Parce que la sécurité a plusieurs visages

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Extrait de «Sécurité énergétique», MPapillon 2011

La base de la sécurité énergétique, c’est d’abord de ne pas manquer de jus ou, si vous préférez, de lait. Éviter la panne sèche: entretenir une bonne production et, autant que possible, ne pas séparer le petit de sa source d’énergie maternelle! Sinon, avoir quelques réserves de secours pas trop loin. Mais c’est aussi veiller à ce que le lait, s’il n’est pas bu au sein, ne soit ni périmé ni trop dilué. S’assurer que les fuites de lait soient sous contrôle et que la couche ne déborde pas! Enfin, vérifier que la tétée soit efficace, sans petit bec pinceur ni frein de la langue trop court…

À l’échelle des communautés, la notion de sécurité énergétique, recoupe:
  1. La  garantie d’approvisionnement : l’accès à une source fiable d’énergie  en quantité suffisante pour répondre à des besoins variables.
  2. La sécurité environnementale :  la prise en compte des impacts de l’approvisionnement et de la consommation sur l’environnement, de son extraction jusqu’à son transport, événements accidentels inclus.
  3. L’efficacité énergétique : diminuer les pertes d’énergie, réduire l’énergie requise pour un même service et réduire la consommation d’énergie à la source.

En effet, toute augmentation du prix du baril de pétrole, réduisant la facilité d’approvisionnement, entraînera un regain d’attention pour les programmes d’efficacité énergétique et pour le développement d’énergies alternatives.

De la même façon, toute crise écologique aura un impact sur les choix des collectivités en matière d’énergie, menant à des modifications de leurs modes d’approvisionnement et de consommation.

Somme toute, consommer en moins grande quantité une énergie moins polluante résulte en une meilleure garantie d’approvisionnement énergétique et en une plus grande sécurité énergétique et environnementale.

« Garanti, sécuritaire et efficace! » Joli slogan pour promouvoir… l’allaitement?

Comment réduire son stock de pétrole de 50%

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Déversement d’un pipeline d’Hydro-Québec au port de Cap-aux-Meules. Crédit photo: Marianne Papillon

En versant 50% des barils à la mer? Mais non!! En retournant lire le rapport du BAPE sur les nappes phréatiques! Puis en mettant en oeuvre ses recommandations.

Voici quelques extraits du rapport d’enquête sur Les effets liés à l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles sur les nappes phréatiques aux Îles-de-la-Madeleine, notamment ceux liés à l’exploration et l’exploitation gazière (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, Gouvernement du Québec, octobre 2013).

p.124-125: L’avenir énergétique aux Îles de la Madeleine 

«L’étude réalisée par la firme Dunsky dans le cadre de la démarche de stratégie énergétique territoriale de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine a pris en compte un scénario intégrant une production locale d’énergie à partir des éoliennes envisagées et d’une production de biocarburants à partir des matières résiduelles. L’étude conclut que ce scénario permettrait une baisse initiale de la consommation de mazout, mais ne ferait que stabiliser la consommation d’énergie primaire pour l’horizon de 2025.

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Centrale thermique d’Hydro-Québec, Cap-aux-Meules, Îles de la Madeleine. Crédit photo: Marianne Papillon

Un deuxième scénario, avec raccordement de l’archipel au réseau électrique d’Hydro-Québec, contribuerait de son côté à une baisse marquée de la consommation de mazout de l’ordre de 90 %. Il réduirait de près de 50 % la consommation de produits pétroliers à l’horizon de 2025 par rapport à celle observée en 2011 »

 « Avis – La commission d’enquête est d’avis que l’agglomération des Îles-de-la-Madeleine, en collaboration avec le MDDEFP et Hydro-Québec, devrait prendre contact avec l’initiative Cradle to Cradle Islands pour établir un partenariat qui pourrait mener à des solutions novatrices basées sur l’expérience et l’expertise des îles participant à cette initiative. Le Fonds vert, administré par le Ministère, pourrait financer un programme pour étudier l’introduction de solutions énergétiques de remplacement. »

p.123: L’électrification des transports 

«Avec un câble sous-marin, une pénétration importante de véhicules électriques entraînerait une baisse de la consommation de carburant et, de là, du besoin en stations-service et en réservoirs de carburant qui sont habituellement souterrains. Rappelons que cinq cas connus de contamination du sol, tous liés à des stations-service d’essence ou à l’entreposage de produits pétroliers sur le territoire madelinot, ont été rapportés par le MDDEFP. »

VE« La commission d’enquête constate que l’électrification des transports aux îles de la Madeleine pourrait contribuer à y diminuer l’utilisation et l’entreposage des combustibles fossiles liquides, réduisant ainsi les risques de contamination des aquifères. »

Cela fera bientôt un an qu’il est sorti, ce brillant rapport où figurent d’ailleurs plein d’autres recommandations. Mais depuis ce temps, Hydro-Québec a annoncé que la durée de vie de la centrale allait être prolongée jusqu’en 2035. Suite aux récents événements, y aura-t-il plus d’ouverture à réduire la consommation d’hydrocarbure aux Îles de la Madeleine?

Récit d’une électrisante sortie à Grande-Entrée

Samedi soir, je passe chercher deux copines à 5 km de chez nous, à la Dune-du-sud, avec une quarantaine de km d’autonomie. Généralement, après une pleine charge nocturne à domicile, nous disposons de 60 km d’autonomie électrique. Ceci dépasse habituellement nos besoins de Maisonnois. Mais cet après-midi-là, avant une sortie de filles à Grande-Entrée, on avait décidé d’aller se balader en famille sur une vingtaine de km…

Nouvelle propriétaire d’une Volt, je me fais un devoir d’offrir le volant à mes compatriotes. L’une d’elles habite près de Montréal et est déjà propriétaire d’une Leaf: on n’apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces. L’autre accepte avec empressement, elle veut justement se procurer une voiture électrique bientôt.

Grand départ. Direction: Grande-Entrée. Distance : 45 km. Autonomie restante : 39km.

« Ah! il va falloir faire les derniers km sur le gaz…» C’est pas grave, on roulera pas trop vite, on s’en sortira peut-être. Pendant la route, les trois filles jasent de char. Il faut savoir que notre fille de la ville est sur le conseil d’administration de l’AVÉQ et qu’elle est la déléguée aux représentants régionaux, tandis que je suis moi-même représentante de la région Gaspésie-les-Îles. Catherine nous parle de ses expériences urbaines, de la fois où ils ont battu un record du monde, des projets à venir sur la grand’terre en électrification des transports. En expliquant à Brigitte, future propriétaire de VÉ, comment fonctionne l’application plugshare, on découvre qu’il y a un 2e accès à la recharge aux Îles-de-la-Madeleine!

On arrive à Grande-Entrée: il reste 1 km d’autonomie pour se rendre à la borne. Brigitte conduit lentement, se fait dépasser sans honte dans le village, question d’allonger ses derniers instants sur la batterie. On aperçoit l’entrée de l’auberge de la Salicorne juste au moment où, sur le tableau de bord, l’icône de pompe à essence remplace celui de la batterie. «Les filles, ça y est, on est au gaz.» N’eut été de ma remarque, elles ne s’en seraient probablement pas rendu compte. Le moteur de la Volt étant électrique, il ne fait à peu près pas de bruit, qu’il soit alimenté à partir de la batterie ou bien à partir de la petite génératrice à essence. Bref, la transition se fait sans grand traumatisme pour notre vénérable conductrice.

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Borne de recharge gratuite à l’auberge la Salicorne, Grande-Entrée. (Crédit photo: Catherine Giroul)

Arrivées à la Salicorne, une voiture est déjà sur place. Pas de problème, c’est une auto à essence qui s’est garée devant la borne par mégarde, mais le fil est bien assez long! On se branche avec grande excitation: on pense bien être les premières à le faire… Oui, les gens de la place nous le confirment, on immortalise ça! Bon, maintenant, il faut se rendre au Bistro Plongée Alpha, nous y avons un goûter- conférence. Comme prévu, une amie de Grande-Entrée vient nous chercher pendant la recharge et elle nous accompagne à cette magnifique soirée, à 3 km de là.

Mario Cyr nous partage sa riche expérience de plongeur caméraman pendant qu’on mange un délicieux repas de la mer. Une conférence fort intéressante sur les apnéistes, les tournages de plusieurs documentaires sous-marins, le Grand Nord, l’expédition du Sedna IV et quelques accidents de plongée. On commémore le tout par une photo officielle où, à défaut de faire le célèbre « nob », on lève le pouce!

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Trois auditrices « branchées » à la conférence de Mario Cyr, Bistro Plongée Alpha. (Crédit photo: Luc Miousse)

La soirée terminée, notre amie nous dépose à la station de recharge. Surprise: la recharge est complète à 62 km en à peine trois heures trente! Efficace, la borne de 240V de la Salicorne! Je reprends le volant pour la conduite du soir avec, évidemment, les phares allumés. Malgré ma vitesse de conduite modérée, j’arrive à la maison avec seulement 4 km d’autonomie sur ma batterie. On a consommé au retour l’équivalent de 58 km pour une distance de 51 km. On n’avait dépensé que 46 km à l’aller! Aurais-je le pied pas mal plus pesant que notre chauffeuse d’un soir ou serait-ce l’impact des phares?

Faut croire que le vent soufflait pas du bon bord au retour!

 

Quelques constats:

– la Volt répond à nos besoins aux Îles

– la borne de la Salicorne fonctionne très bien

– le vent fait varier la consommation (comme pour les véhicules à essence!)

– il y aura de plus en plus de bornes et de VÉ aux Îles bientôt!

– on entend souvent parler de l’anxiété d’autonomie en auto électrique… Détrompez-vous, en Volt, c’est l’anxiété de retourner à l’essence après avoir roulé 60 km sans en consommer une goutte qui vous attend!

 

Pour ceux qui s’interroge la source d’électricité au Îles et les bénéfices possibles du transport électrique sur l’archipel, visitez https://mpapillon.wordpress.com/2013/10/07/recharger-sa-batterie-aux-iles-de-la-madeleine/

À vos marques, prêts? Branchés!

Recharger sa batterie aux Îles-de-la-Madeleine… est-ce possible? Eh bien oui! Une borne de recharge publique et gratuite est en fonction sur l’archipel depuis le 31 juillet 2014. Ci-bas le communiqué officiel à cet effet.

VEGrande-Entrée, le 7 du mois de août 2014 – L’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ), en collaboration avec l’auberge la Salicorne et Attention FragÎles est heureuse d’annoncer qu’une borne de recharge pour véhicule électrique est maintenant accessible au public dans l’Est de l’archipel madelinot.

Depuis quelques années, les Îles-de-la-Madeleine étaient déjà l’hôte de véhicules électriques et de bornes de recharge réservés aux employés d’une institution publique. Il s’agit maintenant d’une borne de recharge pour véhicule électrique accessible aux résidents et aux visiteurs des Îles-de-la-Madeleine.

La plupart des déplacements quotidiens habituels en véhicule électrique peuvent être effectués grâce à une seule recharge nocturne à domicile. Cependant, quand il s’agit de parcourir l’archipel d’un bout à l’autre, la recharge d’appoint peut être requise, d’où la pertinence d’installer une borne à une extrémité. Aussi, les visiteurs planifiant un voyage en véhicule électrique sur l’archipel auront besoin d’un accès à la recharge, idéalement sur un lieu d’hébergement.

Ainsi, la Salicorne est fière d’offrir un service de recharge gratuite aux utilisateurs de véhicules électriques via une borne CS40 de 30 ampères du réseau Éco Route Québec. Les notions de développement durable et de tourisme électrique collent aux valeurs de ce lieu d’hébergement et d’escapades. « La recharge implique que les utilisateurs de véhicules électriques doivent demeurer sur place pendant quelques heures. Un site comme celui de la Salicorne est donc un lieu de prédilection pour offrir restauration et divertissement à cette clientèle » commente Marianne Papillon, représentante régionale de l’AVÉQ.

Selon Pier-Olivier Fortin, directeur par intérim de l’organisme Attention FragÎles, cette démarche est de très bonne augure pour l’environnement des Îles : «Afin de bien profiter de notre magnifique archipel, nos visiteurs ont inévitablement besoin de se déplacer sur des distances considérables. Améliorer l’accès à des recharges pour véhicules électriques est une excellente nouvelle et Attention FragÎles est honoré de s’associer à la démarche ».

L’archipel est maintenant connecté à la grande communauté du transport électrique, comme en témoigne la carte de bornes disponible sur www.plugshare.com. Des rencontres avec les acteurs locaux, des séances d’information et des essais routiers devraient suivre au courant de l’année.

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L’Association des véhicules électriques du Québec (AVÉQ) est un organisme indépendant qui repose sur la conscience sociale de ses membres bénévoles. L’AVÉQ a pour mission d’informer et d’éduquer les propriétaires et futurs acheteurs de véhicule électrique, d’améliorer les infrastructures de recharge québécoise et de promouvoir le tourisme électrique. Pour plus d’informations, visitez http://www.aveq.ca.

La Salicorne offre des séjours d’exception aux Îles-de-la-Madeleine. Située dans le village coloré de la Grande-Entrée, la Salicorne offre des services d’hébergement, de restauration ainsi que diverses activités nautiques et culturelles. Entreprise d’économie sociale, la Salicorne intervient dans une vision de tourisme durable qui combine la protection de son milieu, le développement et la création d’emplois.

Attention FragÎles est un organisme de bienfaisance à but non lucratif issu d’un mouvement citoyen et créé en 1988. Par sa mission, il contribue à la responsabilisation environnementale de la population, des acteurs du développement et des visiteurs des Îles-de-la-Madeleine en réalisant, en soutenant ou en encourageant des comportements respectueux de l’environnement. Sa vision : rallier la population des Îles-de-la-Madeleine à l’objectif de garantir la qualité et la pérennité de l’environnement naturel madelinot, prémisses d’un milieu de vie de qualité.

Source:

  • Marianne papillon, Représentante régionale Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine de l’AVÉQ, marianne@aveq.ca
  • Robert St-Onge, Directeur, La Salicorne, 377, Route 199 Grande-Entrée, Québec, info@salicorne.ca
  • Pier-Olivier Fortin, Directeur par interim, Attention FragÎles, action@attentionfragiles.org

Manifestement manipulés

Attention! La liste de sophismes est longue dans le récent manifeste pro-pétrole. À moins qu’il ne n’agisse de pure méconnaissance de la part de ses signataires? Qu’à cela ne tienne, nos hyper-puissants groupes de réinformateurs bénévoles travaillent nuit et jour à élaborer une réplique.

En attendant le retour du pendule, voici quelques rectifications :

1-Élémentaire me direz-vous: un avenir meilleur ne se limite pas qu’à des considérations financières. Les composantes environnementales et sociales sont aussi à prendre en compte, comme le leur rappelle ici le Conseil régional en environnement de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

2-Les revenus potentiels énoncés sur la place publique sont spéculatifs et démesurés. On a même entendu que 300 milliards $ annuellement garniraient ainsi nos trésors publics alors qu’un rapide calcul optimiste nous ramène plutôt à 500 millions. Et de ceux-ci, s’ils existent, il nous faudrait soustraire les dépenses publiques liées à l’exercice… L’analyse financière de M. Durand, géologue, mentionne à cet effet que, sur Anticosti par exemple, les dépenses nécessaires seraient beaucoup plus grandes que les revenus, rendant l’exploitation déficitaire, sans même parler d’accident dévastateur.

3-Terre-Neuve-Labrador est prudent dans le dossier de l’exploration dans le golfe, aucun forage n’y est en cours, quoiqu’en dise le porte-parole du manifeste. Un moratoire complet sur la fracturation y est d’ailleurs en place, sur terre comme en mer. Et si Terre-Neuve inquiétait le moindrement Québec, une demande d’arbitrage frontalier impliquant la notion d’équidistance pourrait être amorcée, ce serait beaucoup plus avantageux que de se précipiter tête baissée dans une course à l’or noir.

4-Il n’existe légalement aucune « séparation » entre l’exploration et l’exploitation. En vérité, au Québec, si une compagnie trouve un gisement de pétrole rentable au stade de l’exploration, elle est obligée d’évoluer vers l’exploitation, sinon elle perd son permis. Ouvrir la porte à l’exploration, c’est accepter l’exploitation. Le débat « équilibré » doit avoir lieu AVANT l’exploration, laquelle est d’ailleurs pas mal plus risquée que l’exploitation.

5-On parle d’un débat déséquilibré où les groupes d’opposants auraient trop de pouvoir, mais on ne mentionne pas l’existence des lobbyistes des pétrolières qui rencontrent les dirigeants derrière des portes closes. Serait-ce cet inoffensif biologiste qui ferait trembler les oligarques du Québec ou cette  bénévole informée déconstruisant un à un les propos d’un ancien premier ministre en un mémorable face-à-face télévisé? N’oublions pas que les profits, avant d’aller aux Québécois, iront aux actionnaires, lesquels ont grand avantage à manipuler l’opinion publique.

Québec-PET-10d6-Il n’y a aucune mention des projets d’oléoducs, dans ce manifeste. Selon les dires des pétrolières, le pétrole de l’Ouest arrivant au Québec par pipeline va dépasser les capacités de nos raffineries et pratiquement doubler le transport maritime de matières dangereuses sur le Saint-Laurent. Comment alors justifier toute exploration risquée en sol ou en eaux québécoises? Et si ces risques, plutôt que de s’additionner, se multipliaient?

7- Ne nous leurrons pas, les premiers forages dans le golfe québécois se seront pas réalisés d’ici 10 ans et l’exploitation, s’il en est une, prendra encore une autre décennie. Et dire que pendant ce temps-là, on pourrait s’investir à réduire notre consommation et sauver des « milliards » en balance commerciale.. et combien de tonnes de CO2.

Pourquoi ne nous consacrerions-nous pas plutôt à préparer l’inévitable après-pétrole?

Recharger sa batterie aux Îles-de-la-Madeleine

Il n’y a rien de nouveau à venir aux Îles pour y recharger ses batteries. Mais recharger sa pile de voiture électrique pendant qu’on se la coule douce aux Îles, est-ce commun? Victimes des changements climatiques, les Îles-de-la-Madeleine n’auraient-elles pas un rôle à jouer dans l’électrification des transports au Québec?  Réflexion sur le déploiement de bornes de recharge en milieu insulaire en 11 questions & réponses.

Offre_61) Existe-t-il des bornes de recharge aux Îles-de-la-Madeleine? Non, nous n’avons présentement aucune infrastructure accessible au public pour accueillir les visiteurs en véhicule électrique (VÉ)  ni pour supporter les citoyens qui opteraient pour l’achat d’un VÉ. (Mise à jour: Oui! info ici)

2) Alors que font les utilisateurs de VÉ aux Îles? Ils doivent utiliser une prise résidentielle (110V, temps de recharge de 12-16h), la leur ou celle d’un particulier après entente. Ceci peut décourager les utilisateurs de VÉ à choisir les Îles-de-la-Madeleine comme destination. Et les utilisateurs locaux potentiels, faute d’un réseau de recharge adéquat, se tourneront plutôt vers le véhicule à essence.

3) Quelle est l’autonomie de route des VÉ? Variant selon le modèle et l’année, les VÉ ont une autonomie de 100 à 500 km. Par contre, s’il fait froid, si le vent est contraire, si le relief est accidenté ou encore si la vitesse de conduite est élevée, la pile se déchargera plus vite. À noter qu’il en est de même pour les véhicules à combustion qui consomment alors davantage d’essence. L’archipel des Îles-de-la-Madeleine fait environ 90 km d’Est en Ouest. Les petites distances à parcourir pour couvrir l’Île en font un lieu de prédilection pour le développement du transport électrique.

4) Oui, mais l’électricité polluante des Îles-de-la-Madeleine (produite par centrale thermique au mazout) n’annule-t-elle pas les gains environnementaux du VÉ? Un véhicule doté d’un moteur électrique est efficace à 94 % en comparaison à 20 à 35 % pour un véhicule à combustion. Ainsi, l’énergie consommée par le véhicule à combustion est perdue de 65 à 80 %, celle-ci n’étant pas récupérée pour la propulsion même du véhicule. Cette énergie gaspillée s’échappe donc sous différentes formes, soit en chaleur, friction ou combustion incomplète des hydrocarbures. Ainsi, même si un VÉ est alimenté par une centrale au mazout (où les pertes énergétiques sont d’environ 60%), il n’en demeure pas moins que son utilisation est plus avantageuse au niveau des GES que la plupart des véhicules actuellement en circulation.

Voici une adaptation libre du graphique de Pierre Langlois («Rouler sans pétrole»)  qui illustre qu’en rechargeant une voiture électrique avec une centrale au mazout on n’émet pas plus de CO2 qu’une voiture qui consommerait 5 litres/100 km. Dans ce graphique, les émissions sont calculées de la terre aux roues pour une voiture électrique rechargée dans différentes centrales. Les lignes horizontales indiquent les émissions pour différents types de véhicule à essence.

CO2_VE_Centrales5) Et qu’adviendrait-il si la centrale au mazout était convertie? Dans le cas où la centrale actuelle serait bonifiée ou convertie, la production d’électricité émettrait moins de CO2 et le gain environnemental du VÉ augmenterait d’autant. Ex: avec le couplage éolien, la biométhanisation ou la biomasse ou encore en la convertissant au gaz naturel, les émissions de la centrale pourraient diminuer du quart. Avec un câble électrique sous-marin permettant aux Îles d’être alimentées par hydro-électricité, les émissions seraient pratiquement nulles et, conséquemment, celles du VÉ aussi.

Ce faisant, le développement du réseau électrique de transport agirait comme un incitatif sur les instances, comme le Ministère des ressources naturelles ou Hydro-Québec, pour rendre la centrale moins polluante. C’est une façon d’induire l’offre et la demande vers une réduction de notre dépendance au pétrole et vers la réduction de nos émissions de GES.

6) Mais les piles, ne sont-elles pas source de pollution? Lorsqu’elles est changée après 8 à 14 ans, la batterie peut être réutilisée à d’autres fins (ex: raccordée à un panneau solaire) ou encore ses composantes peuvent être recyclées. En vérité, le cycle de vie du VÉ est avantageux pour un milieu insulaire comme le nôtre. En effet, elle contient beaucoup moins de composantes, donc moins de pièces à changer et à faire venir, moins de transport, moins de fluides (ex: aucun changement d’huile, pas de ligne à frein, etc.) et ainsi moins de déchet à exporter et moins de contamination possible.

7) Y aurait-il d’autres avantages locaux à développer un réseau de bornes de recharge? Oui!  Il y a certainement des avantages au niveau de l’image des commerces et institutions offrant ce service. Économiquement, il peut être intéressant pour certaines entreprises ou organismes d’attirer une clientèle de cette façon. En effet, cette clientèle plutôt aisée dispose habituellement d’un plus grand budget pour les achats locaux étant donné que moins d’argent est investi au carburant. Elle dispose aussi de plus de temps sur les lieux de la recharge, ce qui la prédispose à consommer localement pendant cette période. La visite de cette clientèle éco-responsable serait profitable à notre industrie touristique et à notre communauté. Les utilisateurs de voiture électrique voyagent autrement, la notion de « tourisme électrique » commence d’ailleurs à se développer. L’expérience de recharge  est une nouvelle niche à exploiter. Cette clientèle pourrait apprécier de faire la croisière à partir de Mtl; elle éviterait la longue route fragmentée par les multiples périodes de recharge et profiterait d’un temps de qualité aux Îles où une infrastructure électrique pourrait l’accommoder. Le VÉ ne fait pas de bruit, le saviez-vous? La pollution sonore en serait donc diminuée. Aux Îles-de-la-Madeleine, nous avons beaucoup à gagner à développer une infrastructure supportant l’écotourisme.

8) N’existe-t-il pas déjà un projet de réseau public de bornes de recharge? Un programme d‘électrification des transports au Québec est en plein développement mais l’installation de bornes dans les régions éloignées ou isolées ne fait pas partie des priorités annoncées. Le Circuit électrique est le circuit officiel d’Hydro-Québec, il est établi en partenariat avec des organismes et entreprises privées (PJC, Rona, CAA, municipalités, etc.). Le Circuit électrique offre la recharge à 240 V. Leurs bornes proviennent de l’entreprise québécoise ADDénergie au coût d’environ 6000$ et nécessitent des frais de branchement annuels. L’électricité est facturée au propriétaire du VÉ au coût de 2,50$/recharge, payable par carte prépayée de 10$. Leur site web permet de trouver la borne disponible la plus proche. Les municipalités ont été interpellées par le gouvernement pour participer au développement de ce réseau de bornes, elles sont d’ailleurs obligées de commander leurs bornes auprès de ce fournisseur si elles décident d’offrir un service de recharge.

L’écoroute est une entreprise privée de borne de recharge. Elle développe un réseau transcanadien et est présentement en période de recherche pour se déployer dans l’Est du Canada (Déjà 5 bornes en Gaspésie et 40 au N.-B., 18 à l’I.P.É., 17 en N.-É. et 8 à T.-N.-L.). Elle projette actuellement d’installer des bornes aux Îles-de-la-Madeleine. Leur approche est de vendre des bornes de 40A (240V) à plus faible prix (1500$) mais sans frais d’accès annuel. Les propriétaires de ce type de borne offrent alors gratuitement l’électricité à leurs clients, ce qui permet d’attirer une nouvelle clientèle et de la fidéliser. Écoroute se charge de publiciser les lieux de recharge sur son site.

9) Quelle serait la meilleure stratégie de déploiement de bornes de recharge aux Îles-de-la-Madeleine? Nous devons identifier des solutions locales qui sont adaptées à notre réalité géographique, démographique et énergétique. À ce stade-ci, nul besoin de déployer un réseau coûteux et abondant pour une clientèle pratiquement encore inexistante, mais l’autonomie de route avec un VÉ devrait être garantie dès maintenant sur tout l’archipel pour assurer la sécurité des usagers et pour soutenir les efforts d’électrification des transports du Québec et des Maritimes. Il faudrait probablement environ 5 bornes accessibles au public pour une infrastructure fonctionnelle aux Îles. Elles devraient être d’au moins 240V pour permettre une recharge suffisamment rapide (2-4h). L’expérience de recharge devrait être positive, donc dans des lieux accessibles à l’année, avec possibilité de restauration et de divertissement (visites culturelles, plein air, commerces, etc.). C’est dans l’Est de l’archipel que l’autonomie est la plus importante à assurer étant donné la distance de 60 km à partir du centre, mais l’île centrale et l’Ouest devraient aussi être desservis. Si elles répondent à nos besoins, les opportunités actuelles (voir ci-bas) doivent être rapidement saisies. Cette démarche sera plus profitable si elle est faite en concertation avec le milieu, mais toute initiative personnelle ou privée devrait être soutenue dès maintenant. D’éventuels candidats aux élections municipales ou provinciales pourraient proposer de supporter un tel projet, c’est à souhaiter. Cependant, nous aurions tort de les attendre pour avancer. La borne de recharge électrique aux Îles-de-la-Madeleine est un projet à portée de main pour tous ceux qui désirent soutenir le virage vert. À nous de saisir cette occasion.

10) Quels sont les incitatifs financiers si je désire installer une borne ou m’acheter un VÉ? Les habitants des Îles-de-la-Madeleine, entreprises, organismes et municipalités peuvent bénéficier des mêmes incitatifs qu’ailleurs au Québec en souscrivant au Programme « Roulez électrique ». Un remboursement de 8000$ est accordé à l’achat d’un VÉ  (guide d’achat disponible ici). Le programme inclut également une aide financière pour l’achat et l’installation de bornes de recharge de 240 volts (1000$ ou 50% de rabais). Le projet « 400 VE pour le Québec » propose aux entreprises, aux municipalités, aux ministères et aux organismes de se regrouper afin de procéder à l’acquisition par appel d’offre de 400 véhicules électriques ou hybrides rechargeables à usage professionnel. La participation à ce projet rend aussi admissibles au programme « Roulez électrique ». 

11) Je suis intéressé à acquérir et/ou installer une borne de recharge aux Îles-de-la-Madeleine, que dois-je faire? Contactez-moi à marianne@aveq.ca ! De l’information supplémentaire pourra vous être acheminée (l’essentiel est ici). Des rencontres de concertation pourraient aussi s’organiser sous peu. Enfin, la visite d’un représentant de borne s’organise pour effecteur des rencontres individuelles et un achat de groupe. Vous pouvez aussi me laisser un commentaire ci-bas. À bientôt!

D’autres questions? Ou des réponses différentes des miennes? Merci de m’en faire part dans les commentaires. La discussion est lancée!

Ras-le-bol

Croyez-le ou non, le déversement de 450 000 L d’hydrocarbure à Sept-Îles serait survenu alors qu’on tentait de transvider du mazout dans un réservoir qui était PLEIN! Alors, mesdames, saisissez l’occasion: apprenez des erreurs des autres.

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Débordement prémonitoire? Voir venir et … apprendre de nos erreurs.

Premièrement, lorsque vous exprimez* votre lait, utilisez un contenant vide. Si, en cours de processus, vous constatez un débordement, cessez l’expression du lait maternel. Ne tardez pas avant de nettoyer, vous éviterez de fâcheuses taches. Un point important: n’en faites pas tout un plat. Évitez de mettre des photos du dégât sur facebook, ou alors ne montrez que ce qui a coulé sur la table et omettez ce qui s’est répandu au sol. L’image que vous projetez de vous-même est PRIMORDIALE.

Avez-vous prévu une équipe de secours en cas d’urgence? Qui sait si vous trouverez du personnel qualifié pour vous aider le moment venu? Prévoyez aussi un petit budget hebdomadaire pour acheter des produits de nettoyage, au cas où, et… un dernier conseil: avez-vous pensé à investir dans le papier essuie-tout? En effet, en devenant actionnaire de la solution, vous rentabiliserez les dépenses liées aux éventuels « accidents« .

Il est vrai que la prévention peut contribuer à diminuer la survenue et l’importance des déversements. Mais mesdames, en allaitement comme pour le reste, le risque zéro n’existe pas. Dégât il y aura, assurément, alors… soyez prêtes!

PS: Rassurez-vous, ces préoccupations sont temporaires. Un jour ou l’autre, le sevrage viendra.

*Exprimer: Faire sortir un liquide par pression ; extraire : Exprimer le jus d’un citron. Source: Dictionnaire Larousse

« Pas dans ma cour » revisité

Détail de la mosaïque "Sciences naturelles" de Marianne Papillon à l'exposition collective "PEUT MIEUX FAIRE - Cahiers d'exercices", septembre 2012.

La main de l’Ouest force l’enfant de l’Est à boire un liquide noir. Détail de « Sciences naturelles » de Marianne Papillon à l’expo « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices« , 2012.

Depuis ce printemps, l’accord des propriétaires terriens québécois est soutiré un à un, le long du tracé d’un projet d’oléoduc. On cherche ainsi à préparer le terrain pour faire passer du pétrole sous le fleuve, sur la Rive-Nord, encore une fois sous le fleuve, dans le Bas-Saint-Laurent puis dans le Témiscouata.

Pourquoi? Pour qu’on paie moins cher à la pompe? Non, pour EXPORTER le pétrole de l’Ouest par l’Est, au Nouveau-Brunswick. 1 100 000 barils de pétrole par jour, 590 barils par minute (1 baril = 160L). Il va largement dépasser la capacité de nos raffineries, ce pipeline.

Est-ce acceptable que des négociations aient ainsi lieu en catimini avec chaque propriétaire touché (en évoquant de surcroît une possible expropriation)? N’est-ce pas la stratégie énergétique de tout le pays qui en serait affectée? Le désenclavement du pétrole issu des sables bitumineux serait dramatique dans la lutte aux changements climatiques. Sans même parler du risque de déversement (une fuite de seulement 5 minutes correspondrait à 3000 barils dans la nature!) on ne peut limiter l’étude de l’impact de ce projet aux propriétaires concernés.

La Colombie-Britannique, elle, a dit non au pipeline. Ne recevoir à peu près aucun bénéfice économique mais assumer tous les risques environnementaux et de sécurité civile? Non merci, on les comprend. Pourquoi ce serait différent au Québec?

Barack Obama a quant à lui répété à plusieurs reprises qu’il fallait rejeter Keystone XL s’il était prouvé que sa construction augmenterait de manière importante les émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

Et au Québec? Eh bien Mme Marois se dit bien ouverte à la chose, oui oui. Pourrons-nous être consultés même si le tracé du pipeline ne passe pas chez nous? Pas sûr. C’est le syndrome « pas dans ma cour » revisité: ça ne passe pas dans votre cour, ce tuyau-là? Alors désolé, mais cela ne vous concerne pas.

Il est plus que temps que le débat s’ouvre et que tous les Québécois aient le droit de parole sur ce projet. À l’automne 2013, une consultation publique sur le dossier de l’énergie aura lieu (info et inscription ici). Ce sera l’occasion de poser nos questions sur les enjeux de fonds, de parler de nos préoccupations concernant les projets énergétiques que sont les pipelines, le transport ferroviaire, les forages, la fracturation, l’exploration extra-côtière, l’économie d’énergie, le virage vers les énergies vertes et la réduction des gaz à effet de serre.

Pour ma part, je leur demanderai pourquoi on nous parle encore de forer le golfe du Saint-Laurent et de fracturer Anticosti si on compte de toute façon EXPORTER le pétrole de l’Ouest en passant par l’Est?? C’est qu’elle grande, très grande, notre cour!

Une campagne téteuse?

Voici mon analyse des différentes plateformes électorales du Québec sous un seul regard: celui favorisant l’allaitement maternel. Après tout, quel autre dossier peut se vanter d’avoir un aussi grand potentiel en matière de santé des populations, de sécurité alimentaire, de réduction de gaz à effet de serre et de réduction de notre dépendance au pétrole?

Analysons donc les plateformes électorales de 6 partis en lice en fonction des différents facteurs prédictifs de l’allaitement maternel. Loin d’être politicologue, je vous propose un classement par pointage de 0 à 3, arbitraire mais honnête :

                FACTEUR        \           PARTI PLQ CAQ PQ ON QS PVQ
âge avancé de la mère, grossesse planifiée 0 1 1 1 1 1
niveau d’étude de la mère 0 2 2 3 3 3
niveau socio-économique 1 1 1 1 2 2
non-fumeur 0 1 3 1 1 3
information de qualité sur l’allaitement reçue avant l’accouchement et avant la grossesse 0 0 0 0,5 1 2
pratique hospitalière favorisant l’allaitement (Initiative Amis des Bébés de l’OMS) 0 0 0 1 1 2
soutien à la mère (via père, famille, amis) 1 1 3 2 3 0
soutien aux professionnels de la santé (formation du personnel et financement des organismes) 0 1 0 1 3 3
Environnement de travail favorable à l’allaitement, travail à temps partiel 1 0 1 0 0 2
Politique encadrant la publicité des préparations commerciales pour nourrissons 0 0 0 2 2 1
Score « téteux » des partis sur 30 : 3 7 11 12,5 17 19

Prix biberon au PLQ (3/30) pour leur maigre proposition en santé qui se résumerait à : « Le PLQ propose d’améliorer la santé dentaire de nos jeunes, l’accès en chirurgie, et de mieux suivre les malades chroniques. » Aucune mesure de prévention mise de l’avant pour cela, alors que l’allaitement maternel à lui seul pourrait y arriver à long terme. Seul point positif du PLQ en matière d’allaitement: il s’engage à soutenir les entreprises qui créeront des places en services de garde dans leur milieu de travail. Cette mesure pourrait potentiellement  diminuer la séparation mère-enfant et ainsi contribuer à prolonger la durée de l’allaitement maternel au-delà du retour au travail.

La CAQ traîne de la patte (7/30). Elle mentionne la prévention, mais rien ne laisse présager que le soutien et la promotion de l’allaitement ne s’insérerait à son « grand ménage » : « Prise en charge complète de l’état de santé de chaque Québécois par un médecin de famille, coup de barre pour compléter rapidement le réseau des Groupes de médecine familiale (GMF), abolition des Agences de santé et de services sociaux, plus d’autonomie aux établissements de santé, rapidité d’accès aux examens diagnostiques et aux soins spécialisés, virage en faveur de la prévention.(…) Il est inconcevable que la porte d’entrée pour obtenir une consultation médicale demeure encore aujourd’hui la salle d’attente bondée d’une clinique ou l’urgence d’un hôpital. » Bon point pour les mamans qui doivent consulter l’urgence pour un problème d’allaitement, encore faudrait-il que les professionnels de la santé les recevant soient compétents en la matière.

 Le PQ s’approche mais rate la cible (11/30): on sent une volonté d’aller vers la prévention, de soutenir les familles et de valoriser la scolarité, mais les mesures plus spécifiquement liée à la santé de la femme, à la périnatalité et à l’allaitement ne sont pas explicitées : « Préserver notre système de santé et nos services sociaux : adopter des mesures de prévention, incluant des mesures pour favoriser la pratique du sport, afin de lutter contre la malbouffe, la sédentarité, le tabagisme et les infections transmises sexuellement afin de réduire la prévalence des maladies chroniques et d’améliorer les habitudes de vie.  Faire de la lutte contre le cancer une véritable priorité nationale et procéder à une réorganisation de la lutte contre le cancer au Québec en partenariat avec le milieu. » Pas un mot sur l’allaitement et son potentiel de prévention sur les maladies chroniques et le cancer… Nous ne savons donc pas si ces mesures concerneront la promotion et le soutien à l’allaitement, mais nous pouvons l’espérer.

Alors, téteuse, la campagne électorale?                    Pas vraiment.

Option Nationale obtient la mention spéciale aigre-douce (12,5 /30) pour être le seul parti dont le site permet d’obtenir un résultat en y tapant le mot « allaitement », lequel nous mène à la page d’une candidate qui affirme avoir été marraine d’allaitement en 2009. (Faut-il applaudir ou bien en pleurer, je vous le demande.) Bravo madame Garnier, votre parti se mérite grâce à vous 0,2 point au volet « information en allaitement ». (En date du 17 août, j’ajoute 0,3 point supplémentaire grâce au vidéo de Catherine Dorion où son attache de soutien-gorge d’allaitement dépasse de sa bretelle de camisole.) « Chaque dollar investi en prévention rapporte dix fois plus en dépenses curatives évitées. ON fera de la prévention et de l’action sur les déterminants de santé une priorité nationale en y associant les écoles, les municipalités, les employeurs et les autres acteurs concernés  » Bon, là, on parle vraiment presque d’allaitement. Du moins, on peut déduire que le soutien et la promotion de l’allaitement cadrerait parfaitement avec cette vision. « Il faudra également recentrer le système de santé sur les besoins du citoyen et savoir faire face aux lobbys médicaux et pharmaceutiques« ; mesure compatible avec le code de commercialisation des substituts du lait maternel.

QS se mérite le titre 2e téteux (17/30) grâce aux priorités qu’il accorde à la lutte à la pauvreté, à la gratuité scolaire, au féminisme, à une vision holistique et préventive de la santé qui inclue un soutien aux organismes communautaires et un retrait des lobbys industriels et pharmaceutiques. « (…) Il est proposé de créer, à partir du volet actuel «santé publique» du MSSS, une instance de promotion de la santé qui assumera un rôle déterminant auprès de l’ensemble de la population. Cette instance, multidisciplinaire et paritaire femmes – hommes, aura un pouvoir d’influence sur les autres ministères et sur les entreprises afin qu’ils agissent en faveur de la santé. » Espérons que ceci incluerait des mesures favorisant l’allaitement. « Il est proposé que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), de concert avec le mouvement féministe, intègre une analyse féministe de la santé (…), que des mesures soient prises pour mettre fin à la surmédicalisation du corps des femmes. » Amen.

Le Parti Vert du Québec est proclamé grand champion téteux (19/30) en axant sur la prévention, en valorisant les organismes communautaires et les pratiques écologiques, en proposant l’éducation gratuite et un revenu minimal garanti. « Une société en santé, ce n’est pas qu’un réseau d’établissements dédiés aux soins : le Parti vert du Québec propose un programme global de santé publique prenant en considération l’ensemble des déterminants pour une société en santé. (…) En matière de santé individuelle, en tenant compte des besoins réels, développer des politiques accordant autant d’importance à la médecine préventive, à la promotion de la santé et au développement de l’autonomie individuelle et collective qu’au traitement et à la guérison des maladies. » Selon cette vision, l’allaitement maternel serait assurément hautement valorisé. « Le PVQ croit qu’il est temps de faire respecter nos droits en obligeant les entreprises à assumer le cycle de vie de leurs produits, de sa fabrication à l’usine jusqu’à sa fin chez le consommateur où il est finalement éliminé. » Un joli pied-de-nez à Nestlé et ses acolytes. « L’éducation est le meilleur moyen pour améliorer la santé de la population, plusieurs études ont démontré que l’investissement en éducation avait un effet direct sur l’état de santé et conséquemment sur les coûts du système de santé » Et voilà! Écrivez maintenant le mot « ALLAITEMENT » quelque part dans votre programme et obtenez le prix colostrum!

Alors, téteuse, cette campagne? Pas vraiment. Retenons que, bien que les partis d’une idéologie plutôt de gauche et/ou environnementalistes soient ceux qui proposent les mesures les plus à même de favoriser l’allaitement maternel, aucun parti n’aborde actuellement, ne serait-ce que du bout des lèvres, cet important dossier de santé publique. Pourquoi? Parler d’allaitement sur la place publique, est-ce encore perçu comme vouloir culpabiliser celles qui n’ont pas allaité? Pourtant, on ne se gêne pas pour parler de tabagisme et d’obésité durant cette campagne! À moins que nos politiciens ne soient tout simplement pas au courant de l’énorme potentiel de santé, d’épargne et de protection de l’environnement qu’est l’allaitement maternel?

Explicatif du pointage : j’accorde 3 points d’emblée pour la gratuité scolaire ainsi que 2 pour le revenu minimal garanti, puisque les niveaux d’étude et socio-économique sont déterminants en allaitement. Comme tous les partis proposent des mesures ayant trait à l’économie, ils se méritent minimalement 1 points chacun. Les partis parlant de prévention en matière de santé, plutôt que d’axer sur l’accessibilité aux soins spécialisés, se méritent quelques points dans la rangée « grossesse planifiée » et « non-fumeur ». Les énoncés sur le soutien aux familles payent un simple point lorqu’il est question d’allègement fiscal, et davantage lorsqu’il est question de CPE ou autres priorités accordées à la famille. Le tout est complété et nuancé à la lecture des programmes et plateformes disponibles sur le web en date du 15 août 2012. Avez-vous une autre opinion sur la question? Des nuances à apporter?

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