Marianne Papillon et Daniel Bourgault présentent l’exposition Trajectoires pétrolières à l’UQAR

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Extrait d’une vidéo d’art simulant une dispersion de polluant dans le Saint-Laurent, « Trajectoires pétrolières », Papillon Bourgault 2015

 

Rimouski, le 29 septembre 2017  – La Galerie d’art Mouvement Desjardins de l’UQAR présente, du 11 au 26 octobre, l’exposition Trajectoires pétrolières de l’artiste Marianne Papillon et du professeur en océanographie Daniel Bourgault.

Cette exposition fait suite à la résidence de création Projet Rioux, qui a eu lieu au Parc national du Bic à l’été 2015. L’installation multimédia qui a été créée propose une interprétation artistique de résultats scientifiques portant sur la dispersion de polluants, le trafic de navires-citernes et la pollution sonore sous-marine.

« Située à mi-chemin entre la subjectivité artistique et l’objectivité scientifique, l’œuvre aborde les questions d’habitat et de voie de passage, mariant de façon étonnante la sensibilité humaine à l’impassibilité des faits. Il s’agit d’une occasion d’apprécier la beauté et la volupté des écoulements turbulents océaniques, ce que la transmission conventionnelle des connaissances scientifiques ne permet normalement pas », explique le professeur Bourgault, dont la recherche sur la dispersion de polluants à Old Harry a été retenue par le magazine Québec Science comme l’une des dix découvertes de l’année en 2014.

Trajectoires pétrolières prend la forme d’une murale de fils tendus qui illustrent le passage de milliers de pétroliers dans le golfe, tandis que d’envoûtants vidéos d’art simulent la dispersion de fuites de pétrole en provenance du fond marin. « C’est une occasion unique de voir l’imperceptible : le risque! Celui d’une marée noire au Québec », indique l’artiste Marianne Papillon, dont la présence est rendue possible grâce à Québec Océan et au Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine. On peut voir un aperçu de l’installation multimédia ici.

L’exposition Trajectoires pétrolières est présentée du 11 au 26 octobre à la Galerie d’art Mouvement Desjardins de l’Université du Québec à Rimouski. Le vernissage aura lieu le mercredi 11 octobre à 17 h. Une boisson thématique sera offerte en présence du duo d’exposants et une performance artistique sera livrée pour l’occasion. La galerie d’art est ouverte tous les jours de 9 h à 21 h.

QuébecOcéan

UQAR

Arim-Fonds-7po

 

-30-

Source : Jean-François Bouchard, Service des communications, 418 723-1986, poste 1426

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Une auto sur un bateau

Après avoir analysé l’accès à la mesure de gratuité des véhicules électriques sur les traversiers du Québec, nous nous demandons maintenant si elle est bénéfique sur le plan environnemental. Plusieurs éléments doivent être pris en compte pour y répondre.

  • VE_aqua2Premièrement, comparativement à un véhicule à essence, le véhicule électrique (VÉ) n’émet pas de pollution atmosphérique à son utilisation s’il est alimenté par une source renouvelable d’électricité (et en passant, un VÉ alimenté par l’électricité de la centrale actuelle de Cap-aux-Meules serait un peu moins polluant que la plupart des voitures à essence, plus d’info ici.) De plus, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de la voiture, même si la fabrication de sa batterie implique une empreinte supplémentaire par rapport à la fabrication d’une voiture à combustion, elle émettra moins de GES au final (source). Ainsi, toute mesure qui encourage la conversion au transport électrique est globalement bénéfique;
  • Ceci étant dit, cette traverse que l’on vous incite à prendre, était-elle bien déjà sur votre chemin ou auriez-vous plutôt pris spontanément un autre chemin, plus court? J’entends déjà les Madelinots rigoler: « Il n’y a PAS d’autre voie que le traversier, chère! » Oui, mais je ne parle pas de la traverse interprovinciale les Îles-IPÉ malheureusement non admissible à la gratuité, mais de celles applicables dans le reste du Québec. Autrement dit, pour vous rendre en VÉ chez votre beau-frère à Verdun, seriez-vous vraiment passé par le traversier de Québec-Lévy ou auriez-vous pris un chemin plus direct, n’eût été de cet incitatif?
  • Auriez-vous de toute façon pris votre char ou cette gratuité vient-elle tenter le diable? Ouf, ce point est très important en regard de la traverse gratuite Cap-aux-Meules-Île d’Entrée!! Votre bâton de marche est pas mal moins énergivore qu’une voiture électrique sur un bateau…
  • Les VÉ sont lourds! La pile contribue à leur poids. Donc, pour le moteur du bateau, les VÉ sont plus énergivores qu’un véhicule à essence de taille équivalente. Vaut quand même largement mieux un VÉ sur un bateau qu’un campeur ou un VUS de 4500 lbs!
  • Le transport maritime est plus écoénergétique que le transport routier… lorsque celui-ci est à combustion. La logique ne s’applique plus lorsqu’il s’agit de transport routier électrique alimenté par de l’électricité de source renouvelable.
  • Ce traversier, est-il propulsé lui-même par une énergie propre et renouvelable? S’agit-il d’un traversier électrique ou propulsé au biogaz? Jusqu’à nouvel ordre, ceux des Îles de la Madeleine sont encore au diesel. Sachez, toutefois, que celui de l’Isle verte est hybride (diesel-électrique) et que celui de Matane-Baie-Comeau-Godbout « fonctionne parfois » au GNL, ce dernier émettant 25% de moins de gaz à effet de serre que les traversiers conventionnels (oui, mais ce gaz dit « naturel » liquéfié, provient-il bien de biogaz (amour!) ou de gaz de schiste (horreur!)? Rien n’est simple… Qui dit « diminution de GES à la consommation » ne dit pas nécessairement « moins d’impacts écologiques ».)
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Comparaison des émissions de CO2 selon différents modes de transport (source: http://www.safety4sea.com/ics-call-for-sustainable-regulation/)

Pour un choix écologique, préférez :

  • le transport actif (marche ou vélo). De ce point de vue, la traverse gratuite pour l’Île d’Entrée est un non-sens écologique puisque la balade s’y fait traditionnellement en bottes de marche!
  • le transport en commun (autobus ou covoiturage);
  • le véhicule le moins lourd (vous pouvez vérifier la donnée PVNB sur l’étiquette de vos véhicules);
  • le véhicule qui consomme le moins d’énergie et l’énergie la plus propre possible;
  • le trajet le plus court. Inutile de rallonger le voyage pour prendre une petite traverse, on n’y gagne pas au change;
  • l’écoconduite; respectez les limites de vitesse (oui, ce sera un peu plus long, mais vachement plus sécuritaire, économique et écologique), accélérez doucement, entretenez votre véhicule (filtre à air, pression d’air adéquate dans les pneus, etc. – ohlala, je pense que mon père serait drôlement fier de lire ça.)

 

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Quoiqu’il en soit, une voiture électrique est moins polluante qu’une voiture à essence et un navire est généralement plus écoénergétique qu’une voiture à essence. Et côté pollution… vaudra quand même toujours mieux prendre votre véhicule à essence que vos air miles, incitatifs ou pas!

« Traversier gratuit » pour les nuls*

Le gouvernement du Québec vient d’accorder la gratuité aux véhicules électriques sur les traversiers ainsi que sur les ponts à péage des autoroutes 25 et 30.

Mais attention, ce n’est gratuit que pour le véhicule (le conducteur et les passagers doivent encore payer). Même principe que pour les vélos, donc. Voilà un agréable bonus pour ceux qui font un choix écologique!

…Combien d’entre vous, en apprenant cette nouvelle, avez pensé – comme moi – que les autos électriques pourraient dorénavant emprunter gratuitement le traversier pour se rendre aux Îles de la Madeleine?

Ivan Quinn, le traversier desservant l'Île d'Entrée. (crédit image: MPapillon)

Ivan Quinn, le traversier desservant l’Île d’Entrée. (crédit image: MPapillon)

Eh non, détrompons-nous, il n’y a aucun rabais pour venir aux Îles! Seuls les traversiers de la Société de traversier du Québec sont soumis à cette mesure. La traversée IPÉ-Îles étant interprovinciale, celle-ci ne s’applique pas. Ainsi donc… seule la balade de notre char électrique vers l’Île d’Entrée est gratuite! Plusieurs propriétaires de tels véhicules se voyaient déjà venir aux Îles de la Madeleine l’été prochain en raison de ce présumé incitatif, mais, hélas, maintenant que lumière est faite, ils en sont à réévaluer leurs plans de vacances!

 

Pour un réel incitatif au transport électrique

Évidemment, cette mesure en est une parmi plusieurs. Qu’on se le dise, l’électrification des transports commence d’abord par l’accès à ces véhicules sur le marché (à quand des autos électriques chez nos concessionnaires de l’archipel?) et par l’accès à la recharge publique (quoiqu’à ce sujet, tout le monde peut se charger à domicile la nuit sur une prise ordinaire et il y en aura bien un ou deux pour nous doter d’autres borne publiques sous peu). Mais encore.

Voici quelques éléments supplémentaires qui devraient alimenter la réflexion sur cette mesure de « gratuité » sur les traversiers:

Traverse du véhicule seulement: Véhicule à combustion Véhicule électrique
Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola 4,75$ gratuit
Québec–Lévis 4,75$ gratuit
Matane–Baie-Comeau–Godbout 47,50$ gratuit
Autoroute 25 3,16$ gratuit
Autoroute 30 2,40$ gratuit
Cap-aux-Meules-Îles d’Entrée 42$ gratuit
Montréal-Les Îles ou Les Îles-Montréal 305 $ 305 $
Montréal-Chandler ou Chandler-Montréal 210 $ 210 $
Chandler-Les Îles ou Les Îles-Chandler 163 $ 163 $
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) basse saison 66,50$ 66,50$
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) haute saison 94,50$ 94,50$
Pont de la confédération (ÎPÉ-NB) 46$ 46$

Avez-vous trouvé l’erreur? La véiste néo-madelinienne que je suis ne peut s’empêcher de quémander un rabais d’au moins 47,50$ pour la traverse Souris-Cap-aux-Meules et de minimalement 3,16$ pour le pont de l’ÎPÉ. Qui dit mieux?

Il serait souhaitable que ces nouveaux incitatifs s’adaptent au caractère insulaire des populations liées par traversier et qu’ils s’appliquent aux liaisons interprovinciales reliant l’archipel madelinien au Québec continental en passant par l’ÎPÉ et le NB.

À propos, des discussions sont en cours sur l’IPÉ pour que le péage du pont soit aboli. II faudrait à tout le moins qu’au terme de cette démarche, il soit gratuit pour les véhicules électriques. Le transport électrique sur l’ÎPÉ est croissant et il serait aussi logique que les autorités de cette province l’encouragent.

Au fait, le ministère du transport du Québec a-t-il l’intention de continuer à ne rembourser à 30% que la forme de transport la plus polluante (avion) ou s’il commencera à s’engager à soutenir les autres formes de transport émettant beaucoup moins de GES?**

Enfin, en toute logique, des incitatifs devraient aussi s’appliquer à la liaison interne provinciale Montréal-Chandler-Les Îles, non?

Pour d’autres points de vue sur la question… consulter Le Radar de cette semaine!

 

* Pour les nuls réfère à la collection du même nom dont les bouquins visent à répondre aux questions des utilisateurs peu expérimentés.

** Lors de notre prochain billet, nous évaluerons si l’incitatif à prendre le traversier en auto électrique est une bonne idée d’un point de vue écologique. Et pour ceux qui se demandent si le transport électrique aux Îles est écologique compte tenu de la centrale au mazout, consultez cet ancien billet.

TRAJECTOIRES PÉTROLIÈRES : arts et sciences se rencontrent

L’artiste des Îles-de-la-Madeleine Marianne Papillon et l’océanographe de l’UQAR/ISMER Daniel Bourgault présenteront Trajectoires pétrolières dans le cadre des résidences d’artistes Projet Rioux. Cette collaboration inédite aura lieu la semaine prochaine au Parc du Bic dans le cadre de la programmation 2015 de Arte Tracto, laquelle s’articule principalement autour du Saint-Laurent sous la thématique Imaginer le territoire.

Le duo Bourgault et Papillon proposera une interprétation en art numérique et fils tendus de résultats scientifiques relatifs au trafic de navires-citernes et à la dispersion de polluants dans les eaux du Saint-Laurent. Ces installations multidisciplinaires traitant de l’univers pétrolier maritime auront cette particularité de se situer à mi-chemin entre la subjectivité de l’artiste et l’objectivité du scientifique.

© Papillon-Bougault 2015 (suite…)

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