LACTO-CANADA cesse temporairement d’envoyer son lait à Sorel-Tracy

 

TankerExclusifLa compagnie Lacto-Canada cesse temporairement d’envoyer son lait des banques maternelles albertaines au terminal de Kid-Lait à Sorel-Tracy. C’est le faible prix de vente du baril de lait qui serait en cause.

Les convois de trains et le remplissage de navires chez Kid-Lait vont donc cesser pour un temps indéterminé. Par voie de communiqué, Lacto-Canada a expliqué agir ainsi en raison des marchés. « Toutes les expéditions de Lacto-Canada dépendent des conditions des marchés, que ce soit pour des facteurs comme l’offre et la demande, les écarts de prix entre le tarif des mères canadiennes et celles à l’international ou les coûts des compresses d’allaitement, qui changent fréquemment », a affirmé le conseiller aux communications pour Lacto-Canada. Le prix du baril de lait maternel a atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs années et il pourrait continuer de glisser.

La nouvelle de cet arrêt temporaire devrait ravir les opposants à l’exportation de lait maternel, notamment le groupe Allaite Rive-Sud. Jusqu’à présent, Lacto-Canada a chargé deux superlaitiers, taille aframax (44 mètres de large) à destination de l’Europe et du golfe du Mexique.

Selon Jacques, un spécialiste en finances à l’Université de Mononc, il en coûte 10$ par baril pour faire venir le lait albertain par train jusqu’à Sorel-Tracy, en plus des 3$ par baril pour son transport par navire jusqu’à une usine étrangère de stérilisation et d’emballage. Le coût de production du lait maternel est vraiment très faible, mais le profit dégagé dans les circonstances est considéré insuffisant.

 

Adaptation libre du texte de Thomas Gerbet à Radio-Canada «Suncor cesse temporairement d’envoyer son pétrole de l’Ouest à Sorel-Tracy» du 6 novembre 2014.

Lire aussi: Le superlaitier MATERNA GLORIA quitte Sorel-Tracy, LAIT MATERNEL – Un navire géant arrive à Sorel-TracyLAIT MATERNEL À SOREL-TRACY – UN BAPE N’ÉTAIT PAS REQUIS POUR LA SOCIÉTÉ KID-LAIT

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LAIT MATERNEL – Un navire géant arrive à Sorel-Tracy

Exclusif C’est le début d’une révolution dans le transport du lait maternel sur le fleuve Saint-Laurent. Un navire laitier géant a jeté l’ancre dimanche après-midi à Sorel-Tracy. Il vient récupérer un chargement de lait issu des banques de lait maternel de l’ouest.

Le Materna Gloria est un des plus gros navires à avoir circulé sur le Saint-Laurent entre Québec et Montréal : 250 mètres de long, 44 mètres de large (voir illustration ci-dessous). Il peut contenir des dizaines de milliers de tonnes de lait. Il y a un an encore, le fédéral interdisait des navires de plus de 32 mètres de large dans cette partie du fleuve.

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Adaptation du schéma pétrolier de Radio-Canada

« Je n’ai jamais vu ça », s’exclame monsieur Mamelonnet, qui vit à quelques pas du quai. De son salon, il peut voir, entendre, et même sentir le navire-citerne. Avec son appareil photo, il a voulu immortaliser ce moment. Ce n’est pas le premier navire à accoster devant chez lui, mais c’est le premier de cette taille, le premier qui va récupérer du lait de l’ouest et le premier qui va circuler sur le fleuve pour exporter son lacto-chargement. Jusqu’à présent, le lait venait surtout des mères ou de la pharmacie d’à côté et n’était destiné qu’à la consommation des nourrissons à proximité. « Ça ne nous apporte rien, ça nous amène seulement le danger de polluer le fleuve », s’insurge une écologiste. « C’est un cadeau empoisonné, tout simplement ».

Apprenez-en plus sur le projet de Kid-lait àa Sorel Tracy sur http://www.kildair.com/fra/projet.html

Apprenez-en plus sur le projet de Kid-lait àa Sorel Tracy sur http://www.kildair.com/fra/projet.html

Depuis le mois de juillet, Lacto-Canada transporte son lait de l’ouest jusqu’aux réservoirs de Kid-Lait, en traversant la Montérégie. Des citoyens inquiets s’y opposent. Madame Poitras et le groupe Allaite Rive-Sud manifestaient d’ailleurs dimanche à Boucherville : « Imaginez un déversement, c’est catastrophique. Le fleuve, c’est trois millions de personnes qui s’approvisionnent en eau potable. Combien parmi eux sont intolérants au lactose? ».

Lacto-Canada

Développement durable    100% canadienne.

Dans un courriel, Lacto-Canada se fait rassurante. Elle rappelle que ses navires réfrigérants ont tous des doubles coques et elle affirme qu’ «aucune propriété du lait maternel n’augmenterait le risque pour le transport par rapport aux autres laits».

Le Canada met en place des mesures de contrôle de la qualité des navires et d’inspections parmi les plus vigilantes à l’échelle internationale. Le professeur de l’Université de Rimouski, monsieur Guy, titulaire de la chaire de recherche en transport maritime, considère que le système actuel est « sérieux », mais qu’il devrait être revu si le nombre de navires et leur taille sont en croissance. « Le risque est proportionnel au niveau d’activité. S’il y a des transformations et des augmentations de volumes transportés, il est important de s’ajuster au fur et à mesure et pas après coup. »

Le Materna Gloria quittera le quai en début de semaine. Selon nos informations, il prendra la direction du golfe du Mexique vers une usine de stérilisation en Louisiane ou au Texas. Entre 20 et 30 navires par année viendront récupérer des chargements de Lacto-Canada à Sorel-Tracy.

 

_ Adaptation libre de «Pétrole des sables bitumineux : un navire géant arrive à Sorel-Tracy», un texte de Thomas Gerbet sur Radio-Canada, le dimanche 21 septembre 2014

Comment réduire son stock de pétrole de 50%

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Déversement d’un pipeline d’Hydro-Québec au port de Cap-aux-Meules. Crédit photo: Marianne Papillon

En versant 50% des barils à la mer? Mais non!! En retournant lire le rapport du BAPE sur les nappes phréatiques! Puis en mettant en oeuvre ses recommandations.

Voici quelques extraits du rapport d’enquête sur Les effets liés à l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles sur les nappes phréatiques aux Îles-de-la-Madeleine, notamment ceux liés à l’exploration et l’exploitation gazière (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, Gouvernement du Québec, octobre 2013).

p.124-125: L’avenir énergétique aux Îles de la Madeleine 

«L’étude réalisée par la firme Dunsky dans le cadre de la démarche de stratégie énergétique territoriale de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a pris en compte un scénario intégrant une production locale d’énergie à partir des éoliennes envisagées et d’une production de biocarburants à partir des matières résiduelles. L’étude conclut que ce scénario permettrait une baisse initiale de la consommation de mazout, mais ne ferait que stabiliser la consommation d’énergie primaire pour l’horizon de 2025.

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Centrale thermique d’Hydro-Québec, Cap-aux-Meules, Îles de la Madeleine. Crédit photo: Marianne Papillon

Un deuxième scénario, avec raccordement de l’archipel au réseau électrique d’Hydro-Québec, contribuerait de son côté à une baisse marquée de la consommation de mazout de l’ordre de 90 %. Il réduirait de près de 50 % la consommation de produits pétroliers à l’horizon de 2025 par rapport à celle observée en 2011 »

 « Avis – La commission d’enquête est d’avis que l’agglomération des Îles-de-la-Madeleine, en collaboration avec le MDDEFP et Hydro-Québec, devrait prendre contact avec l’initiative Cradle to Cradle Islands pour établir un partenariat qui pourrait mener à des solutions novatrices basées sur l’expérience et l’expertise des îles participant à cette initiative. Le Fonds vert, administré par le Ministère, pourrait financer un programme pour étudier l’introduction de solutions énergétiques de remplacement. »

p.123: L’électrification des transports 

«Avec un câble sous-marin, une pénétration importante de véhicules électriques entraînerait une baisse de la consommation de carburant et, de là, du besoin en stations-service et en réservoirs de carburant qui sont habituellement souterrains. Rappelons que cinq cas connus de contamination du sol, tous liés à des stations-service d’essence ou à l’entreposage de produits pétroliers sur le territoire madelinot, ont été rapportés par le MDDEFP. »

VE« La commission d’enquête constate que l’électrification des transports aux îles de la Madeleine pourrait contribuer à y diminuer l’utilisation et l’entreposage des combustibles fossiles liquides, réduisant ainsi les risques de contamination des aquifères. »

Cela fera bientôt un an qu’il est sorti, ce brillant rapport où figurent d’ailleurs plein d’autres recommandations. Mais depuis ce temps, Hydro-Québec a annoncé que la durée de vie de la centrale allait être prolongée jusqu’en 2035. Suite aux récents événements, y aura-t-il plus d’ouverture à réduire la consommation d’hydrocarbure aux Îles de la Madeleine?

Récit d’une électrisante sortie à Grande-Entrée

Samedi soir, je passe chercher deux copines à 5 km de chez nous, à la Dune-du-sud, avec une quarantaine de km d’autonomie. Généralement, après une pleine charge nocturne à domicile, nous disposons de 60 km d’autonomie électrique. Ceci dépasse habituellement nos besoins de Maisonnois. Mais cet après-midi-là, avant une sortie de filles à Grande-Entrée, on avait décidé d’aller se balader en famille sur une vingtaine de km…

Nouvelle propriétaire d’une Volt, je me fais un devoir d’offrir le volant à mes compatriotes. L’une d’elles habite près de Montréal et est déjà propriétaire d’une Leaf: on n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. L’autre accepte avec empressement, elle veut justement se procurer une voiture électrique bientôt.

Grand départ. Direction: Grande-Entrée. Distance : 45 km. Autonomie restante : 39km.

« Ah! il va falloir faire les derniers km sur le gaz…» C’est pas grave, on roulera pas trop vite, on s’en sortira peut-être. Pendant la route, les trois filles jasent de char. Il faut savoir que notre fille de la ville est sur le conseil d’administration de l’AVÉQ et qu’elle est la déléguée aux représentants régionaux, tandis que je suis moi-même représentante de la région Gaspésie-les-Îles. Catherine nous parle de ses expériences urbaines, de la fois où ils ont battu un record du monde, des projets à venir sur la grand’terre en électrification des transports. En expliquant à Brigitte, future propriétaire de VÉ, comment fonctionne l’application plugshare, on découvre qu’il y a un 2e accès à la recharge aux Îles-de-la-Madeleine!

On arrive à Grande-Entrée: il reste 1 km d’autonomie pour se rendre à la borne. Brigitte conduit lentement, se fait dépasser sans honte dans le village, question d’allonger ses derniers instants sur la batterie. On aperçoit l’entrée de l’auberge de la Salicorne juste au moment où, sur le tableau de bord, l’icône de pompe à essence remplace celui de la batterie. «Les filles, ça y est, on est au gaz.» N’eut été de ma remarque, elles ne s’en seraient probablement pas rendu compte. Le moteur de la Volt étant électrique, il ne fait à peu près pas de bruit, qu’il soit alimenté à partir de la batterie ou bien à partir de la petite génératrice à essence. Bref, la transition se fait sans grand traumatisme pour notre vénérable conductrice.

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Borne de recharge gratuite à l’auberge la Salicorne, Grande-Entrée. (Crédit photo: Catherine Giroul)

Arrivées à la Salicorne, une voiture est déjà sur place. Pas de problème, c’est une auto à essence qui s’est garée devant la borne par mégarde, mais le fil est bien assez long! On se branche avec grande excitation: on pense bien être les premières à le faire… Oui, les gens de la place nous le confirment, on immortalise ça! Bon, maintenant, il faut se rendre au Bistro Plongée Alpha, nous y avons un goûter- conférence. Comme prévu, une amie de Grande-Entrée vient nous chercher pendant la recharge et elle nous accompagne à cette magnifique soirée, à 3 km de là.

Mario Cyr nous partage sa riche expérience de plongeur caméraman pendant qu’on mange un délicieux repas de la mer. Une conférence fort intéressante sur les apnéistes, les tournages de plusieurs documentaires sous-marins, le Grand Nord, l’expédition du Sedna IV et quelques accidents de plongée. On commémore le tout par une photo officielle où, à défaut de faire le célèbre « nob », on lève le pouce!

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Trois auditrices « branchées » à la conférence de Mario Cyr, Bistro Plongée Alpha. (Crédit photo: Luc Miousse)

La soirée terminée, notre amie nous dépose à la station de recharge. Surprise: la recharge est complète à 62 km en à peine trois heures trente! Efficace, la borne de 240V de la Salicorne! Je reprends le volant pour la conduite du soir avec, évidemment, les phares allumés. Malgré ma vitesse de conduite modérée, j’arrive à la maison avec seulement 4 km d’autonomie sur ma batterie. On a consommé au retour l’équivalent de 58 km pour une distance de 51 km. On n’avait dépensé que 46 km à l’aller! Aurais-je le pied pas mal plus pesant que notre chauffeuse d’un soir ou serait-ce l’impact des phares?

Faut croire que le vent soufflait pas du bon bord au retour!

 

Quelques constats:

– la Volt répond à nos besoins aux Îles

– la borne de la Salicorne fonctionne très bien

– le vent fait varier la consommation (comme pour les véhicules à essence!)

– il y aura de plus en plus de bornes et de VÉ aux Îles bientôt!

– on entend souvent parler de l’anxiété d’autonomie en auto électrique… Détrompez-vous, en Volt, c’est l’anxiété de retourner à l’essence après avoir roulé 60 km sans en consommer une goutte qui vous attend!

 

Pour ceux qui s’interroge la source d’électricité au Îles et les bénéfices possibles du transport électrique sur l’archipel, visitez https://mpapillon.wordpress.com/2013/10/07/recharger-sa-batterie-aux-iles-de-la-madeleine/

Le Rocher-aux-Oiseaux à Victo

Le Musée Laurier de Victoriaville présente cet été l’exposition-concours «À tire d’ailes» où ont été sélectionnées 85 oeuvres d’autant d’artistes canadiens. Les oeuvres réunies pour cette exposition collective traitent chacune à leur manière de la thématique des oiseaux. Pourquoi 85 oeuvres ? Afin de faire un clin d’oeil cette année au 85e anniversaire de la fondation du Musée Laurier.

J’y présente une illustration tirée du livre «Ici le Rocher-aux-Oiseaux» (Georges Langford, les éditions la Morue verte, 2010). J’aimerais bien avoir des ailes pour aller voir tout ça, allez-y pour moi!

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Un extrait de l’illustration « Rocher-aux-Oiseaux #10, 1/5 » de Marianne Papillon.

Quand?

Du 6 juin au 21 septembre 2014 inclusivement.

Horaire et coût d’entrée : cliquez ici

Où ?  

Au Musée de l’Hôtel des Postes, un pavillon du Musée Laurier, situé au 949, boulevard des Bois-Francs Sud, à Victoriaville (Québec).

 

 

Scoop: les oeuvres sont à vendre!

 

Combien de pétrole SUR le Golfe?

Au lieu de spéculer sur le nombre de barils de pétrole gisant sous le Saint-Laurent, si on s’amusait plutôt à compter ceux qui passent dessus? En effet, le Saint-Laurent est une voie maritime fort exploitée pour le transport de produits pétroliers, qu’il s’agisse d’abreuver notre consommation quotidienne ou d’alimenter nos raffineries, ou encore d’exporter nos produits raffinés. Cinq provinces bordant le golfe, combien de barils empruntent les eaux du Saint-Laurent?

Commençons d’abord par quelques données de base: combien de barils un pétrolier moyen peut-il contenir? À lui seul, 1 million de barils, ou 150 000 tonnes. Deuxièmement, combien la garde côtière peut-elle récupérer de pétrole en cas de déversement? 15 000 tonnes, soit 10% d’un seul pétrolier.

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Ceci étant dit, Transport Canada affirme qu’il y aurait 3000 mouvements de navires-citernes/an dans l’Est du Canada (Golfe + Atlantique). Combien parmi ceux-ci ceux-ci passent par le golfe du Saint-Laurent? Considérant que 23 000 000 t/an arrivent ou sortent du Québec et que 95 000 000 t/an sont transportés vers ou à partir des ports des Maritimes, on pourrait en déduire qu’environ 20% des mouvements de navires-citernes seraient attribuables au Qc, auxquels il faudrait ajouter les mouvements concernant l’ÎPÉ, le nord du NB et la côte ouest de NÉ et TNL. On en arriverait donc à une estimation d’environ 750 mouvements de navires-citernes par an sur le golfe du Saint-Laurent. Oui mais combien de barils?

Eh bien concernant le Québec, 23 000 000t/an équivaut à 167 millions de barils. Estimons maintenant la portion « golfe du Saint-Laurent » du transport pétrolier des provinces maritimes. Transport Canada nous informe que plus de 75% des produits pétroliers transitant par les ports des Maritimes passent par les principaux ports donnant sur l’Atlantique (Come by Chance TNL, Hawkesbury NÉ, Saint-John NB) sans compter les autres ports moins importants donnant aussi sur l’Atlantique (ex: St-John’s TNL, Halifax et Sydney NÉ). Ainsi, on pourrait estimer qu’au moins 85% des produits pétroliers des Maritimes graviteraient par l’Atlantique sans passer par le Saint-Laurent. Estimons ensuite ce qui en resterait : moins de 15%, soit près de 14 250 000 t/an de produits pétroliers des Maritimes transiteraient par le golfe du Saint-Laurent, notamment par les ports de Stephenville et Corner Brook à TNL, par les ports de Belle Dune et Dalhousie au Nouveau-Brunswick, ainsi que par l’Île-du-Prince-Édouard (qui importerait 5 375 000 t/an).

On en arriverait donc à 167 pétroliers pour le Québec et à 95 pour les Maritimes, soit l’équivalent du contenu de 262* pétroliers cheminant annuellement sur le golfe.

Ça fait 262 millions de barils à chaque année, plus de 5 milliards de barils sur 20 ans. (Deux fois plus au-dessus qu’en dessous, donc, pour les optimistes!)

Selon vous, est-il plus urgent d’aller voir s’il y a quelconques barils de pétrole sous le Saint-Laurent ou de commencer à réduire les millions de barils voguant annuellement dessus?

Dans notre prochain billet (Des tuyaux et des bateaux), nous nous amuserons à spéculer sur la quantité de barils qui graviterait sur le Saint-Laurent si les projets de pipeline transcanadien ou de forage du golfe voyaient le jour. D’après vous, plus ou moins de barils à venir, sur le golfe, avec ces projets?

 

AVIS AUX LECTEURS:  Toutes questions, corrections ou informations complémentaires sont les bienvenues!

* : Ces données ont été extrapolées au meilleur de ma compréhension avant la sortie des rapports sur le transport maritime de Transport Canada et de Genivar, me basant sur des données qui étaient alors accessibles sur le web. Ce rapport estime cependant que le tonnage circulant déjà dans l’Estuaire et le Golfe serait de 67 MT/an. J’aurais donc ici sous-évalué de moitié le transport actuel, qui serait de 489 pétroliers et non de 262. Ça ferait donc pas loin de 10 milliards de barils sur 20 ans, quatre fois plus au-dessus qu’en dessous!

Manifestement manipulés

Attention! La liste de sophismes est longue dans le récent manifeste pro-pétrole. À moins qu’il ne n’agisse de pure méconnaissance de la part de ses signataires? Qu’à cela ne tienne, nos hyper-puissants groupes de réinformateurs bénévoles travaillent nuit et jour à élaborer une réplique.

En attendant le retour du pendule, voici quelques rectifications :

1-Élémentaire me direz-vous: un avenir meilleur ne se limite pas qu’à des considérations financières. Les composantes environnementales et sociales sont aussi à prendre en compte, comme le leur rappelle ici le Conseil régional en environnement de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

2-Les revenus potentiels énoncés sur la place publique sont spéculatifs et démesurés. On a même entendu que 300 milliards $ annuellement garniraient ainsi nos trésors publics alors qu’un rapide calcul optimiste nous ramène plutôt à 500 millions. Et de ceux-ci, s’ils existent, il nous faudrait soustraire les dépenses publiques liées à l’exercice… L’analyse financière de M. Durand, géologue, mentionne à cet effet que, sur Anticosti par exemple, les dépenses nécessaires seraient beaucoup plus grandes que les revenus, rendant l’exploitation déficitaire, sans même parler d’accident dévastateur.

3-Terre-Neuve-Labrador est prudent dans le dossier de l’exploration dans le golfe, aucun forage n’y est en cours, quoiqu’en dise le porte-parole du manifeste. Un moratoire complet sur la fracturation y est d’ailleurs en place, sur terre comme en mer. Et si Terre-Neuve inquiétait le moindrement Québec, une demande d’arbitrage frontalier impliquant la notion d’équidistance pourrait être amorcée, ce serait beaucoup plus avantageux que de se précipiter tête baissée dans une course à l’or noir.

4-Il n’existe légalement aucune « séparation » entre l’exploration et l’exploitation. En vérité, au Québec, si une compagnie trouve un gisement de pétrole rentable au stade de l’exploration, elle est obligée d’évoluer vers l’exploitation, sinon elle perd son permis. Ouvrir la porte à l’exploration, c’est accepter l’exploitation. Le débat « équilibré » doit avoir lieu AVANT l’exploration, laquelle est d’ailleurs pas mal plus risquée que l’exploitation.

5-On parle d’un débat déséquilibré où les groupes d’opposants auraient trop de pouvoir, mais on ne mentionne pas l’existence des lobbyistes des pétrolières qui rencontrent les dirigeants derrière des portes closes. Serait-ce cet inoffensif biologiste qui ferait trembler les oligarques du Québec ou cette  bénévole informée déconstruisant un à un les propos d’un ancien premier ministre en un mémorable face-à-face télévisé? N’oublions pas que les profits, avant d’aller aux Québécois, iront aux actionnaires, lesquels ont grand avantage à manipuler l’opinion publique.

Québec-PET-10d6-Il n’y a aucune mention des projets d’oléoducs, dans ce manifeste. Selon les dires des pétrolières, le pétrole de l’Ouest arrivant au Québec par pipeline va dépasser les capacités de nos raffineries et pratiquement doubler le transport maritime de matières dangereuses sur le Saint-Laurent. Comment alors justifier toute exploration risquée en sol ou en eaux québécoises? Et si ces risques, plutôt que de s’additionner, se multipliaient?

7- Ne nous leurrons pas, les premiers forages dans le golfe québécois se seront pas réalisés d’ici 10 ans et l’exploitation, s’il en est une, prendra encore une autre décennie. Et dire que pendant ce temps-là, on pourrait s’investir à réduire notre consommation et sauver des « milliards » en balance commerciale.. et combien de tonnes de CO2.

Pourquoi ne nous consacrerions-nous pas plutôt à préparer l’inévitable après-pétrole?

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