lève mon chandail jusqu’aux côtes, on voit mon abdomen sur lequel j’applique le tire-lait et j’y exerce une pression négative. Mon flanc est aspiré cycliquement.)

Voilà, vous avez compris le principe. Maintenant, quand on fait ça sur le sein, le lait est aspiré, puis il tombe dans ce récipient, et on peut ensuite le verser dans des biberons. (Je démonte le tire-lait et y visse un goulot à essence, puis je mime de verser dans le biberon). Ensuite, vous pouvez y mettre la tétine ou le bouchon si ce n’est pas pour consommation immédiate. (Je visse un bouchon d’essence sur le biberon.)

Bon, encore plus simple et entièrement gratuit, vous pourriez tout aussi bien vous extraire vous-même votre lait avec les doigts. Je vais vous faire une démonstration – j’espère que personne ne pense que je vais le faire pour vrai, là, hein? (Je prend un ipad et y diffuse cet extrait vidéo, de 1:54 à 2:40, en le tenant face au public, devant ma poitrine. Mes mains sont cachées derrière l’écran, je positionne mes poignets de manière à faire un avec la personne à l’écran qui se tire du lait en gros plan.)

Si vous allaitez et que vous vous sentez prêtes pour retourner sur le marché du travail, vous pourriez postuler chez Lacto-Canada, ils vont vous envoyer un vidéo d’auto-formation. Je vous en montre un extrait, tiens. (je diffuse sur grand écran le film « Tirer le lait » de Catherine et Philippe Minot de 7:20 à 9:14 où l’utilisation de tire-lait électrique simple ou double est démontré.)

Pour commémorer tout ça, je vais vous servir du Chocolacto canadien. (Je vais chercher un des « biderons » de l’installation, bidon rouge affublé d’une tétine.) Il faut que vous sachiez que le Chocolacto provient d’un concurrent. C’est la compagnie Pétrolait qui fait ça. Elle est basée en Gaspésie, donc on peut quand même en être fier. Par contre, il faut le dire, elle verse un petit peu dans le pétrole. Donc, c’est une compagnie pétrolaitière, elle mélange le lait au pétrole. C’est d’ailleurs ça qui donne une belle petite couleur chocolatée à ses produits.

Bon, je vous vois tout de suite monter sur vos grands chevaux, là. Mais écoutez, premièrement, le pétrole canadien, c’est du pétrole ÉTHIQUE. Deuxièmement, ça vient pas des sables bitumineux, c’est du pétrole QUÉBÉCOIS. Pis troisièmement, c’est pas du pétrole de schiste non plus, c’est du pétrole CONVENTIONNEL. C’est vrai, en Gaspésie, ils ne fracturent pas, non, ils font juste casser de la roche-mère pour en extraire les fluides. De toute façon, vous êtes familiers avec ça, vous, maintenant, extraire les fluides d’une mère, non?

Maintenant que vous êtes bien informés qu’il y a un petit peu de pétrole éthique gaspésien dans le Chocolacto, je vais vous lire les mises en garde générales en lien avec les hydrocarbures, mais prenez pas la peine de m’écouter. Vous pouvez faire d’autres choses en attendant, c’est vraiment rien de nouveau. Vous pourrez vérifier en rentrant chez vous tantôt, c’est la même affaire partout sur ces bidons-là. (Je fais la lecture des nombreux avertissements inscrits sur le bidon.)

OK, c’est fini. Maintenant, qui en veut?  ( Je visse le long goulot jaune au bideron et verse du lait au chocolat à l’assistance). »

À votre santé!

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