MOUVEMENTS PÉTROLIERS à l’aéroport de Havre-aux-Maisons

Dans le cadre de la programmation 2015 Colis suspect du centre d’artiste Admare, le duo Papillon-Bourgault présente l’installation Mouvements pétroliers à l’aéroport de Havre-aux-Maisons, du 26 septembre au 30 octobre.

Daniel Bourgault est océanographe physicien à l’UQAR-ISMER. Ses recherches ont récemment porté sur la dispersion de polluants et sur les conditions environnementales dans le golfe du Saint-Laurent. Artiste en art actuel, Marianne Papillon a été interpellée par ses représentations graphiques du mouvement du pétrole. Ils ont donc fait équipe pour interpréter artistiquement des résultats scientifiques relatifs au trafic de navires-citernes et à la dispersion de polluants sur le Saint-Laurent.

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Crédit image: Papillon-Bourgault

Leur installation multidisciplinaire se situe à mi-chemin entre la subjectivité de l’artiste et l’objectivité du scientifique. Une oeuvre en fils tendus, représentant les trajets des navires-citernes sur le golfe, est utilisée comme surface de projection d’une modélisation scientifique simulant un déversement en mer. Plutôt qu’une iconographie classique de marée noire, le duo présente un espace complexe, texturé et mouvant, où se côtoient l’habitat et la voie de passage.

Cette oeuvre est une adaptation du Projet Rioux « Trajectoires pétrolières« , une co-création élaborée dans le cadre de la résidence artistique d’Arte Tracto au Parc du Bic en juillet 2015 dont les oeuvres peuvent être visionnées ici.

Projection de  "Trajectoires pétrolières IIb" sur réservoir d'hydrocarbures. Papillon-Bourgault, avec Estelle Marcoux et Julien Leblanc de la Fabrique culturelle, Télé-Québec Gaspésie-les-Îles

Projection de « Trajectoires pétrolières IIb » sur réservoir d’hydrocarbures. Papillon-Bourgault, avec Estelle Marcoux et Julien Leblanc de la Fabrique culturelle, Télé-Québec Gaspésie-les-Îles

Pour ceux qui n’auront pas le plaisir de passer par Havre-aux-Maisons… plus de détails vous seront livrés sur la Fabrique culturelle cet automne!

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Déboulonner Anticosti

Pour éviter d’avoir à lire cet article au complet, cliquez ici et arrivez directement au but recherché: vous qui signez la pétition AVAAZ pour protéger l’Île Anticosti des pétrolières !

Dans la foulée du « printemps érable », on entend toutes sortes de bonnes raisons de s’indigner. À travers le lot, on retrouve le fameux « vol du siècle » , soit le transfert du potentiel pétrolier d’Anticosti du public au privé avec de prétendues pertes de revenus de 3000 milliards de $. Mais qu’en est-il vraiment? Je vous ai préparé une petite rubrique pour déboulonner ce mythe qui alimente la spéculation et étrangle Anticosti.

Non, ce n’est pas une chute de lait, mais bien l’eau vive d’Anticosti. Photo de Marie-Hélène Parant http://www.marieheleneparant.com

 

Les supposés 30 milliards de barils d’Anticosti, c’est du pétrole virtuel. Selon la firme Sproule inc. embauchée par Pétrolia et Corridor Resources pour évaluer le potentiel d’Anticosti, les données de base sont très fragmentaires et non statistiquement significatives. Il s’agit de pétrole « sur papier », « théoriquement possible », mais absolument rien ne prouve qu’il y en a vraiment. Et rien ne prouve que, si jamais il y en a, il soit « techniquement exploitable » ni « économiquement exploitable ». Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Sproule !

Voyez vous-même comme leur rapport est à la fois lourd et subtil. Pour bien mettre en garde les investisseurs potentiels, Sproule prend le soin d’indiquer « qu’avant qu’un programme de recherche approprié ne soit mis en place pour évaluer les volumes potentiellement récupérables, il est prématuré de spéculer sur la présence, ou non, de quantités récupérables de pétrole » sur l’île. L’exploration de l’île d’Anticosti, écrit encore Sproule, n’en est qu’à ses débuts et des travaux de prospection sont nécessaires afin de déterminer s’il existe un potentiel de production pétrolière commercialement viable. « Il n’y a pas de certitude qu’une portion de ces ressources soit découverte. (…)  Il n’existe pas de certitude qu’il sera commercialement viable de produire une portion de ces ressources », indique même Pétrolia dans son dernier rapport de gestion. On est loin, très loin, de l’île au trésor, écrit Hugo Séguin de Équiterre.

Les journalistes ont repris hors contexte ce fameux « potentiel » et il est peu à peu devenu réel dans nos têtes, l’histoire du « vol du siècle » aidant. Évidemment les compagnies pétrolières n’ont pas fait grand chose pour montrer les immenses bémols du rapport Sproule, puisque suite à cette « nouvelle » du « potentiel pétrolier d’Anticosti », les actions ont joliment grimpées.

30 milliards de barils, vraiment? Voici les résultats des trois derniers puits forés:

  • Puits de Jupiter : « Malgré quelques indices de pétrole au niveau de la Formation de Mingan, aucun réservoir important n’a été trouvé, de telle sorte que le puits foré à l’été 2010 a été abandonné. »
  • Puits de Chaloupe : « Dans les faits, le puits n’a mis en évidence que des carbonates faiblement dolomitisés. L’absence de réservoir de quelque importance a été constatée. »
  • Puits de Saumon : « L’absence de pétrole dans ce réservoir constitue sans aucun doute une déception. (…) la présence d’eau salée dans le réservoir a amené les partenaires à abandonner la portion inférieure du puits et à suspendre l’exploration de sa partie supérieure »

Regardez bien le film suivant à partir de 4:30 en cliquant ici. Vous verrez un puits abandonné… avec des dommages qui eux sont bien réels.

Le 5 juillet 2012, Junex a annoncé le détail de ses opérations de déforestation, de levés sismiques et de forages exploratoires. On s’apprête à raser l’habitat d’espèces menacées sur l’équivalent de la distance entre Montréal et Trois-Rivières. Heureusement qu’un petit bout est protégé! Mais, voyez vous-même sur cette carte,   il y a d’autres lieux d’intérêt qui ne sont pas protégés qui pourraient bien devenir des chantiers.

L’Île d’Anticosti, est l’habitat des espèces menacées ou vulnérables suivantes;

  • PLANTES: Aster d’Anticosti, Calypso bulbeux var. americaine, Droséra à feuille linéaire, Fougère mâle, Sainfoin boreal s-esp. Mackenzie, Muhlenbergie de Richardson, Polystic faux-lonchitis et Rhynchosphore capillaire.
  • OISEAUX:  Arlequin plongeur, Pygargue à tête blanche, Aigle royal, Faucon pèlerin, Pluvier siffleur, Engoulevent d’Amérique,
  • MAMMIFÈRES TERRESTRE: chauve-souris cendrée, rat musqué.

Alors, déboulonné, le mythe des pétrodollars anticostiens? N’y voyez pas là une opération de redorage de blason de nos dirigeants, bien au contraire! Mais ne nous laissons tout de même pas berner  par la spéculation qui nous presse de forer le Québec.

Comme l’écrivait Karel Mayrand, de la Fondation David Suzuki et Président du Projet climatique Canada de Al Gore, « devons-nous nous lancer tête première dans l’exploitation pétrolière en milieu marin, ou du pétrole de schiste sur Anticosti, ou à Haldiman, avec tous les incertitudes qui persistent sur ces gisements, qu’on qualifie toujours de « prospects » puisqu’ils ne sont pas prouvés, avec les risques financiers et environnementaux que ces activités comportent? Ou ne devrions-nous pas tenter de réduire une fois pour toutes notre dépendance au pétrole en investissant dans les transports collectifs et les énergies vertes, des secteurs à forte valeur ajoutée dont on a la certitude qu’ils peuvent créer, dès maintenant, de la richesse pour le Québec? La réponse me semble tout à fait claire. »

Pour moi aussi. Et pour vous? Pour demander l’arrêt complet des travaux d’exploration pétrolière à Anticosti en cliquez ici. Junex est sur place au moment d’écrire cet article.

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