Le soutien-côte

Comment se serrer les coudes dans la lutte contre l’érosion côtière? En confectionnant un soutien-côte à l’aide de 1000 soutiens-gorges provenant de part et d’autre de l’océan! Puisque l’usage principal du soutien-gorge consiste à remodeler la silhouette et à en protéger les attributs, pourquoi ne pas l’utiliser pour protéger nos côtes fragiles?

Le soutien-côte sera réalisé dans le cadre l’événement résidence Faire avec du centre d’artiste Admare qui se tiendra du 17 juin au 7 juillet 2013 aux Îles-de-la-Madeleine. Faire avec regroupera 9 artistes canadiens sur le thème de l’environnement et du potentiel de transformation d’objets récupérés.

On a fait du soutien-gorge l’emblème du sexisme, du féminisme, du cancer du sein et de l’allaitement. Pour moi, le contenu symbolique du soutien-gorge n’est pas tant le sein que le lait, fluide énergétique idéal.

À l’or noir, source de réchauffement climatique et d’érosion, opposons l’or blanc, lait maternel aux vertus miraculeuses. Faire avec, c’est d’abord faire avec son corps. Plutôt que de produire des préparations commerciales pour nourrisson, de les transporter jusque chez soi, de les consommer et d’en disposer, pourquoi ne pas faire avec ses seins?

Protection symbolique de notre terre mère, construction bancale contre l’érosion, le soutien-côte sera constitué des dons de soutien-gorge de centaines de femmes. Liés les uns aux autres, ces dessous deviendront un tout, un revêtement à la fois fort et délicat, tel un grand filet de pêche. Objet paysager insolite, le soutien-côte évoquera la solidarité des populations insulaires et côtières face aux enjeux qu’elles partagent, tissant par le fait-même des liens par-delà l’horizon.

La collecte de soutiens-gorges préalable à la réalisation du soutien-côte se termine le 30 avril 2013. De nombreux organismes communautaires à travers le Québec ont agi comme points de chute pour faire parvenir vos soutiens-gorges jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine. Pour connaître le point de chute de votre région, cliquez ici.

En date du 30 avril 2013, j’ai en main 760 soutiens-gorges et il m’en reste encore plusieurs à recevoir à partir des points de chute. L’objectif de 1000 soutiens-gorges est en bonne voie d’être atteint mais nous en auront le coeur net dans la semaine du 15 mai où je publierai le décompte final.

Merci aux nombreuses donneuses et aux collaborateurs!

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Votre soutien-gorge SVP

Je les collecte depuis un temps déjà et hier je les ai comptés : j’ai à ma disposition 123 soutiens-gorges. Et j’en ai besoin de plus de 1000 d’ici le 30 avril 2013!!

Je les accepte de partout sur la planète, de toutes les couleurs, grandeurs et styles. Soutien-gorge d’allaitement ou pas, haut de bikini, fuchsia à pois, beige terne, en cuir riveté, sport, rembourré, endommagé, avec ou sans bretelle, alouette. (À ce jour, mon préféré est vert pomme, tricoté à la main, mais je n’attends rien de tel!)

Parlez-en à vos amies, collègues, sœurs, mères, belles-mères et grands-mères!

Corde expérimentale, par Marianne Papillon

Corde expérimentale, par Marianne Papillon

Pour quoi faire? Pour se serrer les coudes dans la lutte contre l’érosion côtière, en confectionnant rien de moins qu’un soutien-côte!

Ce soutien-gorge reposant au fond de votre tiroir depuis si longtemps, depuis que vous avez enfanté, nourri, sevré, peut-être maigri, sûrement un peu vieilli… aussi attachée y soyez-vous, aussi pleine d’espoir soyez-vous de le reporter un jour, n’aurait-il pas une bien meilleure vie dans un un bain d’air salin et de soleil?

Postez-moi vos vieux soutiens-gorges au :

320 route 199 Havre-aux-Maisons, Québec, G4T 5A1, CANADA.

Sentez-vous libre de m’écrire un mot, une pensée, une histoire se rapportant à votre envoi. Ou pas.

Ou déposez-les au point de chute de votre localité :

Montréal : au Studio XX (4001 Rue Berri, espace 201), à la Galerie de l’UQAM (1400, Rue Berri, Pavillon Judith-Jasmin, Local J-R 120, du 5 au 20 avril, entre 12h et 18h du mardi au samedi) et chez Diagonale, centre des arts et des fibres (5455, avenue de Gaspé, Espace 203).

Québec : au centre d’artistes Vidéo Femmes (291, rue Saint-Vallier Est, bureau 103).

Îles-de-la-Madeleine :  au groupe d’entraide Allaitement Sein-Pathique dans les locaux de l’Embellie à Cap-aux-Meules, ou à la COOP La Machine au centre Ré-Utile à côté de l’ancien pont de Havre-aux-Maisons, ou encore au centre d’artistes Admare dans les locaux d’Arrimage.

Baie des Chaleurs : aux causeries-allaitement du groupe d’entraide Supportons-Lait (à la Maison de la famille de Bonaventure ou à la Maison des jeunes de Carleton) et au centre d’artistes Vaste et Vague.

MRC Côte-de-Gaspé : Le Regroupement des Femmes de la Côte-de-Gaspé  (189, rue Jacques-Cartier à Gaspé,  418 368-1929).

MRC Rocher Percé : aux ateliers de l’organisme de soutien à l’allaitement Lactescence Pabos (1 mercredi sur 2 à 10h au Café culturel la Mutinerie, Chandler).

MRC Matapédia : Le groupe d’entraide  à l’allaitement Nourrissons-Lait (Amqui).

MRC de la Haute-Gaspésie : chez Ékilibre (168, route du Parc, Sainte-Anne-des-Monts), chez Poffettanshinn (17, boulevard Sainte-Anne Ouest, Sainte-Anne-des-Monts) et à la Pharmacie Dany Bergeron (19, 1ere avenue Ouest, Mont-Louis).

Sept-Îles : auprès de À la Source Sept-Îles  (469, avenue De Quen, du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h à 16h).

Rimouski : Restaurant Le Bercail (166-A ave de la Cathédrale)

Vous habitez ailleurs? Regroupez-vous ou approchez un groupe communautaire en environnement, en allaitement, une maison de la famille, un groupe de femmes ou un organisme en art et proposez-leur de participer à la collecte de soutien-gorge dans le cadre de leur mission et de me les faire parvenir. Cette page sera remise à jour régulièrement pour y ajouter les nouveaux points de chute. Affiche promotionnelle téléchargeable ici.

Merci à toutes pour vos précieux dons!

Après usage, si leur condition le permet, les soutiens-gorges seront offerts à la campagne « Osez le donner » au profit de la Fondation Québécoise du Cancer du Sein et/ou à une organisation à visée sociale en récupération textile.

PEUT MIEUX FAIRE

Le Centre d’artistes Vaste et Vague présente l’exposition de groupe « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices » préparé par le commissaire Emmanuel Galland en résidence à Carleton-sur-Mer. L’exposition a pour inspiration le fameux Cahier Canada Hilroy. Ne serait-il pas le plus grand dénominateur commun de plusieurs générations de Canadiens coast-to-coast? Un cauchemar de l’enfance ou une madeleine? Pour accéder au communiqué de l’événement cliquez ici.

Détail de la mosaïque « Sciences naturelles » de Marianne Papillon à l’exposition collective « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices », septembre 2012.

 J’y présente « Sciences naturelles », une mosaïque d’estampes numériques qui illustre un Canada bitumineux évoluant en 6 pas vers un Québec en proie au pétrole (des projets étant à l’étude ou en cours en Gaspésie, Anticosti, Îles-de-la-Madeleine et Old Harry).

Dans le même ordre d »idée que  Mer nourricière, j’ai revisité la carte du Canada, j’ai humanisé les contours du Canada, lui donnant l’allure d’un bébé forcé à boire au biberon. Inversant le noir et le blanc, ce n’est plus du lait immaculé qu’on lui offre, mais bien un fluide noir.

Mon plus lointain souvenir en sciences naturelles est la distinction entre les ressources renouvelables et non renouvelables. J’avais huit ans et je devais illustrer ces deux types de ressources : je dessinai une jolie fontaine de pétrole débordante et un vieux moulin à vent croupissant. M’a-t-on déjà parlé d’allaitement à l’école? Je n’en garde aucun souvenir. Déjà parlé des sables bitumineux? Que oui, on nous racontait un trésor en latence, une technologie prometteuse, l’espoir de devenir ENFIN un puissance pétrolière nous aussi.
Et des femmes, anciennes écolières à qui l’on n’a pas enseigné l’allaitement, doivent aujourd’hui se débrouiller entre elles pour apprendre comment offrir leur lait à leur enfant. Comme si le génie humain avait déjà dépassé la nature et qu’on pourrait dorénavant faire sans elle. Que nenni!

Performance pétrolaitière

Voici le texte de ma performance artistique livrée le 15 septembre 2012 à l’aéroport de Havre-aux-Maisons lors du vernissage de Machine à lait.

« Je vais vous faire une démonstration de l’unité mobile auto-suffisante de LACTO-CANADA(Je dépose devant moi une boîte à lunch assortie d’un soutien-gorge en j’en sors un biberon et un tire-lait manuel.) Ceci est une pompe à lait. Il suffit de l’appliquer et de pomper, je vais vous faire une démo. C’est très pratique parce que tout ce dont vous avez besoin pour l’utiliser, c’est d’un corps. C’est aussi très économique.

Macine à lait, une installation de Marianne Papillon à Colis suspect du centre d’artistes Admare

Savez-vous combien ça coûte d’acheter du lait commercial en pharmacie? De 10 à 20$/L, selon les compagnies et les formats. Or, les autorités sanitaires du monde entier s’entendent pour reconnaître la supériorité du lait maternel. On peut donc raisonnablement penser que le lait maternel de LACTO-CANADA doit valoir 30 à 40$/L, minimum. Le gaz était à combien ce matin? 1,50$/L? Pis on trouve ça cher, imaginez! Faire le plein de lait maternel, ça coûte un bras. Tandis que cette unité mobile autosuffisante ne coûte environ que 30$.

Alors maintenant, je vais vous montrer comment vous en servir. À moins que… est-ce qu’il y a des gens ici qui connaissent ça? Y a-t-il des volontaires pour en faire la démonstration? Personne? D’accord, je vais le faire moi-même alors.

C’est sûr, les gars, vous pouvez pas le faire; avec le poil, ça brise la succion pis l’air rentre sur les côtés. Ça prend une fille, pis c’est pas tout le monde qui est à l’aise avec ça. Bon, excusez-moi, maintenant je vais lever mon chandail. C’est un peu gênant, là, pour moi. Je vais vous exposer une partie flasque et molle de mon corps. D’ailleurs, je m’excuse  pour le manque d’élégance. (Je lève mon chandail jusqu’aux côtes, on voit mon abdomen sur lequel j’applique le tire-lait et j’y exerce une pression négative. Mon flanc est aspiré cycliquement.)

Voilà, vous avez compris le principe. Maintenant, quand on fait ça sur le sein, le lait est aspiré, puis il tombe dans ce récipient, et on peut ensuite le verser dans des biberons. (Je démonte le tire-lait et y visse un goulot à essence, puis je mime de verser dans le biberon). Ensuite, vous pouvez y mettre la tétine ou le bouchon si ce n’est pas pour consommation immédiate. (Je visse un bouchon d’essence sur le biberon.)

Bon, encore plus simple et entièrement gratuit, vous pourriez tout aussi bien vous extraire vous-même votre lait avec les doigts. Je vais vous faire une démonstration – j’espère que personne ne pense que je vais le faire pour vrai, là, hein? (Je prend un ipad et y diffuse cet extrait vidéo, de 1:54 à 2:40, en le tenant face au public, devant ma poitrine. Mes mains sont cachées derrière l’écran, je positionne mes poignets de manière à faire un avec la personne à l’écran qui se tire du lait en gros plan.)

Si vous allaitez et que vous vous sentez prêtes pour retourner sur le marché du travail, vous pourriez postuler chez Lacto-Canada, ils vont vous envoyer un vidéo d’auto-formation. Je vous en montre un extrait, tiens. (je diffuse sur grand écran le film « Tirer le lait » de Catherine et Philippe Minot de 7:20 à 9:14 où l’utilisation de tire-lait électrique simple ou double est démontré.)

Pour commémorer tout ça, je vais vous servir du Chocolacto canadien. (Je vais chercher un des « biderons » de l’installation, bidon rouge affublé d’une tétine.) Il faut que vous sachiez que le Chocolacto provient d’un concurrent. C’est la compagnie Pétrolait qui fait ça. Elle est basée en Gaspésie, donc on peut quand même en être fier. Par contre, il faut le dire, elle verse un petit peu dans le pétrole. Donc, c’est une compagnie pétrolaitière, elle mélange le lait au pétrole. C’est d’ailleurs ça qui donne une belle petite couleur chocolatée à ses produits.

Bon, je vous vois tout de suite monter sur vos grands chevaux, là. Mais écoutez, premièrement, le pétrole canadien, c’est du pétrole ÉTHIQUE. Deuxièmement, ça vient pas des sables bitumineux, c’est du pétrole QUÉBÉCOIS. Pis troisièmement, c’est pas du pétrole de schiste non plus, c’est du pétrole CONVENTIONNEL. C’est vrai, en Gaspésie, ils ne fracturent pas, non, ils font juste casser de la roche-mère pour en extraire les fluides. De toute façon, vous êtes familiers avec ça, vous, maintenant, extraire les fluides d’une mère, non?

Maintenant que vous êtes bien informés qu’il y a un petit peu de pétrole éthique gaspésien dans le Chocolacto, je vais vous lire les mises en garde générales en lien avec les hydrocarbures, mais prenez pas la peine de m’écouter. Vous pouvez faire d’autres choses en attendant, c’est vraiment rien de nouveau. Vous pourrez vérifier en rentrant chez vous tantôt, c’est la même affaire partout sur ces bidons-là. (Je fais la lecture des nombreux avertissements inscrits sur le bidon.)

OK, c’est fini. Maintenant, qui en veut?  ( Je visse le long goulot jaune au bideron et verse du lait au chocolat à l’assistance). »

À votre santé!

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