Marianne Papillon et Daniel Bourgault présentent l’exposition Trajectoires pétrolières à l’UQAR

TPII_810x500

Extrait d’une vidéo d’art simulant une dispersion de polluant dans le Saint-Laurent, « Trajectoires pétrolières », Papillon Bourgault 2015

 

Rimouski, le 29 septembre 2017  – La Galerie d’art Mouvement Desjardins de l’UQAR présente, du 11 au 26 octobre, l’exposition Trajectoires pétrolières de l’artiste Marianne Papillon et du professeur en océanographie Daniel Bourgault.

Cette exposition fait suite à la résidence de création Projet Rioux, qui a eu lieu au Parc national du Bic à l’été 2015. L’installation multimédia qui a été créée propose une interprétation artistique de résultats scientifiques portant sur la dispersion de polluants, le trafic de navires-citernes et la pollution sonore sous-marine.

« Située à mi-chemin entre la subjectivité artistique et l’objectivité scientifique, l’œuvre aborde les questions d’habitat et de voie de passage, mariant de façon étonnante la sensibilité humaine à l’impassibilité des faits. Il s’agit d’une occasion d’apprécier la beauté et la volupté des écoulements turbulents océaniques, ce que la transmission conventionnelle des connaissances scientifiques ne permet normalement pas », explique le professeur Bourgault, dont la recherche sur la dispersion de polluants à Old Harry a été retenue par le magazine Québec Science comme l’une des dix découvertes de l’année en 2014.

Trajectoires pétrolières prend la forme d’une murale de fils tendus qui illustrent le passage de milliers de pétroliers dans le golfe, tandis que d’envoûtants vidéos d’art simulent la dispersion de fuites de pétrole en provenance du fond marin. « C’est une occasion unique de voir l’imperceptible : le risque! Celui d’une marée noire au Québec », indique l’artiste Marianne Papillon, dont la présence est rendue possible grâce à Québec Océan et au Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine. On peut voir un aperçu de l’installation multimédia ici.

L’exposition Trajectoires pétrolières est présentée du 11 au 26 octobre à la Galerie d’art Mouvement Desjardins de l’Université du Québec à Rimouski. Le vernissage aura lieu le mercredi 11 octobre à 17 h. Une boisson thématique sera offerte en présence du duo d’exposants et une performance artistique sera livrée pour l’occasion. La galerie d’art est ouverte tous les jours de 9 h à 21 h.

QuébecOcéan

UQAR

Arim-Fonds-7po

 

-30-

Source : Jean-François Bouchard, Service des communications, 418 723-1986, poste 1426

Publicités

Une auto sur un bateau

Après avoir analysé l’accès à la mesure de gratuité des véhicules électriques sur les traversiers du Québec, nous nous demandons maintenant si elle est bénéfique sur le plan environnemental. Plusieurs éléments doivent être pris en compte pour y répondre.

  • VE_aqua2Premièrement, comparativement à un véhicule à essence, le véhicule électrique (VÉ) n’émet pas de pollution atmosphérique à son utilisation s’il est alimenté par une source renouvelable d’électricité (et en passant, un VÉ alimenté par l’électricité de la centrale actuelle de Cap-aux-Meules serait un peu moins polluant que la plupart des voitures à essence, plus d’info ici.) De plus, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de la voiture, même si la fabrication de sa batterie implique une empreinte supplémentaire par rapport à la fabrication d’une voiture à combustion, elle émettra moins de GES au final (source). Ainsi, toute mesure qui encourage la conversion au transport électrique est globalement bénéfique;
  • Ceci étant dit, cette traverse que l’on vous incite à prendre, était-elle bien déjà sur votre chemin ou auriez-vous plutôt pris spontanément un autre chemin, plus court? J’entends déjà les Madelinots rigoler: « Il n’y a PAS d’autre voie que le traversier, chère! » Oui, mais je ne parle pas de la traverse interprovinciale les Îles-IPÉ malheureusement non admissible à la gratuité, mais de celles applicables dans le reste du Québec. Autrement dit, pour vous rendre en VÉ chez votre beau-frère à Verdun, seriez-vous vraiment passé par le traversier de Québec-Lévy ou auriez-vous pris un chemin plus direct, n’eût été de cet incitatif?
  • Auriez-vous de toute façon pris votre char ou cette gratuité vient-elle tenter le diable? Ouf, ce point est très important en regard de la traverse gratuite Cap-aux-Meules-Île d’Entrée!! Votre bâton de marche est pas mal moins énergivore qu’une voiture électrique sur un bateau…
  • Les VÉ sont lourds! La pile contribue à leur poids. Donc, pour le moteur du bateau, les VÉ sont plus énergivores qu’un véhicule à essence de taille équivalente. Vaut quand même largement mieux un VÉ sur un bateau qu’un campeur ou un VUS de 4500 lbs!
  • Le transport maritime est plus écoénergétique que le transport routier… lorsque celui-ci est à combustion. La logique ne s’applique plus lorsqu’il s’agit de transport routier électrique alimenté par de l’électricité de source renouvelable.
  • Ce traversier, est-il propulsé lui-même par une énergie propre et renouvelable? S’agit-il d’un traversier électrique ou propulsé au biogaz? Jusqu’à nouvel ordre, ceux des Îles de la Madeleine sont encore au diesel. Sachez, toutefois, que celui de l’Isle verte est hybride (diesel-électrique) et que celui de Matane-Baie-Comeau-Godbout « fonctionne parfois » au GNL, ce dernier émettant 25% de moins de gaz à effet de serre que les traversiers conventionnels (oui, mais ce gaz dit « naturel » liquéfié, provient-il bien de biogaz (amour!) ou de gaz de schiste (horreur!)? Rien n’est simple… Qui dit « diminution de GES à la consommation » ne dit pas nécessairement « moins d’impacts écologiques ».)
ICS-Suntainable-shipping-environmental_MP

Comparaison des émissions de CO2 selon différents modes de transport (source: http://www.safety4sea.com/ics-call-for-sustainable-regulation/)

Pour un choix écologique, préférez :

  • le transport actif (marche ou vélo). De ce point de vue, la traverse gratuite pour l’Île d’Entrée est un non-sens écologique puisque la balade s’y fait traditionnellement en bottes de marche!
  • le transport en commun (autobus ou covoiturage);
  • le véhicule le moins lourd (vous pouvez vérifier la donnée PVNB sur l’étiquette de vos véhicules);
  • le véhicule qui consomme le moins d’énergie et l’énergie la plus propre possible;
  • le trajet le plus court. Inutile de rallonger le voyage pour prendre une petite traverse, on n’y gagne pas au change;
  • l’écoconduite; respectez les limites de vitesse (oui, ce sera un peu plus long, mais vachement plus sécuritaire, économique et écologique), accélérez doucement, entretenez votre véhicule (filtre à air, pression d’air adéquate dans les pneus, etc. – ohlala, je pense que mon père serait drôlement fier de lire ça.)

 

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Quoiqu’il en soit, une voiture électrique est moins polluante qu’une voiture à essence et un navire est généralement plus écoénergétique qu’une voiture à essence. Et côté pollution… vaudra quand même toujours mieux prendre votre véhicule à essence que vos air miles, incitatifs ou pas!

« Traversier gratuit » pour les nuls*

Le gouvernement du Québec vient d’accorder la gratuité aux véhicules électriques sur les traversiers ainsi que sur les ponts à péage des autoroutes 25 et 30.

Mais attention, ce n’est gratuit que pour le véhicule (le conducteur et les passagers doivent encore payer). Même principe que pour les vélos, donc. Voilà un agréable bonus pour ceux qui font un choix écologique!

…Combien d’entre vous, en apprenant cette nouvelle, avez pensé – comme moi – que les autos électriques pourraient dorénavant emprunter gratuitement le traversier pour se rendre aux Îles de la Madeleine?

Ivan Quinn, le traversier desservant l'Île d'Entrée. (crédit image: MPapillon)

Ivan Quinn, le traversier desservant l’Île d’Entrée. (crédit image: MPapillon)

Eh non, détrompons-nous, il n’y a aucun rabais pour venir aux Îles! Seuls les traversiers de la Société de traversier du Québec sont soumis à cette mesure. La traversée IPÉ-Îles étant interprovinciale, celle-ci ne s’applique pas. Ainsi donc… seule la balade de notre char électrique vers l’Île d’Entrée est gratuite! Plusieurs propriétaires de tels véhicules se voyaient déjà venir aux Îles de la Madeleine l’été prochain en raison de ce présumé incitatif, mais, hélas, maintenant que lumière est faite, ils en sont à réévaluer leurs plans de vacances!

 

Pour un réel incitatif au transport électrique

Évidemment, cette mesure en est une parmi plusieurs. Qu’on se le dise, l’électrification des transports commence d’abord par l’accès à ces véhicules sur le marché (à quand des autos électriques chez nos concessionnaires de l’archipel?) et par l’accès à la recharge publique (quoiqu’à ce sujet, tout le monde peut se charger à domicile la nuit sur une prise ordinaire et il y en aura bien un ou deux pour nous doter d’autres borne publiques sous peu). Mais encore.

Voici quelques éléments supplémentaires qui devraient alimenter la réflexion sur cette mesure de « gratuité » sur les traversiers:

Traverse du véhicule seulement: Véhicule à combustion Véhicule électrique
Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola 4,75$ gratuit
Québec–Lévis 4,75$ gratuit
Matane–Baie-Comeau–Godbout 47,50$ gratuit
Autoroute 25 3,16$ gratuit
Autoroute 30 2,40$ gratuit
Cap-aux-Meules-Îles d’Entrée 42$ gratuit
Montréal-Les Îles ou Les Îles-Montréal 305 $ 305 $
Montréal-Chandler ou Chandler-Montréal 210 $ 210 $
Chandler-Les Îles ou Les Îles-Chandler 163 $ 163 $
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) basse saison 66,50$ 66,50$
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) haute saison 94,50$ 94,50$
Pont de la confédération (ÎPÉ-NB) 46$ 46$

Avez-vous trouvé l’erreur? La véiste néo-madelinienne que je suis ne peut s’empêcher de quémander un rabais d’au moins 47,50$ pour la traverse Souris-Cap-aux-Meules et de minimalement 3,16$ pour le pont de l’ÎPÉ. Qui dit mieux?

Il serait souhaitable que ces nouveaux incitatifs s’adaptent au caractère insulaire des populations liées par traversier et qu’ils s’appliquent aux liaisons interprovinciales reliant l’archipel madelinien au Québec continental en passant par l’ÎPÉ et le NB.

À propos, des discussions sont en cours sur l’IPÉ pour que le péage du pont soit aboli. II faudrait à tout le moins qu’au terme de cette démarche, il soit gratuit pour les véhicules électriques. Le transport électrique sur l’ÎPÉ est croissant et il serait aussi logique que les autorités de cette province l’encouragent.

Au fait, le ministère du transport du Québec a-t-il l’intention de continuer à ne rembourser à 30% que la forme de transport la plus polluante (avion) ou s’il commencera à s’engager à soutenir les autres formes de transport émettant beaucoup moins de GES?**

Enfin, en toute logique, des incitatifs devraient aussi s’appliquer à la liaison interne provinciale Montréal-Chandler-Les Îles, non?

Pour d’autres points de vue sur la question… consulter Le Radar de cette semaine!

 

* Pour les nuls réfère à la collection du même nom dont les bouquins visent à répondre aux questions des utilisateurs peu expérimentés.

** Lors de notre prochain billet, nous évaluerons si l’incitatif à prendre le traversier en auto électrique est une bonne idée d’un point de vue écologique. Et pour ceux qui se demandent si le transport électrique aux Îles est écologique compte tenu de la centrale au mazout, consultez cet ancien billet.

TRAJECTOIRES PÉTROLIÈRES : arts et sciences se rencontrent

L’artiste des Îles-de-la-Madeleine Marianne Papillon et l’océanographe de l’UQAR/ISMER Daniel Bourgault présenteront Trajectoires pétrolières dans le cadre des résidences d’artistes Projet Rioux. Cette collaboration inédite aura lieu la semaine prochaine au Parc du Bic dans le cadre de la programmation 2015 de Arte Tracto, laquelle s’articule principalement autour du Saint-Laurent sous la thématique Imaginer le territoire.

Le duo Bourgault et Papillon proposera une interprétation en art numérique et fils tendus de résultats scientifiques relatifs au trafic de navires-citernes et à la dispersion de polluants dans les eaux du Saint-Laurent. Ces installations multidisciplinaires traitant de l’univers pétrolier maritime auront cette particularité de se situer à mi-chemin entre la subjectivité de l’artiste et l’objectivité du scientifique.

© Papillon-Bougault 2015 (suite…)

LAIT sur le fleuve et sécurité : des ministères fédéraux se contredisent

Pour répondre aux inquiétudes dans la population, Transports Canada affirme que la préparation à d’éventuels déversements laitiers sera améliorée entre Montréal et l’île d’Anticosti. Mais la Garde côtière fait circuler une information différente.

« Sécurité de classe maternelle », c’est le nom qu’a donné le gouvernement fédéral à sa nouvelle approche. Il s’agit de mieux planifier les interventions en collaboration avec les gouvernements provinciaux, les collectivités locales, les groupes de mères et les banques de lait maternel. Ottawa répond ainsi aux recommandations de son comité d’experts qui l’avait critiqué, il y a quelques mois, pour avoir un seul et unique modèle de préparation, quelle que soit le type de liquide.

Le 28 mai, lors d’un colloque qui réunissait des élus municipaux, des industriels, des lobbyistes pro-allaitement et des fonctionnaires provinciaux et fédéraux, un représentant de la Garde côtière canadienne a annoncé aux personnes présentes, document à l’appui, que la partie du fleuve entre Québec et l’île d’Anticosti a été désignée comme une des quatre régions du projet pilote.

Le chef adjoint du Parti Blanc du Canada, Daniel White, qui se trouvait dans la salle, est ressorti très étonné : « la zone entre Valleyfield et Québec est autant, sinon plus, à risque que Québec-Anticosti. Et qu’en est-il du reste du Golfe? On sait pourtant que les mammifères marins y séjournant sont déjà très sensibles au lait. Du lait humain pour les bébés humains, du lait de béluga pour les bébés bélugas; c’est le meilleur moyen d’éviter l’extinction de l’espèce».

Il s’appuie sur une étude réalisée par la firme Lactovar à la demande d’Ottawa, en 2013. Elle concluait que l’indice de risque de déversements laitiers était « très élevé » (en rouge sur la carte) tout le long du fleuve et tout autour du golfe du Saint-Laurent.

Sécurité de classe maternelle

Le corridor fluvial entre Montréal et Québec doit connaître une intensification des déplacements de navires à compter des prochaines semaines. L’inversement du flux de la ligne 32B du pipeline d’EnBra permettra d’acheminer dans la métropole jusqu’à 300 000 barils de lait maternel par jour issu des banques de donneuses de l’Ouest.

Une partie de ce lait sera chargé sur des navires taille « Max » qui feront la navette vers les usines de stérilisation de Lévis, à raison de deux ou trois voyages par semaine. Et c’est sans compter les déplacements de navires-laitiers de Lacto-Canada au site d’entreposage de Kid-Lait à Sorel-Tracy.

 

Adaptation libre d’un extrait du texte «Pétrole sur le fleuve et sécurité : des ministères fédéraux se contredisent», de Thomas Gerbet sur Radio-Canada, 11 juin 2015.

LACTO-CANADA cesse temporairement d’envoyer son lait à Sorel-Tracy

 

TankerExclusifLa compagnie Lacto-Canada cesse temporairement d’envoyer son lait des banques maternelles albertaines au terminal de Kid-Lait à Sorel-Tracy. C’est le faible prix de vente du baril de lait qui serait en cause.

Les convois de trains et le remplissage de navires chez Kid-Lait vont donc cesser pour un temps indéterminé. Par voie de communiqué, Lacto-Canada a expliqué agir ainsi en raison des marchés. « Toutes les expéditions de Lacto-Canada dépendent des conditions des marchés, que ce soit pour des facteurs comme l’offre et la demande, les écarts de prix entre le tarif des mères canadiennes et celles à l’international ou les coûts des compresses d’allaitement, qui changent fréquemment », a affirmé le conseiller aux communications pour Lacto-Canada. Le prix du baril de lait maternel a atteint son niveau le plus bas depuis plusieurs années et il pourrait continuer de glisser.

La nouvelle de cet arrêt temporaire devrait ravir les opposants à l’exportation de lait maternel, notamment le groupe Allaite Rive-Sud. Jusqu’à présent, Lacto-Canada a chargé deux superlaitiers, taille aframax (44 mètres de large) à destination de l’Europe et du golfe du Mexique.

Selon Jacques, un spécialiste en finances à l’Université de Mononc, il en coûte 10$ par baril pour faire venir le lait albertain par train jusqu’à Sorel-Tracy, en plus des 3$ par baril pour son transport par navire jusqu’à une usine étrangère de stérilisation et d’emballage. Le coût de production du lait maternel est vraiment très faible, mais le profit dégagé dans les circonstances est considéré insuffisant.

 

Adaptation libre du texte de Thomas Gerbet à Radio-Canada «Suncor cesse temporairement d’envoyer son pétrole de l’Ouest à Sorel-Tracy» du 6 novembre 2014.

Lire aussi: Le superlaitier MATERNA GLORIA quitte Sorel-Tracy, LAIT MATERNEL – Un navire géant arrive à Sorel-TracyLAIT MATERNEL À SOREL-TRACY – UN BAPE N’ÉTAIT PAS REQUIS POUR LA SOCIÉTÉ KID-LAIT

LAIT MATERNEL – Un navire géant arrive à Sorel-Tracy

Exclusif C’est le début d’une révolution dans le transport du lait maternel sur le fleuve Saint-Laurent. Un navire laitier géant a jeté l’ancre dimanche après-midi à Sorel-Tracy. Il vient récupérer un chargement de lait issu des banques de lait maternel de l’ouest.

Le Materna Gloria est un des plus gros navires à avoir circulé sur le Saint-Laurent entre Québec et Montréal : 250 mètres de long, 44 mètres de large (voir illustration ci-dessous). Il peut contenir des dizaines de milliers de tonnes de lait. Il y a un an encore, le fédéral interdisait des navires de plus de 32 mètres de large dans cette partie du fleuve.

schema-navire

Adaptation du schéma pétrolier de Radio-Canada

« Je n’ai jamais vu ça », s’exclame monsieur Mamelonnet, qui vit à quelques pas du quai. De son salon, il peut voir, entendre, et même sentir le navire-citerne. Avec son appareil photo, il a voulu immortaliser ce moment. Ce n’est pas le premier navire à accoster devant chez lui, mais c’est le premier de cette taille, le premier qui va récupérer du lait de l’ouest et le premier qui va circuler sur le fleuve pour exporter son lacto-chargement. Jusqu’à présent, le lait venait surtout des mères ou de la pharmacie d’à côté et n’était destiné qu’à la consommation des nourrissons à proximité. « Ça ne nous apporte rien, ça nous amène seulement le danger de polluer le fleuve », s’insurge une écologiste. « C’est un cadeau empoisonné, tout simplement ».

Apprenez-en plus sur le projet de Kid-lait àa Sorel Tracy sur http://www.kildair.com/fra/projet.html

Apprenez-en plus sur le projet de Kid-lait àa Sorel Tracy sur http://www.kildair.com/fra/projet.html

Depuis le mois de juillet, Lacto-Canada transporte son lait de l’ouest jusqu’aux réservoirs de Kid-Lait, en traversant la Montérégie. Des citoyens inquiets s’y opposent. Madame Poitras et le groupe Allaite Rive-Sud manifestaient d’ailleurs dimanche à Boucherville : « Imaginez un déversement, c’est catastrophique. Le fleuve, c’est trois millions de personnes qui s’approvisionnent en eau potable. Combien parmi eux sont intolérants au lactose? ».

Lacto-Canada

Développement durable    100% canadienne.

Dans un courriel, Lacto-Canada se fait rassurante. Elle rappelle que ses navires réfrigérants ont tous des doubles coques et elle affirme qu’ «aucune propriété du lait maternel n’augmenterait le risque pour le transport par rapport aux autres laits».

Le Canada met en place des mesures de contrôle de la qualité des navires et d’inspections parmi les plus vigilantes à l’échelle internationale. Le professeur de l’Université de Rimouski, monsieur Guy, titulaire de la chaire de recherche en transport maritime, considère que le système actuel est « sérieux », mais qu’il devrait être revu si le nombre de navires et leur taille sont en croissance. « Le risque est proportionnel au niveau d’activité. S’il y a des transformations et des augmentations de volumes transportés, il est important de s’ajuster au fur et à mesure et pas après coup. »

Le Materna Gloria quittera le quai en début de semaine. Selon nos informations, il prendra la direction du golfe du Mexique vers une usine de stérilisation en Louisiane ou au Texas. Entre 20 et 30 navires par année viendront récupérer des chargements de Lacto-Canada à Sorel-Tracy.

 

_ Adaptation libre de «Pétrole des sables bitumineux : un navire géant arrive à Sorel-Tracy», un texte de Thomas Gerbet sur Radio-Canada, le dimanche 21 septembre 2014

Récit d’une électrisante sortie à Grande-Entrée

Samedi soir, je passe chercher deux copines à 5 km de chez nous, à la Dune-du-sud, avec une quarantaine de km d’autonomie. Généralement, après une pleine charge nocturne à domicile, nous disposons de 60 km d’autonomie électrique. Ceci dépasse habituellement nos besoins de Maisonnois. Mais cet après-midi-là, avant une sortie de filles à Grande-Entrée, on avait décidé d’aller se balader en famille sur une vingtaine de km…

Nouvelle propriétaire d’une Volt, je me fais un devoir d’offrir le volant à mes compatriotes. L’une d’elles habite près de Montréal et est déjà propriétaire d’une Leaf: on n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. L’autre accepte avec empressement, elle veut justement se procurer une voiture électrique bientôt.

Grand départ. Direction: Grande-Entrée. Distance : 45 km. Autonomie restante : 39km.

« Ah! il va falloir faire les derniers km sur le gaz…» C’est pas grave, on roulera pas trop vite, on s’en sortira peut-être. Pendant la route, les trois filles jasent de char. Il faut savoir que notre fille de la ville est sur le conseil d’administration de l’AVÉQ et qu’elle est la déléguée aux représentants régionaux, tandis que je suis moi-même représentante de la région Gaspésie-les-Îles. Catherine nous parle de ses expériences urbaines, de la fois où ils ont battu un record du monde, des projets à venir sur la grand’terre en électrification des transports. En expliquant à Brigitte, future propriétaire de VÉ, comment fonctionne l’application plugshare, on découvre qu’il y a un 2e accès à la recharge aux Îles-de-la-Madeleine!

On arrive à Grande-Entrée: il reste 1 km d’autonomie pour se rendre à la borne. Brigitte conduit lentement, se fait dépasser sans honte dans le village, question d’allonger ses derniers instants sur la batterie. On aperçoit l’entrée de l’auberge de la Salicorne juste au moment où, sur le tableau de bord, l’icône de pompe à essence remplace celui de la batterie. «Les filles, ça y est, on est au gaz.» N’eut été de ma remarque, elles ne s’en seraient probablement pas rendu compte. Le moteur de la Volt étant électrique, il ne fait à peu près pas de bruit, qu’il soit alimenté à partir de la batterie ou bien à partir de la petite génératrice à essence. Bref, la transition se fait sans grand traumatisme pour notre vénérable conductrice.

Électrique

Borne de recharge gratuite à l’auberge la Salicorne, Grande-Entrée. (Crédit photo: Catherine Giroul)

Arrivées à la Salicorne, une voiture est déjà sur place. Pas de problème, c’est une auto à essence qui s’est garée devant la borne par mégarde, mais le fil est bien assez long! On se branche avec grande excitation: on pense bien être les premières à le faire… Oui, les gens de la place nous le confirment, on immortalise ça! Bon, maintenant, il faut se rendre au Bistro Plongée Alpha, nous y avons un goûter- conférence. Comme prévu, une amie de Grande-Entrée vient nous chercher pendant la recharge et elle nous accompagne à cette magnifique soirée, à 3 km de là.

Mario Cyr nous partage sa riche expérience de plongeur caméraman pendant qu’on mange un délicieux repas de la mer. Une conférence fort intéressante sur les apnéistes, les tournages de plusieurs documentaires sous-marins, le Grand Nord, l’expédition du Sedna IV et quelques accidents de plongée. On commémore le tout par une photo officielle où, à défaut de faire le célèbre « nob », on lève le pouce!

GEélectrique

Trois auditrices « branchées » à la conférence de Mario Cyr, Bistro Plongée Alpha. (Crédit photo: Luc Miousse)

La soirée terminée, notre amie nous dépose à la station de recharge. Surprise: la recharge est complète à 62 km en à peine trois heures trente! Efficace, la borne de 240V de la Salicorne! Je reprends le volant pour la conduite du soir avec, évidemment, les phares allumés. Malgré ma vitesse de conduite modérée, j’arrive à la maison avec seulement 4 km d’autonomie sur ma batterie. On a consommé au retour l’équivalent de 58 km pour une distance de 51 km. On n’avait dépensé que 46 km à l’aller! Aurais-je le pied pas mal plus pesant que notre chauffeuse d’un soir ou serait-ce l’impact des phares?

Faut croire que le vent soufflait pas du bon bord au retour!

 

Quelques constats:

– la Volt répond à nos besoins aux Îles

– la borne de la Salicorne fonctionne très bien

– le vent fait varier la consommation (comme pour les véhicules à essence!)

– il y aura de plus en plus de bornes et de VÉ aux Îles bientôt!

– on entend souvent parler de l’anxiété d’autonomie en auto électrique… Détrompez-vous, en Volt, c’est l’anxiété de retourner à l’essence après avoir roulé 60 km sans en consommer une goutte qui vous attend!

 

Pour ceux qui s’interroge la source d’électricité au Îles et les bénéfices possibles du transport électrique sur l’archipel, visitez https://mpapillon.wordpress.com/2013/10/07/recharger-sa-batterie-aux-iles-de-la-madeleine/

À vos marques, prêts? Branchés!

Recharger sa batterie aux Îles-de-la-Madeleine… est-ce possible? Eh bien oui! Une borne de recharge publique et gratuite est en fonction sur l’archipel depuis le 31 juillet 2014. Ci-bas le communiqué officiel à cet effet.

VEGrande-Entrée, le 7 du mois de août 2014 – L’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ), en collaboration avec l’auberge la Salicorne et Attention FragÎles est heureuse d’annoncer qu’une borne de recharge pour véhicule électrique est maintenant accessible au public dans l’Est de l’archipel madelinot.

Depuis quelques années, les Îles-de-la-Madeleine étaient déjà l’hôte de véhicules électriques et de bornes de recharge réservés aux employés d’une institution publique. Il s’agit maintenant d’une borne de recharge pour véhicule électrique accessible aux résidents et aux visiteurs des Îles-de-la-Madeleine.

La plupart des déplacements quotidiens habituels en véhicule électrique peuvent être effectués grâce à une seule recharge nocturne à domicile. Cependant, quand il s’agit de parcourir l’archipel d’un bout à l’autre, la recharge d’appoint peut être requise, d’où la pertinence d’installer une borne à une extrémité. Aussi, les visiteurs planifiant un voyage en véhicule électrique sur l’archipel auront besoin d’un accès à la recharge, idéalement sur un lieu d’hébergement.

Ainsi, la Salicorne est fière d’offrir un service de recharge gratuite aux utilisateurs de véhicules électriques via une borne CS40 de 30 ampères du réseau Éco Route Québec. Les notions de développement durable et de tourisme électrique collent aux valeurs de ce lieu d’hébergement et d’escapades. « La recharge implique que les utilisateurs de véhicules électriques doivent demeurer sur place pendant quelques heures. Un site comme celui de la Salicorne est donc un lieu de prédilection pour offrir restauration et divertissement à cette clientèle » commente Marianne Papillon, représentante régionale de l’AVÉQ.

Selon Pier-Olivier Fortin, directeur par intérim de l’organisme Attention FragÎles, cette démarche est de très bonne augure pour l’environnement des Îles : «Afin de bien profiter de notre magnifique archipel, nos visiteurs ont inévitablement besoin de se déplacer sur des distances considérables. Améliorer l’accès à des recharges pour véhicules électriques est une excellente nouvelle et Attention FragÎles est honoré de s’associer à la démarche ».

L’archipel est maintenant connecté à la grande communauté du transport électrique, comme en témoigne la carte de bornes disponible sur www.plugshare.com. Des rencontres avec les acteurs locaux, des séances d’information et des essais routiers devraient suivre au courant de l’année.

– 30 –

L’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ) est un organisme indépendant qui repose sur la conscience sociale de ses membres bénévoles. L’AVÉQ a pour mission d’informer et d’éduquer les propriétaires et futurs acheteurs de véhicule électrique, d’améliorer les infrastructures de recharge québécoise et de promouvoir le tourisme électrique. Pour plus d’informations, visitez http://www.aveq.ca.

La Salicorne offre des séjours d’exception aux Îles-de-la-Madeleine. Située dans le village coloré de la Grande-Entrée, la Salicorne offre des services d’hébergement, de restauration ainsi que diverses activités nautiques et culturelles. Entreprise d’économie sociale, la Salicorne intervient dans une vision de tourisme durable qui combine la protection de son milieu, le développement et la création d’emplois.

Attention FragÎles est un organisme de bienfaisance à but non lucratif issu d’un mouvement citoyen et créé en 1988. Par sa mission, il contribue à la responsabilisation environnementale de la population, des acteurs du développement et des visiteurs des Îles-de-la-Madeleine en réalisant, en soutenant ou en encourageant des comportements respectueux de l’environnement. Sa vision : rallier la population des Îles-de-la-Madeleine à l’objectif de garantir la qualité et la pérennité de l’environnement naturel madelinot, prémisses d’un milieu de vie de qualité.

Source:

  • Marianne papillon, Représentante régionale Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine de l’AVÉQ, marianne@aveq.ca
  • Robert St-Onge, Directeur, La Salicorne, 377, Route 199 Grande-Entrée, Québec, info@salicorne.ca
  • Pier-Olivier Fortin, Directeur par interim, Attention FragÎles, action@attentionfragiles.org

Des tuyaux et des bateaux

Combien de barils de pétrole chemineraient sur le Saint-Laurent si les projets de pipelines transcanadiens et de forages québécois voyaient le jour? D’après vous, plus ou moins de transport de produits dangereux sur le Golfe si ces projets se concrétisaient? Débutons par un bref rappel de la situation actuelle du transport pétrolier par bateau. Examinons ensuite les données de base des différents projets de forages et d’oléoducs. Puis terminons en imaginant l’impact de ces différents scénarios sur le transport maritime.

Rappel : Dans le billet « combien de pétrole SUR le golfe?« , on avait évalué qu’un pétrolier moyen contenait 1 million de barils de pétrole et que l’équivalent de 262* pétroliers/an voyageraient actuellement sur le golfe du Saint-Laurent, impliquant possiblement 750 mouvements de navires-citernes. La capacité d’intervention de la garde côtière ne serait quant à elle que de 15 000 t, soit 10% d’un seul pétrolier.

Old Harry : Potentiel total envisagé (non prouvé) = 5 milliards de barils. Taux moyen d’extraction en mer 35% = 1,75 milliard de barils = 1750 pétroliers. Extraction échelonnée sur 20 ans = 87 pétroliers par année.

Anticosti : On évoque un potentiel non prouvé de 35 milliards de barils, à un taux d’extraction de 2%, équivalent à 700 millions de barils en 20 ans, soit 35 pétroliers par an.

Gaspésie: Le potentiel est estimé de façon imprécise à environ 10 millions de barils récupérables. Sur 20 ans, cela représente moins de 1 pétrolier par an, et ce pétrole pourrait d’ailleurs bien être transporté par voie terrestre.

Inversion du pipeline d’Enbridge : Cette inversion permettrait l’arrivée au Québec de 300 000 barils/jour de pétrole de l’Ouest, éliminant du même coup cette voie d’exportation des produits raffinés vers l’Ontario. Ainsi, ce sont 109 500 000 barils/an de produits raffinée qui ne seront plus exportables par voie terrestre, correspondant à une possibilité de 109 pétroliers de plus.

Projet Oléoduc Énergie Est de Transcanada: 1,1 millions de barils/jour provenant de l’Ouest seront exportés du Québec par voie maritime à Cacouna et par voie terrestre au Témiscouata vers le Nouveau-Brunswick. Dans quelle proportion? Cette donnée est inconnue actuellement. Pour l’exercice, admettons que la moitié irait à Cacouna, alors 550 000 barils/jour ou 200 750 000 barils/an de pétrole seraient ainsi exportés via le Saint-Laurent, correspondant au contenu de 200 pétroliers. Par contre, si par exemple seulement le quart du pétrole en provenance de l’Ouest étaient exporté à partir de Cacouna, le 3/4 restant allant au NB, cela correspondrait plutôt au contenu de 100 pétroliers par année voués à l’exportation.

Attention, le pétrole lourd provenant de l’Ouest, mélangé à des sédiments et des vagues, pourrait bien couler au fond de l’eau plutôt que de flotter à sa surface, complexifiant d’autant plus sa récupération. De plus, le pétrole lourd est habituellement mélangé à des liquides augmentant sa fluidité pour faciliter son long voyage dans les pipelines. Qu’en est-il de la toxicité de ces solvants en cas de déversement en mer?

Maintenant, laissons aller notre imagination :

olait-oduc

« Propagande pétrolaitière », par Marianne Papillon, tiré de l’exposition Exploration mammaire et pétrolière, Musée Acadien de Bonaventure, automne 2013.

Supposons que le projet d’inversion de pipeline d’Enbridge a le feu vert, les importations via le Saint-Laurent sont vraisemblablement réduites d’autant (109 pétroliers de moins). Le Québec conserverait tout de même des importations et les exportations maritimes actuelles seraient maintenues. Par contre, les exportations actuelles de produits raffinés par voie terrestre via le pipeline d’Enbridge devenu inversé cesseraient, se convertissant probablement en exportation par voie maritime (109 de plus). Les provinces maritimes pourrait peut-être s’abreuver à même ces exportations du Québec, du moins en partie. Accordons-leur une généreuse réduction de 50% de leur nombre de pétroliers dans le golfe, passant de 95 à 47 pétroliers. Légère diminution à 215 pétroliers.

Imaginons maintenant que le Projet Oléoduc Énergie Est de Transcanada voit le jour, s’ajouterait alors de nouvelles exportations à partir de Cacouna (entre 100 et 200 pétroliers) aux 262 actuels – ou encore aux 215 dans le meilleur des cas ou aux 349 dans le pire des cas – amenant le décompte entre 315 à 549 pétroliers sur le Saint-Laurent.

Ça y est, on réussit à extraire le pétrole de schiste de la Gaspésie et d’Anticosti à coup de fracturation et on remplit 35 pétroliers par an.  Le traitement des eaux de fracturation amènera-t-il une augmentation du trafic de produits dangereux sur le golfe? Probablement pas, la technique de fracturation au gaz étant pour l’instant envisagée, mais le questionnement demeure. On se lance dans l’exploitation d’Old Harry, à raison de 87 pétroliers par an. Est-ce que ces barils de pétrole brut pourront permettre de réduire nos importations d’autant? Non, avec les pipelines d’Enbridge et de Transcanada, nous en avons déjà plus qu’il nous en faut, et plus que nos raffineries peuvent en traiter. Une production équivalant à 122 pétroliers pour exportation s’ajoute ainsi aux navires déjà présents, 437 à 671 pétroliers par an sur le golfe.

Par contre, en l’absence de l’arrivée du pétrole de l’Ouest, oui, la production québécoise de pétrole pourrait réduire d’autant ses importations. Mais les barils provenant d’Anticosti ou de Old Harry navigueraient tout de même sur le golfe, ce serait donc théoriquement le statu quo. On retranchera bien quelques kilomètres à l’itinéraire de ces navires, par contre les manoeuvres de transbordement de pétrole en pleine mer sont plus risquées que son simple transport. Il est aussi possible qu’une partie du brut québécois quitterait le Saint-Laurent pour gagner le marché international, auquel cas des importations demeureraient nécessaires. Combien? Aucune idée. Dans le cas où tous les barils québécois nous échapperaient, ce serait alors entre 302 à 349 pétroliers qui transiteraient par le golfe annuellement. Évidemment, si en plus on tient compte du fait que le Projet Oléoduc Énergie Est permettrait l’ajout de 100 à 200 pétroliers pour exportation, on en arrive alors à 402 à 549 pétroliers.

Voici maintenant le scénario qu’on espère impossible : nos raffineries ne seraient pas en mesure de traiter le pétrole lourd acheminé par pipeline en raison de limites techniques, on doit donc continuer d’importer du pétrole léger de l’étranger : 262 actuels + 109 Enbridge + 100 à 200 Cacouna= 471 à 571 pétroliers. Et les maritimes ne veulent pas de notre pétrole puisqu’ils en reçoivent abondamment de l’Ouest. Ils s’abreuvent d’ailleurs davantage par voie terrestre que voie maritime, mais pas l’IPÉ. On en retranche une cinquantaine, 421-521. Ô miracle, on trouve du pétrole à Old Harry et à Anticosti, leurs 122 pétroliers nous abreuvent. Bien : Statu quo à 421-521 pétroliers sur le golfe. Ô misère, les barils d’Old Harry et d’Anticosti sont exportés aux mains de plus preneurs (tiens, côte Est américaine, par exemple…).  Le transport de toutes ces exportations s’ajoutent ainsi à celui de nos importations : 543 à 643 pétroliers au lieu des actuels 262.

Maintenant, imaginons un instant que les 4 autres provinces du golfe se disent: « Hey, nous aussi on veut notre part du gâteau, on fore offshore comme les autres! » Bon, ça suffit, assez extrapolé pour aujourd’hui.

Que retenir de ces multiples scénarios? Qu’en cumulant les projets de pipelines et de forages, la quantité de produits pétroliers à transporter sur le Saint-Laurent pourrait augmenter du double. Cette importante croissance s’accompagnerait-elle d’une augmentation de la capacité d’intervention en cas de déversement? Le cas du développement rapide du transport ferroviaire de pétrole et de son impact sur la sécurité civile et l’environnement n’a rien pour nous rassurer. Et que penser du fait qu’avant même que ces projets ne se réalisent, il y aurait déjà l’équivalent de 262 pétroliers annuellement sur le golfe, avec un capacité d’intervention de la garde côtière sur seulement 10% de la cargaison d’un seul de ces pétroliers? N’est-il pas urgent de réduire notre dépendance aux hydrocarbures?

AVIS AUX LECTEURS: Cette analyse cible les risques associés au transport maritime et ne tient pas compte des gaz à effet de serre générés dans différents scénarios. Toutes questions, corrections ou informations complémentaires sont les bienvenues!

* : Ces données ont été extrapolées au meilleur de ma compréhension avant la sortie des rapports sur le transport maritime de Transport Canada et de Genivar, me basant sur des données qui étaient alors accessibles sur le web. Ce rapport estime cependant que le tonnage circulant déjà dans l’Estuaire et le Golfe serait de 67 MT/an. J’aurais donc ici sous-évalué de moitié le transport actuel, qui serait de 489 pétroliers et non de 262. On pourrait donc imaginer un total, en cas de pipelines et de forages, d’environ 770 pétroliers (489 actuels + 109 Enbridge + 150 Cacouna – 100 Maritimes + 122 forages = 770). Cela correspondrait ainsi à une augmentation de 1,5 fois (et non du double), mais le risque n’en serait tout de même que plus grand.

%d blogueurs aiment cette page :