Parce que la sécurité a plusieurs visages

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Extrait de «Sécurité énergétique», MPapillon 2011

La base de la sécurité énergétique, c’est d’abord de ne pas manquer de jus ou, si vous préférez, de lait. Éviter la panne sèche: entretenir une bonne production et, autant que possible, ne pas séparer le petit de sa source d’énergie maternelle! Sinon, avoir quelques réserves de secours pas trop loin. Mais c’est aussi veiller à ce que le lait, s’il n’est pas bu au sein, ne soit ni périmé ni trop dilué. S’assurer que les fuites de lait soient sous contrôle et que la couche ne déborde pas! Enfin, vérifier que la tétée soit efficace, sans petit bec pinceur ni frein de la langue trop court…

À l’échelle des communautés, la notion de sécurité énergétique, recoupe:
  1. La  garantie d’approvisionnement : l’accès à une source fiable d’énergie  en quantité suffisante pour répondre à des besoins variables.
  2. La sécurité environnementale :  la prise en compte des impacts de l’approvisionnement et de la consommation sur l’environnement, de son extraction jusqu’à son transport, événements accidentels inclus.
  3. L’efficacité énergétique : diminuer les pertes d’énergie, réduire l’énergie requise pour un même service et réduire la consommation d’énergie à la source.

En effet, toute augmentation du prix du baril de pétrole, réduisant la facilité d’approvisionnement, entraînera un regain d’attention pour les programmes d’efficacité énergétique et pour le développement d’énergies alternatives.

De la même façon, toute crise écologique aura un impact sur les choix des collectivités en matière d’énergie, menant à des modifications de leurs modes d’approvisionnement et de consommation.

Somme toute, consommer en moins grande quantité une énergie moins polluante résulte en une meilleure garantie d’approvisionnement énergétique et en une plus grande sécurité énergétique et environnementale.

« Garanti, sécuritaire et efficace! » Joli slogan pour promouvoir… l’allaitement?

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Comment réduire son stock de pétrole de 50%

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Déversement d’un pipeline d’Hydro-Québec au port de Cap-aux-Meules. Crédit photo: Marianne Papillon

En versant 50% des barils à la mer? Mais non!! En retournant lire le rapport du BAPE sur les nappes phréatiques! Puis en mettant en oeuvre ses recommandations.

Voici quelques extraits du rapport d’enquête sur Les effets liés à l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles sur les nappes phréatiques aux Îles-de-la-Madeleine, notamment ceux liés à l’exploration et l’exploitation gazière (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, Gouvernement du Québec, octobre 2013).

p.124-125: L’avenir énergétique aux Îles de la Madeleine 

«L’étude réalisée par la firme Dunsky dans le cadre de la démarche de stratégie énergétique territoriale de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a pris en compte un scénario intégrant une production locale d’énergie à partir des éoliennes envisagées et d’une production de biocarburants à partir des matières résiduelles. L’étude conclut que ce scénario permettrait une baisse initiale de la consommation de mazout, mais ne ferait que stabiliser la consommation d’énergie primaire pour l’horizon de 2025.

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Centrale thermique d’Hydro-Québec, Cap-aux-Meules, Îles de la Madeleine. Crédit photo: Marianne Papillon

Un deuxième scénario, avec raccordement de l’archipel au réseau électrique d’Hydro-Québec, contribuerait de son côté à une baisse marquée de la consommation de mazout de l’ordre de 90 %. Il réduirait de près de 50 % la consommation de produits pétroliers à l’horizon de 2025 par rapport à celle observée en 2011 »

 « Avis – La commission d’enquête est d’avis que l’agglomération des Îles-de-la-Madeleine, en collaboration avec le MDDEFP et Hydro-Québec, devrait prendre contact avec l’initiative Cradle to Cradle Islands pour établir un partenariat qui pourrait mener à des solutions novatrices basées sur l’expérience et l’expertise des îles participant à cette initiative. Le Fonds vert, administré par le Ministère, pourrait financer un programme pour étudier l’introduction de solutions énergétiques de remplacement. »

p.123: L’électrification des transports 

«Avec un câble sous-marin, une pénétration importante de véhicules électriques entraînerait une baisse de la consommation de carburant et, de là, du besoin en stations-service et en réservoirs de carburant qui sont habituellement souterrains. Rappelons que cinq cas connus de contamination du sol, tous liés à des stations-service d’essence ou à l’entreposage de produits pétroliers sur le territoire madelinot, ont été rapportés par le MDDEFP. »

VE« La commission d’enquête constate que l’électrification des transports aux îles de la Madeleine pourrait contribuer à y diminuer l’utilisation et l’entreposage des combustibles fossiles liquides, réduisant ainsi les risques de contamination des aquifères. »

Cela fera bientôt un an qu’il est sorti, ce brillant rapport où figurent d’ailleurs plein d’autres recommandations. Mais depuis ce temps, Hydro-Québec a annoncé que la durée de vie de la centrale allait être prolongée jusqu’en 2035. Suite aux récents événements, y aura-t-il plus d’ouverture à réduire la consommation d’hydrocarbure aux Îles de la Madeleine?

Combler nos besoins : oui mais lesquels?

Nous devons planifier notre organisation énergétique et sociale en fonction de nos besoins et options véritables, et non en fonction de ceux qui nous sont dictés par l’industrie.

Mais quelles sont nos besoins véritables? Être heureux, en santé et en sécurité, cela va sans dire. Et ceci repose d’abord sur nos besoins essentiels que j’identifierais ainsi : une eau saine et accessible, de la nourriture saine et accessible, un abri et la paix sociale. Avons-nous vraiment besoin de décorations de Noël gonflables? Avons-nous vraiment besoin de piscines chauffées? Avons-nous vraiment besoin de développement économique?

Nous avons évolué dans un monde ou l’idéologie néo-libérale et la croissance économique ont été érigées comme des vérités absolues, mais moi je n’y crois plus. Notre monde est fini, et les réserves d’énergies fossiles bon marché aussi. Il n’y aura pas de croissance éternelle.

Bien au contraire, avec les changements climatiques et l’épuisement des ressources mondiales, nous assistons davantage à la destruction du monde qu’à sa croissance. Et ce sont nos besoins essentiels eux-mêmes qui pourraient être bientôt menacés. Les inéquités sociales seront grandissantes et c’est la paix sociale qui est menacée, et donc la qualité de vie et la survie des générations futures.

Alors, quelles sont nos options véritables pour répondre à nos besoins véritables?

Un plan B SVP

Le Canada vient d’adopter un plan, un « cadre énergétique« . Devinez quoi? On veut redorer l’image des sables bitumineux et agrandir notre marché d’exportation de cette ressource « durable » et « responsable ».

Étions-nous à la recherche d’un plan énergétique, ou financier? Parce que question planification énergétique, on pourrait voir un peu plus loin et soulever la question de la vie après le pétrole.

La bonne nouvelle, c’est que le ministre de l’environnement du Canada annonce un plan de surveillance intégré visant les sables bitumineux. Chouette! On va enfin savoir à quel point l’eau est polluée et on va même pouvoir suivre l’évolution de la contamination des vivants.

« Une surveillance de l’air accrue renforcera les mesures et permettra répondre à des questions clés sur les émissions attribuables à l’exploitation des sables bitumineux, leur quantité et les sources. Nous serons ainsi mieux renseignés sur le devenir des émissions des sables bitumineux dans l’atmosphère – le transport, la transformation et le dépôt – ainsi que sur l’interaction de ces émissions avec celles d’autres secteurs. »

Et si on regardait plutôt comment on peut diminuer notre dépendance aux hydrocarbures et comment on pourrait ralentir notre production d’énergie non-renouvelable émettrice de gaz à effet de serre?

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