À toi qui veux ne pas t’enfarger dans les fleurs de la dune, sans non plus les brûler par les deux bouts

Pétaléole

Marguerites, foin et pastel sur carton. Marianne Papillon 2016

Salut à toi, ami Quichotte, épouvanté par ces mâts géants,

Salut à toi, fervent chevalier des armoiries de la Protection-du-corème-de-Conrad,

Salut à toi, l’assoiffé d’énergie renouvelable en panne sèche prolongée,

Salut à toi, le chasseur-cueilleur clandestin de la Dune-du-Nord,

Salut à toi, esprit tourmenté par le tumulte de l’Hudsonie tomenteuse,

Salut à toi, le salarié imaginaire d’une énergie qui ne partirait plus en fumée,

Salut à toi, l’amoureux d’un paysage que tu voudrais encore plus fixe que ses dunes,

Salut à toi, grand trésorier du bien public carburant au mazout ou bien aux redevances,

Salut à toi, prêcheur de paroisse pour une éolienne plus haute que celle du canton voisin,

Salut à toi, chercheur décoré, détenteur de vérité oubliée sur les tablettes empoussiérées,

Salut à tous, attendus mercredi soir… consultés sur les enjeux liés à l’implantation d’éoliennes dans l’habitat floristique protégé de la Dune-du-Nord aux Îles-de-la-Madeleine,

Salut à toi, contribuable qui trouveras sur le site de l’AMSÉE le comment de cette consultation du BAPE où tu hésites encore à te pointer,

Salut à toi, lecteur d’insomnie, qui consulte la documentation ici comme si tes journées n’était pas déjà assez remplies,

Salut à toi, présence discrète aux lèvres brûlées de questions trop chaudes, trop piquantes, trop dérangeantes,

Salut à toi, poète éolien étourdi au micro, chansonnier dégourdi de la rotation des pétales,

Salut à toi, capable de répondre à quels seraient les impacts d’éoliennes sur les espèces vulnérables en milieu dunaire, comment les réduire, les éviter et si les avantages environnementaux d’un projet éolien en réseau autonome à centrale thermique au mazout supplanteraient les inconvénients de son implantation en habitat protégé,

Salut à toi qui se demande si le jeu en vaut bien la chandelle, si la chandelle est faite de cire d’abeilles menacées et si, avec les ratés, le retard et le câble qui rapplique, nous ne l’avons pas déjà brûlée par les deux bouts…

Salut à toi qui veille à ne pas s’enfarger dans les fleurs de la dune, à éviter le cafouillage de la transition énergétique tant demandée, tant promise, tant attendue,

Salut à toi, écrivain discret, rédacteur bénévole de ton opinion écrite, qui feras parvenir ton chef d’œuvre au BAPE d’ici le 23 mai,

Salut à tous, on se voit bientôt pour un pique-nique sur la Dune-du-Vent, j’arriverai sans bruit du ciel, portée par le vent salé de la mer, sans même savoir s’il sera doux, fort ou violent.

Les pieds sur terre, le coeur en mer

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Illustration de Marianne Papillon, « Histoire de chanter les Îles » de Yvonne Langford aux éditions la Morue verte (p.94), 2014.

Une représentation spéciale du documentaire Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa aura lieu le mercredi 16 novembre, à 20 h (10$/personne) au Cinéma Cyrco de Cap-aux-Meules… 100% des recettes iront à Centraide GÎM!

Lors de l’illustration du recueil Histoire de chanter les Îles, une touchante photographie provenant de la Bibliothèque et archives nationales du Québec avait alimenté mon travail. J’avais redessiné cette photo au chapitre L’exil, l’ennui et l’amour de son pays, un titre qui en dit long! Traçant un à un ces personnages, je m’étais interrogée sur leur compte. Qui étaient-ils, ces gens sur ce bateau? Où allaient-ils? Étaient-ils heureux de partir ou déchirés? Par la magie de la photo, de la numérisation puis du dessin, j’avais partagé avec eux cet instant fugace en différé, sans pour autant connaître leur histoire.

En 2016, cette illustration était reprise en page couverture de la réédition de Découverte et peuplement des Îles-de-la-Madeleine aux éditions La morue verte. J’avais bon espoir d’en savoir enfin un peu plus sur ces gens au lancement estival.

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Illustration de Marianne Papillon, extraite du documentaire « Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa » de Sylvio Bénard et Céline Lafrance, 2016.

Mais au printemps 2016, comme si le destin s’amusait, Céline Lafrance et Sylvio Bénard m’ont approchée pour intégrer des illustrations à leur documentaire relatant le périple de plus de deux cents Madelinots qui, au début des années 1940, ont quitté l’archipel pour aller coloniser un coin de l’Abitibi dans l’espoir d’une vie meilleure. Ils s’agissait de ceux-là-mêmes qui figuraient sur cette fameuse image! J’ai ainsi réalisé avec grand plaisir des cartes géographiques selon leurs indications, illustrant les déplacements de ces exilés, façon google map – version 1941. Ah, voilà! Je la connaissais maintenant leur histoire.

Mais pas du tout! C’est véritablement en visualisant le documentaire de Céline et Sylvio que j’ai saisi la portée de cette aventure humaine. Si j’avais auparavant eu la frêle impression de redonner vie à ces gens en réinterprétant leurs visages et costumes en un plan, le documentaire Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa nous les montre quant à lui bien vivants, comme si on était assis dans leur salon à écouter ces survivants nous raconter l’improbable.

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Photo prise au départ des Îles, lors du voyage de 1942. (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

Je ne verrai plus jamais cette photo de la même façon. Elle nous est présentée au début et à la fin du film, mais entre les deux, un monde s’est déployé sous nos yeux: celui de la colonisation de Nepawa par le témoignage de descendants exilés. En revoyant cette image, on y reconnaît finalement tout un chacun: celui qui travaillait au ministère de la Colonisation, ceux qui se sont ennuyés – tantôt de leur grand-mère, tantôt de leur cousine – un autre qui se noiera et enfin, tous ceux travailleront avec acharnement pour bâtir aux siens un toit avant l’hiver, les pieds en Abitibi et le coeur aux Îles de la Madeleine.

 

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Afin de réaliser le documentaire Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa, une campagne de sociofinancement a été organisée en 2014.  Le Conseil des Arts et des Lettres du Québec (CALQ) a aussi financé le projet. Consultez ici la page Facebook du film.

 

Une auto sur un bateau

Après avoir analysé l’accès à la mesure de gratuité des véhicules électriques sur les traversiers du Québec, nous nous demandons maintenant si elle est bénéfique sur le plan environnemental. Plusieurs éléments doivent être pris en compte pour y répondre.

  • VE_aqua2Premièrement, comparativement à un véhicule à essence, le véhicule électrique (VÉ) n’émet pas de pollution atmosphérique à son utilisation s’il est alimenté par une source renouvelable d’électricité (et en passant, un VÉ alimenté par l’électricité de la centrale actuelle de Cap-aux-Meules serait un peu moins polluant que la plupart des voitures à essence, plus d’info ici.) De plus, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de la voiture, même si la fabrication de sa batterie implique une empreinte supplémentaire par rapport à la fabrication d’une voiture à combustion, elle émettra moins de GES au final (source). Ainsi, toute mesure qui encourage la conversion au transport électrique est globalement bénéfique;
  • Ceci étant dit, cette traverse que l’on vous incite à prendre, était-elle bien déjà sur votre chemin ou auriez-vous plutôt pris spontanément un autre chemin, plus court? J’entends déjà les Madelinots rigoler: « Il n’y a PAS d’autre voie que le traversier, chère! » Oui, mais je ne parle pas de la traverse interprovinciale les Îles-IPÉ malheureusement non admissible à la gratuité, mais de celles applicables dans le reste du Québec. Autrement dit, pour vous rendre en VÉ chez votre beau-frère à Verdun, seriez-vous vraiment passé par le traversier de Québec-Lévy ou auriez-vous pris un chemin plus direct, n’eût été de cet incitatif?
  • Auriez-vous de toute façon pris votre char ou cette gratuité vient-elle tenter le diable? Ouf, ce point est très important en regard de la traverse gratuite Cap-aux-Meules-Île d’Entrée!! Votre bâton de marche est pas mal moins énergivore qu’une voiture électrique sur un bateau…
  • Les VÉ sont lourds! La pile contribue à leur poids. Donc, pour le moteur du bateau, les VÉ sont plus énergivores qu’un véhicule à essence de taille équivalente. Vaut quand même largement mieux un VÉ sur un bateau qu’un campeur ou un VUS de 4500 lbs!
  • Le transport maritime est plus écoénergétique que le transport routier… lorsque celui-ci est à combustion. La logique ne s’applique plus lorsqu’il s’agit de transport routier électrique alimenté par de l’électricité de source renouvelable.
  • Ce traversier, est-il propulsé lui-même par une énergie propre et renouvelable? S’agit-il d’un traversier électrique ou propulsé au biogaz? Jusqu’à nouvel ordre, ceux des Îles de la Madeleine sont encore au diesel. Sachez, toutefois, que celui de l’Isle verte est hybride (diesel-électrique) et que celui de Matane-Baie-Comeau-Godbout « fonctionne parfois » au GNL, ce dernier émettant 25% de moins de gaz à effet de serre que les traversiers conventionnels (oui, mais ce gaz dit « naturel » liquéfié, provient-il bien de biogaz (amour!) ou de gaz de schiste (horreur!)? Rien n’est simple… Qui dit « diminution de GES à la consommation » ne dit pas nécessairement « moins d’impacts écologiques ».)
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Comparaison des émissions de CO2 selon différents modes de transport (source: http://www.safety4sea.com/ics-call-for-sustainable-regulation/)

Pour un choix écologique, préférez :

  • le transport actif (marche ou vélo). De ce point de vue, la traverse gratuite pour l’Île d’Entrée est un non-sens écologique puisque la balade s’y fait traditionnellement en bottes de marche!
  • le transport en commun (autobus ou covoiturage);
  • le véhicule le moins lourd (vous pouvez vérifier la donnée PVNB sur l’étiquette de vos véhicules);
  • le véhicule qui consomme le moins d’énergie et l’énergie la plus propre possible;
  • le trajet le plus court. Inutile de rallonger le voyage pour prendre une petite traverse, on n’y gagne pas au change;
  • l’écoconduite; respectez les limites de vitesse (oui, ce sera un peu plus long, mais vachement plus sécuritaire, économique et écologique), accélérez doucement, entretenez votre véhicule (filtre à air, pression d’air adéquate dans les pneus, etc. – ohlala, je pense que mon père serait drôlement fier de lire ça.)

 

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Quoiqu’il en soit, une voiture électrique est moins polluante qu’une voiture à essence et un navire est généralement plus écoénergétique qu’une voiture à essence. Et côté pollution… vaudra quand même toujours mieux prendre votre véhicule à essence que vos air miles, incitatifs ou pas!

« Traversier gratuit » pour les nuls*

Le gouvernement du Québec vient d’accorder la gratuité aux véhicules électriques sur les traversiers ainsi que sur les ponts à péage des autoroutes 25 et 30.

Mais attention, ce n’est gratuit que pour le véhicule (le conducteur et les passagers doivent encore payer). Même principe que pour les vélos, donc. Voilà un agréable bonus pour ceux qui font un choix écologique!

…Combien d’entre vous, en apprenant cette nouvelle, avez pensé – comme moi – que les autos électriques pourraient dorénavant emprunter gratuitement le traversier pour se rendre aux Îles de la Madeleine?

Ivan Quinn, le traversier desservant l'Île d'Entrée. (crédit image: MPapillon)

Ivan Quinn, le traversier desservant l’Île d’Entrée. (crédit image: MPapillon)

Eh non, détrompons-nous, il n’y a aucun rabais pour venir aux Îles! Seuls les traversiers de la Société de traversier du Québec sont soumis à cette mesure. La traversée IPÉ-Îles étant interprovinciale, celle-ci ne s’applique pas. Ainsi donc… seule la balade de notre char électrique vers l’Île d’Entrée est gratuite! Plusieurs propriétaires de tels véhicules se voyaient déjà venir aux Îles de la Madeleine l’été prochain en raison de ce présumé incitatif, mais, hélas, maintenant que lumière est faite, ils en sont à réévaluer leurs plans de vacances!

 

Pour un réel incitatif au transport électrique

Évidemment, cette mesure en est une parmi plusieurs. Qu’on se le dise, l’électrification des transports commence d’abord par l’accès à ces véhicules sur le marché (à quand des autos électriques chez nos concessionnaires de l’archipel?) et par l’accès à la recharge publique (quoiqu’à ce sujet, tout le monde peut se charger à domicile la nuit sur une prise ordinaire et il y en aura bien un ou deux pour nous doter d’autres borne publiques sous peu). Mais encore.

Voici quelques éléments supplémentaires qui devraient alimenter la réflexion sur cette mesure de « gratuité » sur les traversiers:

Traverse du véhicule seulement: Véhicule à combustion Véhicule électrique
Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola 4,75$ gratuit
Québec–Lévis 4,75$ gratuit
Matane–Baie-Comeau–Godbout 47,50$ gratuit
Autoroute 25 3,16$ gratuit
Autoroute 30 2,40$ gratuit
Cap-aux-Meules-Îles d’Entrée 42$ gratuit
Montréal-Les Îles ou Les Îles-Montréal 305 $ 305 $
Montréal-Chandler ou Chandler-Montréal 210 $ 210 $
Chandler-Les Îles ou Les Îles-Chandler 163 $ 163 $
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) basse saison 66,50$ 66,50$
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) haute saison 94,50$ 94,50$
Pont de la confédération (ÎPÉ-NB) 46$ 46$

Avez-vous trouvé l’erreur? La véiste néo-madelinienne que je suis ne peut s’empêcher de quémander un rabais d’au moins 47,50$ pour la traverse Souris-Cap-aux-Meules et de minimalement 3,16$ pour le pont de l’ÎPÉ. Qui dit mieux?

Il serait souhaitable que ces nouveaux incitatifs s’adaptent au caractère insulaire des populations liées par traversier et qu’ils s’appliquent aux liaisons interprovinciales reliant l’archipel madelinien au Québec continental en passant par l’ÎPÉ et le NB.

À propos, des discussions sont en cours sur l’IPÉ pour que le péage du pont soit aboli. II faudrait à tout le moins qu’au terme de cette démarche, il soit gratuit pour les véhicules électriques. Le transport électrique sur l’ÎPÉ est croissant et il serait aussi logique que les autorités de cette province l’encouragent.

Au fait, le ministère du transport du Québec a-t-il l’intention de continuer à ne rembourser à 30% que la forme de transport la plus polluante (avion) ou s’il commencera à s’engager à soutenir les autres formes de transport émettant beaucoup moins de GES?**

Enfin, en toute logique, des incitatifs devraient aussi s’appliquer à la liaison interne provinciale Montréal-Chandler-Les Îles, non?

Pour d’autres points de vue sur la question… consulter Le Radar de cette semaine!

 

* Pour les nuls réfère à la collection du même nom dont les bouquins visent à répondre aux questions des utilisateurs peu expérimentés.

** Lors de notre prochain billet, nous évaluerons si l’incitatif à prendre le traversier en auto électrique est une bonne idée d’un point de vue écologique. Et pour ceux qui se demandent si le transport électrique aux Îles est écologique compte tenu de la centrale au mazout, consultez cet ancien billet.

Lumière sur le morse!

Dans le cadre de l’exposition «Ivoire dans le noir», le Musée de la Mer vous offre un programme d’activités gratuites et variées, ce dimanche 17 mai à 14h:

Une activité bricolage pour réanimer le morse!

Un bricolage amusant pour réanimer le morse!

•Un atelier de découverte du morse pour les 5 à 10 ans, avec Émilie Harvut. Au programme: Bricolage animé et code secret!

•La projection du film familial «Conte au coeur de l’Arctique». Un magnifique documentaire animalier de National Geographic (Mario Cyr).

•Une conférence de Marianne Papillon sur les dessous de l’exposition «Ivoire dans le noir». Découvrez les secrets de fabrication, les accidents de parcours et les inspirations de l’artiste!

Le morse a disparu du Saint-Laurent bien avant que ne soit inventée la photographie. Les images de la chasse aux morses devaient donc être dessinées sur place ou encore être dessinées d’après le récit des marins. Les dessins venaient aussi parfois… d’un autre dessin! Avant les ères photographique et numérique, les artistes avaient déjà recours à des outils optiques pour reproduire des scènes. Ils utilisaient des chambres obscures, des lentilles et des miroirs.

Parmi ces illustrations, laquelle semble être «l’originale»? Quelles mutations ont été introduites au fil des copies? Erreur involontaire ou intention manifeste? L’acte de copier est-il un savoir-faire ou une usurpation? Un geste stérile ou créateur?

« Reproduction du morse » Encre sur papier archive encadré. Dessins inspirés d'archives sur la chasse au morse, Collection du Musée de la Mer. 6 pièces de 18 x 24 po Marianne Papillon, 2015 Crédit photo: Jocelyn Boisvert

« Reproduction du morse »
Encre sur papier archive encadré. Dessins inspirés d’archives sur la chasse au morse, Collection du Musée de la Mer. 6 pièces de 18 x 24 po. Marianne Papillon, 2015. Crédit photo: Jocelyn Boisvert

Visionnez les différentes version de cette scène de chasse au morse ici.

Le Musée de la Mer affiche l’exposition «Ivoire dans le noir» signée par l’artiste Marianne Papillon, jusqu’au 14 juin 2015. Un corpus d’oeuvres ludiques sur le thème du morse y valorise deux éléments du patrimoine maritime: la vache marine et le code morse. Découverte garantie!

Igloo décodeur de morse, par Marianne Papillon. Le morse... un arbre décisionnel binaire!

Igloo décodeur de morse, par Marianne Papillon.
Le morse… un arbre décisionnel binaire!

L’artiste remercie ses partenaires et reconnaît la contribution financière du Programme pour les arts et les lettres de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, du Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine et des Caisses populaires Desjardins ainsi que de la Commission scolaire des Îles via le programme Culture à l’école.

Ivoire dans le noir

Petits et grands sont invités à découvrir le morse et ses secrets grâce au corpus d’oeuvres ludiques de «Ivoire dans le noir ». Cette exposition artistique participative valorise deux éléments du patrimoine maritime: la vache marine et le code morse.

Ivoire dans le noir, Marianne Papillon 2015

Ivoire dans le noir, Marianne Papillon 2015

Abordant le sujet de la chasse au morse, des artefacts et ossements provenant du Musée de la Mer ainsi que des pièces de la collection privée de Raynald Cyr sont mis en valeur. Illustrations et installations jouent avec les concepts de l’extinction et de la lumière, explorant l’idée de la disparition du morse suite à l’exportation massive de son huile, laquelle servait principalement à l’éclairage. Un assemblage insolite d’ivoire et de savon animal nous rappellent les autres usages du morse. Plusieurs oeuvres intègrent le code morse par le biais de traits et de points, offrant d’intrigants messages à décoder.

(suite…)

Morses lumineux

EXPOSITION │Du 28 février au 10 avril 2015 | AdMare, aéroport des Îles-de-la-Madeleine

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Le morse est un mammifère marin qui allaite son petit jusqu’à l’âge de 2 ans. Chassé pour son huile au 16e siècle, il a complètement disparu du Saint-Laurent dès 1800. On le retrouve aujourd’hui seulement dans les contrées arctiques. Quel animal inspirant!

Avec l’oeuvre de dessin installatif « Morses lumineux », un pont entre le passé des Îles-de-la-Madeleine et le présent du Nunavik est proposé. Un sombre igloo en papier aux multiples facettes, lesquelles sont illustrées de morses luminescents, intègre des messages codés, sous forme de traits et de points. Les visiteurs sont ainsi invités à s’approprier le morse, le code comme l’animal. Une performance en morse lumineux, système de communication à distance par signaux de lumière, sera livrée lors du vernissage, envoyant dans l’univers quelques messages aux morses lointains.

«Morses lumineux» à Colis Supect, centre d'artistes Admare. Crédit photo: Yoanis Menge.

«Morses lumineux» à Colis Supect, centre d’artistes Admare. Crédit photo: Yoanis Menge.

Cette œuvre a bénéficiée du support de la bourse Clef 2013 (Caisses populaire Desjardins et Fonds de développement culturel des Îles-de-la-Madeleine) et s’intégre au Rendez-vous loup-marin. Elle s’inspire en partie des images de Mario Cyr est diffusée en complémentarité avec l’exposition à venir « Ivoire dans le noir » au Musée de la Mer des Îles-de-la-Madeleine, du 8 mars au 31 mai 2015. 

Texte de la performance en morse lumineux, Marianne Papillon 8 février 2015.

Texte de la performance en morse lumineux, Marianne Papillon 8 février 2015. Crédit photo: Yoanis Menge.

Peut mieux faire – en tournée à Montréal

Le Centre CLARK avec Le Conseil des arts de Montréal en tournée présentent « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices », une exposition collective itinérante rassemblant 25 artistes et créateurs québécois sous le commissariat d’Emmanuel Galland.

J’y présente une mosaïque d’estampes numériques réalisées en 2012, illustrant un Canada bitumineux évoluant en 6 pas vers un Québec en proie au pétrole. Revisitant la carte, j’ai personnifié les contours du Canada, lui donnant l’allure d’un bébé à qui on force à boire au biberon un fluide noir. En opposition, la Mer nourricière du golfe du Saint-Laurent offre généreusement son sein maternel, dont la zone sensible correspond aux Îles de la Madeleine.

Visionnez la capsule vidéo de cette exposition ici.

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Exposition collective itinérante « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exerices » du commissaire Emmanuel Galland présentée par le Conseil des arts de Montréal en tournée et par le Centre CLARK, Montréal, 2014-2015 (crédit photo : Emmanuel Galland).

Les cahiers d’exercices Canada Hilroy, avec leurs couleurs délavées de bleu, vert, jaune et rose, ont marqué l’enfance et l’adolescence de bien des Canadiens depuis des générations. Le commissaire Emmanuel Galland a eu l’idée, en 2009, de demander à des artistes québécois de différentes disciplines, de différents âges et de différentes régions, de créer une œuvre d’art en s’inspirant de ces fameux cahiers.

Cela donne une exposition itinérante fort intéressante programmée jusqu’en décembre 2015 dans plusieurs maisons de la culture de la province et déjà couplée plusieurs fois à des activités avec de jeunes artistes en herbe. Une belle idée de médiation culturelle avec les écoles, qui mérite d’être poursuivie.

[…] Marianne Papillon a créé en impression numérique Sciences naturelles, une exploration de la partie orientale de la carte du Canada. Plus on agrandit l’échelle et plus on s’aperçoit qu’il s’agit d’une cartographie des zones pétrolifères, avec, sur la dernière carte, un bébé et une mère se découpant à travers les lignes de démarcation de ces zones. […]

Après Côte-des-Neiges, l’exposition se rendra à la maison de la culture Maisonneuve du 5 mars au 5 avril, puis à la bibliothèque de Rivière-des-Prairies du 18 avril au 17 mai, à L’Entrepôt de Lachine du 11 septembre au 1er novembre et au Centre d’exposition Lethbridge de la bibliothèque du Boisé, à Saint-Laurent du 5 novembre au 6 décembre.

À la maison de la culture Côte-des-Neiges (5290, chemin de la Côte-des-Neiges) jusqu’au 22 février

source: Éric Clément, La Presse +, 6 février 2015)


 

Comment réduire son stock de pétrole de 50%

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Déversement d’un pipeline d’Hydro-Québec au port de Cap-aux-Meules. Crédit photo: Marianne Papillon

En versant 50% des barils à la mer? Mais non!! En retournant lire le rapport du BAPE sur les nappes phréatiques! Puis en mettant en oeuvre ses recommandations.

Voici quelques extraits du rapport d’enquête sur Les effets liés à l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles sur les nappes phréatiques aux Îles-de-la-Madeleine, notamment ceux liés à l’exploration et l’exploitation gazière (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, Gouvernement du Québec, octobre 2013).

p.124-125: L’avenir énergétique aux Îles de la Madeleine 

«L’étude réalisée par la firme Dunsky dans le cadre de la démarche de stratégie énergétique territoriale de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a pris en compte un scénario intégrant une production locale d’énergie à partir des éoliennes envisagées et d’une production de biocarburants à partir des matières résiduelles. L’étude conclut que ce scénario permettrait une baisse initiale de la consommation de mazout, mais ne ferait que stabiliser la consommation d’énergie primaire pour l’horizon de 2025.

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Centrale thermique d’Hydro-Québec, Cap-aux-Meules, Îles de la Madeleine. Crédit photo: Marianne Papillon

Un deuxième scénario, avec raccordement de l’archipel au réseau électrique d’Hydro-Québec, contribuerait de son côté à une baisse marquée de la consommation de mazout de l’ordre de 90 %. Il réduirait de près de 50 % la consommation de produits pétroliers à l’horizon de 2025 par rapport à celle observée en 2011 »

 « Avis – La commission d’enquête est d’avis que l’agglomération des Îles-de-la-Madeleine, en collaboration avec le MDDEFP et Hydro-Québec, devrait prendre contact avec l’initiative Cradle to Cradle Islands pour établir un partenariat qui pourrait mener à des solutions novatrices basées sur l’expérience et l’expertise des îles participant à cette initiative. Le Fonds vert, administré par le Ministère, pourrait financer un programme pour étudier l’introduction de solutions énergétiques de remplacement. »

p.123: L’électrification des transports 

«Avec un câble sous-marin, une pénétration importante de véhicules électriques entraînerait une baisse de la consommation de carburant et, de là, du besoin en stations-service et en réservoirs de carburant qui sont habituellement souterrains. Rappelons que cinq cas connus de contamination du sol, tous liés à des stations-service d’essence ou à l’entreposage de produits pétroliers sur le territoire madelinot, ont été rapportés par le MDDEFP. »

VE« La commission d’enquête constate que l’électrification des transports aux îles de la Madeleine pourrait contribuer à y diminuer l’utilisation et l’entreposage des combustibles fossiles liquides, réduisant ainsi les risques de contamination des aquifères. »

Cela fera bientôt un an qu’il est sorti, ce brillant rapport où figurent d’ailleurs plein d’autres recommandations. Mais depuis ce temps, Hydro-Québec a annoncé que la durée de vie de la centrale allait être prolongée jusqu’en 2035. Suite aux récents événements, y aura-t-il plus d’ouverture à réduire la consommation d’hydrocarbure aux Îles de la Madeleine?

Récit d’une électrisante sortie à Grande-Entrée

Samedi soir, je passe chercher deux copines à 5 km de chez nous, à la Dune-du-sud, avec une quarantaine de km d’autonomie. Généralement, après une pleine charge nocturne à domicile, nous disposons de 60 km d’autonomie électrique. Ceci dépasse habituellement nos besoins de Maisonnois. Mais cet après-midi-là, avant une sortie de filles à Grande-Entrée, on avait décidé d’aller se balader en famille sur une vingtaine de km…

Nouvelle propriétaire d’une Volt, je me fais un devoir d’offrir le volant à mes compatriotes. L’une d’elles habite près de Montréal et est déjà propriétaire d’une Leaf: on n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. L’autre accepte avec empressement, elle veut justement se procurer une voiture électrique bientôt.

Grand départ. Direction: Grande-Entrée. Distance : 45 km. Autonomie restante : 39km.

« Ah! il va falloir faire les derniers km sur le gaz…» C’est pas grave, on roulera pas trop vite, on s’en sortira peut-être. Pendant la route, les trois filles jasent de char. Il faut savoir que notre fille de la ville est sur le conseil d’administration de l’AVÉQ et qu’elle est la déléguée aux représentants régionaux, tandis que je suis moi-même représentante de la région Gaspésie-les-Îles. Catherine nous parle de ses expériences urbaines, de la fois où ils ont battu un record du monde, des projets à venir sur la grand’terre en électrification des transports. En expliquant à Brigitte, future propriétaire de VÉ, comment fonctionne l’application plugshare, on découvre qu’il y a un 2e accès à la recharge aux Îles-de-la-Madeleine!

On arrive à Grande-Entrée: il reste 1 km d’autonomie pour se rendre à la borne. Brigitte conduit lentement, se fait dépasser sans honte dans le village, question d’allonger ses derniers instants sur la batterie. On aperçoit l’entrée de l’auberge de la Salicorne juste au moment où, sur le tableau de bord, l’icône de pompe à essence remplace celui de la batterie. «Les filles, ça y est, on est au gaz.» N’eut été de ma remarque, elles ne s’en seraient probablement pas rendu compte. Le moteur de la Volt étant électrique, il ne fait à peu près pas de bruit, qu’il soit alimenté à partir de la batterie ou bien à partir de la petite génératrice à essence. Bref, la transition se fait sans grand traumatisme pour notre vénérable conductrice.

Électrique

Borne de recharge gratuite à l’auberge la Salicorne, Grande-Entrée. (Crédit photo: Catherine Giroul)

Arrivées à la Salicorne, une voiture est déjà sur place. Pas de problème, c’est une auto à essence qui s’est garée devant la borne par mégarde, mais le fil est bien assez long! On se branche avec grande excitation: on pense bien être les premières à le faire… Oui, les gens de la place nous le confirment, on immortalise ça! Bon, maintenant, il faut se rendre au Bistro Plongée Alpha, nous y avons un goûter- conférence. Comme prévu, une amie de Grande-Entrée vient nous chercher pendant la recharge et elle nous accompagne à cette magnifique soirée, à 3 km de là.

Mario Cyr nous partage sa riche expérience de plongeur caméraman pendant qu’on mange un délicieux repas de la mer. Une conférence fort intéressante sur les apnéistes, les tournages de plusieurs documentaires sous-marins, le Grand Nord, l’expédition du Sedna IV et quelques accidents de plongée. On commémore le tout par une photo officielle où, à défaut de faire le célèbre « nob », on lève le pouce!

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Trois auditrices « branchées » à la conférence de Mario Cyr, Bistro Plongée Alpha. (Crédit photo: Luc Miousse)

La soirée terminée, notre amie nous dépose à la station de recharge. Surprise: la recharge est complète à 62 km en à peine trois heures trente! Efficace, la borne de 240V de la Salicorne! Je reprends le volant pour la conduite du soir avec, évidemment, les phares allumés. Malgré ma vitesse de conduite modérée, j’arrive à la maison avec seulement 4 km d’autonomie sur ma batterie. On a consommé au retour l’équivalent de 58 km pour une distance de 51 km. On n’avait dépensé que 46 km à l’aller! Aurais-je le pied pas mal plus pesant que notre chauffeuse d’un soir ou serait-ce l’impact des phares?

Faut croire que le vent soufflait pas du bon bord au retour!

 

Quelques constats:

– la Volt répond à nos besoins aux Îles

– la borne de la Salicorne fonctionne très bien

– le vent fait varier la consommation (comme pour les véhicules à essence!)

– il y aura de plus en plus de bornes et de VÉ aux Îles bientôt!

– on entend souvent parler de l’anxiété d’autonomie en auto électrique… Détrompez-vous, en Volt, c’est l’anxiété de retourner à l’essence après avoir roulé 60 km sans en consommer une goutte qui vous attend!

 

Pour ceux qui s’interroge la source d’électricité au Îles et les bénéfices possibles du transport électrique sur l’archipel, visitez https://mpapillon.wordpress.com/2013/10/07/recharger-sa-batterie-aux-iles-de-la-madeleine/

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