Adoptez un ministre

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Quel ministre adopteriez-vous pour lui transmettre vos valeurs et participer à son éducation?

Pourquoi adopter


Les ministres sont le baromètre de l’État et leur évolution est en déclin. En adoptant un ministre :

  • Vous soutenez la démocratie;
    Nous serons au bureau du ministre en votre nom.
  • Vous participez à la recherche de solutions;
    Une société civile active est essentielle pour éclairer nos choix de société.
  • Vous leur faites connaître la réalité de leurs électeurs;
    L’éducation et la sensibilisation sont les meilleures garanties de l’évolution ministérielle.
  • Vous montrez votre attachement au Québec et à tous ses habitants;
    Les ministres et leurs élus forment un réseau qui partage une même société.

3 façons de le faire


L’adoption d’un ministre nécessite 50 000 $ par an. Trois formules vous permettent de participer à votre mesure :

  1. Participez à une adoption collective :  Contribuez à l’adoption en cours d’un ministre.
  2. Formez un groupe : Démarrez une campagne pour adopter un ministre en groupe.
  3. Adoptez votre propre ministre : Marquez votre attachement personnel ou celui de votre corporation.

Visualisez ici la liste des ministres à adopter, déjà adoptés ou leurs parrains. Vous y constaterez que certains ministres manquent cruellement d’attention et que d’autres, très populaires, sont en voie d’être adoptés pour les 13 prochaines années.

En savoir plus

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Manifestement manipulés

Attention! La liste de sophismes est longue dans le récent manifeste pro-pétrole. À moins qu’il ne n’agisse de pure méconnaissance de la part de ses signataires? Qu’à cela ne tienne, nos hyper-puissants groupes de réinformateurs bénévoles travaillent nuit et jour à élaborer une réplique.

En attendant le retour du pendule, voici quelques rectifications :

1-Élémentaire me direz-vous: un avenir meilleur ne se limite pas qu’à des considérations financières. Les composantes environnementales et sociales sont aussi à prendre en compte, comme le leur rappelle ici le Conseil régional en environnement de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

2-Les revenus potentiels énoncés sur la place publique sont spéculatifs et démesurés. On a même entendu que 300 milliards $ annuellement garniraient ainsi nos trésors publics alors qu’un rapide calcul optimiste nous ramène plutôt à 500 millions. Et de ceux-ci, s’ils existent, il nous faudrait soustraire les dépenses publiques liées à l’exercice… L’analyse financière de M. Durand, géologue, mentionne à cet effet que, sur Anticosti par exemple, les dépenses nécessaires seraient beaucoup plus grandes que les revenus, rendant l’exploitation déficitaire, sans même parler d’accident dévastateur.

3-Terre-Neuve-Labrador est prudent dans le dossier de l’exploration dans le golfe, aucun forage n’y est en cours, quoiqu’en dise le porte-parole du manifeste. Un moratoire complet sur la fracturation y est d’ailleurs en place, sur terre comme en mer. Et si Terre-Neuve inquiétait le moindrement Québec, une demande d’arbitrage frontalier impliquant la notion d’équidistance pourrait être amorcée, ce serait beaucoup plus avantageux que de se précipiter tête baissée dans une course à l’or noir.

4-Il n’existe légalement aucune « séparation » entre l’exploration et l’exploitation. En vérité, au Québec, si une compagnie trouve un gisement de pétrole rentable au stade de l’exploration, elle est obligée d’évoluer vers l’exploitation, sinon elle perd son permis. Ouvrir la porte à l’exploration, c’est accepter l’exploitation. Le débat « équilibré » doit avoir lieu AVANT l’exploration, laquelle est d’ailleurs pas mal plus risquée que l’exploitation.

5-On parle d’un débat déséquilibré où les groupes d’opposants auraient trop de pouvoir, mais on ne mentionne pas l’existence des lobbyistes des pétrolières qui rencontrent les dirigeants derrière des portes closes. Serait-ce cet inoffensif biologiste qui ferait trembler les oligarques du Québec ou cette  bénévole informée déconstruisant un à un les propos d’un ancien premier ministre en un mémorable face-à-face télévisé? N’oublions pas que les profits, avant d’aller aux Québécois, iront aux actionnaires, lesquels ont grand avantage à manipuler l’opinion publique.

Québec-PET-10d6-Il n’y a aucune mention des projets d’oléoducs, dans ce manifeste. Selon les dires des pétrolières, le pétrole de l’Ouest arrivant au Québec par pipeline va dépasser les capacités de nos raffineries et pratiquement doubler le transport maritime de matières dangereuses sur le Saint-Laurent. Comment alors justifier toute exploration risquée en sol ou en eaux québécoises? Et si ces risques, plutôt que de s’additionner, se multipliaient?

7- Ne nous leurrons pas, les premiers forages dans le golfe québécois se seront pas réalisés d’ici 10 ans et l’exploitation, s’il en est une, prendra encore une autre décennie. Et dire que pendant ce temps-là, on pourrait s’investir à réduire notre consommation et sauver des « milliards » en balance commerciale.. et combien de tonnes de CO2.

Pourquoi ne nous consacrerions-nous pas plutôt à préparer l’inévitable après-pétrole?

« Pas dans ma cour » revisité

Détail de la mosaïque "Sciences naturelles" de Marianne Papillon à l'exposition collective "PEUT MIEUX FAIRE - Cahiers d'exercices", septembre 2012.

La main de l’Ouest force l’enfant de l’Est à boire un liquide noir. Détail de « Sciences naturelles » de Marianne Papillon à l’expo « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices« , 2012.

Depuis ce printemps, l’accord des propriétaires terriens québécois est soutiré un à un, le long du tracé d’un projet d’oléoduc. On cherche ainsi à préparer le terrain pour faire passer du pétrole sous le fleuve, sur la Rive-Nord, encore une fois sous le fleuve, dans le Bas-Saint-Laurent puis dans le Témiscouata.

Pourquoi? Pour qu’on paie moins cher à la pompe? Non, pour EXPORTER le pétrole de l’Ouest par l’Est, au Nouveau-Brunswick. 1 100 000 barils de pétrole par jour, 590 barils par minute (1 baril = 160L). Il va largement dépasser la capacité de nos raffineries, ce pipeline.

Est-ce acceptable que des négociations aient ainsi lieu en catimini avec chaque propriétaire touché (en évoquant de surcroît une possible expropriation)? N’est-ce pas la stratégie énergétique de tout le pays qui en serait affectée? Le désenclavement du pétrole issu des sables bitumineux serait dramatique dans la lutte aux changements climatiques. Sans même parler du risque de déversement (une fuite de seulement 5 minutes correspondrait à 3000 barils dans la nature!) on ne peut limiter l’étude de l’impact de ce projet aux propriétaires concernés.

La Colombie-Britannique, elle, a dit non au pipeline. Ne recevoir à peu près aucun bénéfice économique mais assumer tous les risques environnementaux et de sécurité civile? Non merci, on les comprend. Pourquoi ce serait différent au Québec?

Barack Obama a quant à lui répété à plusieurs reprises qu’il fallait rejeter Keystone XL s’il était prouvé que sa construction augmenterait de manière importante les émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Et au Québec? Eh bien Mme Marois se dit bien ouverte à la chose, oui oui. Pourrons-nous être consultés même si le tracé du pipeline ne passe pas chez nous? Pas sûr. C’est le syndrome « pas dans ma cour » revisité: ça ne passe pas dans votre cour, ce tuyau-là? Alors désolé, mais cela ne vous concerne pas.

Il est plus que temps que le débat s’ouvre et que tous les Québécois aient le droit de parole sur ce projet. À l’automne 2013, une consultation publique sur le dossier de l’énergie aura lieu (info et inscription ici). Ce sera l’occasion de poser nos questions sur les enjeux de fonds, de parler de nos préoccupations concernant les projets énergétiques que sont les pipelines, le transport ferroviaire, les forages, la fracturation, l’exploration extra-côtière, l’économie d’énergie, le virage vers les énergies vertes et la réduction des gaz à effet de serre.

Pour ma part, je leur demanderai pourquoi on nous parle encore de forer le golfe du Saint-Laurent et de fracturer Anticosti si on compte de toute façon EXPORTER le pétrole de l’Ouest en passant par l’Est?? C’est qu’elle grande, très grande, notre cour!

Une campagne téteuse?

Voici mon analyse des différentes plateformes électorales du Québec sous un seul regard: celui favorisant l’allaitement maternel. Après tout, quel autre dossier peut se vanter d’avoir un aussi grand potentiel en matière de santé des populations, de sécurité alimentaire, de réduction de gaz à effet de serre et de réduction de notre dépendance au pétrole?

Analysons donc les plateformes électorales de 6 partis en lice en fonction des différents facteurs prédictifs de l’allaitement maternel. Loin d’être politicologue, je vous propose un classement par pointage de 0 à 3, arbitraire mais honnête :

                FACTEUR        \           PARTI PLQ CAQ PQ ON QS PVQ
âge avancé de la mère, grossesse planifiée 0 1 1 1 1 1
niveau d’étude de la mère 0 2 2 3 3 3
niveau socio-économique 1 1 1 1 2 2
non-fumeur 0 1 3 1 1 3
information de qualité sur l’allaitement reçue avant l’accouchement et avant la grossesse 0 0 0 0,5 1 2
pratique hospitalière favorisant l’allaitement (Initiative Amis des Bébés de l’OMS) 0 0 0 1 1 2
soutien à la mère (via père, famille, amis) 1 1 3 2 3 0
soutien aux professionnels de la santé (formation du personnel et financement des organismes) 0 1 0 1 3 3
Environnement de travail favorable à l’allaitement, travail à temps partiel 1 0 1 0 0 2
Politique encadrant la publicité des préparations commerciales pour nourrissons 0 0 0 2 2 1
Score « téteux » des partis sur 30 : 3 7 11 12,5 17 19

Prix biberon au PLQ (3/30) pour leur maigre proposition en santé qui se résumerait à : « Le PLQ propose d’améliorer la santé dentaire de nos jeunes, l’accès en chirurgie, et de mieux suivre les malades chroniques. » Aucune mesure de prévention mise de l’avant pour cela, alors que l’allaitement maternel à lui seul pourrait y arriver à long terme. Seul point positif du PLQ en matière d’allaitement: il s’engage à soutenir les entreprises qui créeront des places en services de garde dans leur milieu de travail. Cette mesure pourrait potentiellement  diminuer la séparation mère-enfant et ainsi contribuer à prolonger la durée de l’allaitement maternel au-delà du retour au travail.

La CAQ traîne de la patte (7/30). Elle mentionne la prévention, mais rien ne laisse présager que le soutien et la promotion de l’allaitement ne s’insérerait à son « grand ménage » : « Prise en charge complète de l’état de santé de chaque Québécois par un médecin de famille, coup de barre pour compléter rapidement le réseau des Groupes de médecine familiale (GMF), abolition des Agences de santé et de services sociaux, plus d’autonomie aux établissements de santé, rapidité d’accès aux examens diagnostiques et aux soins spécialisés, virage en faveur de la prévention.(…) Il est inconcevable que la porte d’entrée pour obtenir une consultation médicale demeure encore aujourd’hui la salle d’attente bondée d’une clinique ou l’urgence d’un hôpital. » Bon point pour les mamans qui doivent consulter l’urgence pour un problème d’allaitement, encore faudrait-il que les professionnels de la santé les recevant soient compétents en la matière.

 Le PQ s’approche mais rate la cible (11/30): on sent une volonté d’aller vers la prévention, de soutenir les familles et de valoriser la scolarité, mais les mesures plus spécifiquement liée à la santé de la femme, à la périnatalité et à l’allaitement ne sont pas explicitées : « Préserver notre système de santé et nos services sociaux : adopter des mesures de prévention, incluant des mesures pour favoriser la pratique du sport, afin de lutter contre la malbouffe, la sédentarité, le tabagisme et les infections transmises sexuellement afin de réduire la prévalence des maladies chroniques et d’améliorer les habitudes de vie.  Faire de la lutte contre le cancer une véritable priorité nationale et procéder à une réorganisation de la lutte contre le cancer au Québec en partenariat avec le milieu. » Pas un mot sur l’allaitement et son potentiel de prévention sur les maladies chroniques et le cancer… Nous ne savons donc pas si ces mesures concerneront la promotion et le soutien à l’allaitement, mais nous pouvons l’espérer.

Alors, téteuse, la campagne électorale?                    Pas vraiment.

Option Nationale obtient la mention spéciale aigre-douce (12,5 /30) pour être le seul parti dont le site permet d’obtenir un résultat en y tapant le mot « allaitement », lequel nous mène à la page d’une candidate qui affirme avoir été marraine d’allaitement en 2009. (Faut-il applaudir ou bien en pleurer, je vous le demande.) Bravo madame Garnier, votre parti se mérite grâce à vous 0,2 point au volet « information en allaitement ». (En date du 17 août, j’ajoute 0,3 point supplémentaire grâce au vidéo de Catherine Dorion où son attache de soutien-gorge d’allaitement dépasse de sa bretelle de camisole.) « Chaque dollar investi en prévention rapporte dix fois plus en dépenses curatives évitées. ON fera de la prévention et de l’action sur les déterminants de santé une priorité nationale en y associant les écoles, les municipalités, les employeurs et les autres acteurs concernés  » Bon, là, on parle vraiment presque d’allaitement. Du moins, on peut déduire que le soutien et la promotion de l’allaitement cadrerait parfaitement avec cette vision. « Il faudra également recentrer le système de santé sur les besoins du citoyen et savoir faire face aux lobbys médicaux et pharmaceutiques« ; mesure compatible avec le code de commercialisation des substituts du lait maternel.

QS se mérite le titre 2e téteux (17/30) grâce aux priorités qu’il accorde à la lutte à la pauvreté, à la gratuité scolaire, au féminisme, à une vision holistique et préventive de la santé qui inclue un soutien aux organismes communautaires et un retrait des lobbys industriels et pharmaceutiques. « (…) Il est proposé de créer, à partir du volet actuel «santé publique» du MSSS, une instance de promotion de la santé qui assumera un rôle déterminant auprès de l’ensemble de la population. Cette instance, multidisciplinaire et paritaire femmes – hommes, aura un pouvoir d’influence sur les autres ministères et sur les entreprises afin qu’ils agissent en faveur de la santé. » Espérons que ceci incluerait des mesures favorisant l’allaitement. « Il est proposé que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), de concert avec le mouvement féministe, intègre une analyse féministe de la santé (…), que des mesures soient prises pour mettre fin à la surmédicalisation du corps des femmes. » Amen.

Le Parti Vert du Québec est proclamé grand champion téteux (19/30) en axant sur la prévention, en valorisant les organismes communautaires et les pratiques écologiques, en proposant l’éducation gratuite et un revenu minimal garanti. « Une société en santé, ce n’est pas qu’un réseau d’établissements dédiés aux soins : le Parti vert du Québec propose un programme global de santé publique prenant en considération l’ensemble des déterminants pour une société en santé. (…) En matière de santé individuelle, en tenant compte des besoins réels, développer des politiques accordant autant d’importance à la médecine préventive, à la promotion de la santé et au développement de l’autonomie individuelle et collective qu’au traitement et à la guérison des maladies. » Selon cette vision, l’allaitement maternel serait assurément hautement valorisé. « Le PVQ croit qu’il est temps de faire respecter nos droits en obligeant les entreprises à assumer le cycle de vie de leurs produits, de sa fabrication à l’usine jusqu’à sa fin chez le consommateur où il est finalement éliminé. » Un joli pied-de-nez à Nestlé et ses acolytes. « L’éducation est le meilleur moyen pour améliorer la santé de la population, plusieurs études ont démontré que l’investissement en éducation avait un effet direct sur l’état de santé et conséquemment sur les coûts du système de santé » Et voilà! Écrivez maintenant le mot « ALLAITEMENT » quelque part dans votre programme et obtenez le prix colostrum!

Alors, téteuse, cette campagne? Pas vraiment. Retenons que, bien que les partis d’une idéologie plutôt de gauche et/ou environnementalistes soient ceux qui proposent les mesures les plus à même de favoriser l’allaitement maternel, aucun parti n’aborde actuellement, ne serait-ce que du bout des lèvres, cet important dossier de santé publique. Pourquoi? Parler d’allaitement sur la place publique, est-ce encore perçu comme vouloir culpabiliser celles qui n’ont pas allaité? Pourtant, on ne se gêne pas pour parler de tabagisme et d’obésité durant cette campagne! À moins que nos politiciens ne soient tout simplement pas au courant de l’énorme potentiel de santé, d’épargne et de protection de l’environnement qu’est l’allaitement maternel?

Explicatif du pointage : j’accorde 3 points d’emblée pour la gratuité scolaire ainsi que 2 pour le revenu minimal garanti, puisque les niveaux d’étude et socio-économique sont déterminants en allaitement. Comme tous les partis proposent des mesures ayant trait à l’économie, ils se méritent minimalement 1 points chacun. Les partis parlant de prévention en matière de santé, plutôt que d’axer sur l’accessibilité aux soins spécialisés, se méritent quelques points dans la rangée « grossesse planifiée » et « non-fumeur ». Les énoncés sur le soutien aux familles payent un simple point lorqu’il est question d’allègement fiscal, et davantage lorsqu’il est question de CPE ou autres priorités accordées à la famille. Le tout est complété et nuancé à la lecture des programmes et plateformes disponibles sur le web en date du 15 août 2012. Avez-vous une autre opinion sur la question? Des nuances à apporter?

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