Des options pour réorganiser son île

Population de 13 000 insulaires en plein Coeur du golfe du Saint-Laurent, dépendante du continent pour ses approvisionnements, brûlant du mazout pour s’éclairer, expropriant ses déchets par bateaux, vivant de pêche et de tourisme. Qu’adviendra-t-il de notre paradis, les Îles de la Madeleine, quand le pétrole nous sera rendu inaccessible? Où sont nos sphères de dépendance aux hydrocarbures, les moyens pour s’en passer, mais aussi quelles sont les étapes à franchir pour y parvenir?

C’est la question que je me pose depuis plus d’un an maintenant, depuis mon “choc pétrolier”. C’est avec étonnement et réconfort que j’ai pris connaissance des initiatives de transition qui s’opèrent à travers le monde, ainsi que du mouvement cradle to cradle Island d’où émergent des îles qui sont autonomes énergétiquement. Je vous livre donc ici le fruit, pas encore tout à fait mûr, de mes réflexions sur nos moyens de diminuer notre empreinte écologique et d’augmenter la résilience de notre communauté :

À mon avis, la première cible locale est la conversion de la centrale thermique

  • oui le gaz naturel pourrait être mieux que le mazout, mais l’éolien ou un câble amenant l’hydroélectricité ou exportant l’électricité éolienne serait encore mieux, et que dire du biométhane, de l’énergie marémotrice et du pompage hydraulique éolien?

12e vue de la butte à Mounette, Marianne Papillon

La deuxième cible est la réduction des dépenses énergétiques

  • par une meilleure efficacité (maison isolée, chauffe-eau solaire, etc) ex: il existe des maisons à consommation zero, qui se chauffent par la chaleur humaine, animale et les petits appareils électroniques, toute perte de chaleur étant récupérée et la maison étant parfaitement isolée.
  • par une meilleure organisation sociale (transport collectif optimisé, réseautage de ressources par canton, occupation du territoire…) ex : l’étalement urbain, c’est aussi une réalité des milieux ruraux. Nous gaspillons beaucoup de ressources à éloigner nos logements les uns des autres.

Exemples de projets possibles aux Îles-de-la-Madeleine pour réduire notre dépendance aux hydrocarbures :

  • optimiser le transport en commun,
    • avec une énergie non fossile pour les véhicules demeurant sur les Îles (ex: électrique, gaz, air comprimé)
    • le rendre bcp plus accessible : aux 30 minutes, sans besoin de réserver, itinéraires sur chemins secondaires aussi.
    • optimiser le transport en commun pour le transport hors des Îles aussi (autobus et covoiturage)
    • instaurer un réseau officiel de co-voiturage des Îles-de-la-Madeleine par internet et/ou dans chaque organisation (ex : travail, garderie, loisir).installer des bornes de recharge électrique pour les véhicules, une fois la centrale convertie,
  • gestion des déchets générant de l’énergie (biométhanisation, incinérateur avec récupération de chaleur & transformation en énergie sous le principe du moteur à vapeur)
  • soutenir la création d’une entreprise ou expertise en géothermie et solaire pour conversion commerciale et domestique,
  • favoriser la proximité géographique pour les clientèles de différents services, ex: garderie,
  • valoriser la transmission des connaissances en matière d’activités de subsistance (pêche, cueillette, élevage, agriculture, voile, tissage),
  • enseigner le jardinage et la permaculture (agriculture à l’année, dans nos habitations),
  • favoriser l’allaitement maternel,
  • installer des voies cyclables et des racks à bicyclettes massivement
  • contrer l’étalement urbain par un programme d’aménagement territorial, favoriser les immeubles à logement et les coopératives d’habitation,
  • limiter le déboisement, augmenter les efforts de reboisement.

Quelles sont VOS idées d’adaptation sociale et énergétique?

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3 Commentaires

  1. Oui, nous devons opter pour le moins pire. Il n’y a rien de magique et de merveilleux à produire de l’énergie avec les technologies d’aujourd’hui, quoique nous en dise l’industrie. À mes yeux, le scénario le moins pire, c’est encore de consommer moins et mieux, avec des options énergétiques adaptées à notre situation et une organisation sociale appropriée.

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  2. mario vigneau

     /  31 janvier 2012

    Les gaz, l’éolien… En tout cas, ça doit faire rire Hydro Québec, c’est sur qu’il ne se prononcera pas, depuis le temps qu’ils veulent faire passer leur idée d’éolienne. Avant , les gens ne voulaient pas, maintenant, les gens en demande pour enfin se débarrasser de l’industrie du gaz avec ses plateforme en mer. Bravo! On agit comme on vote, c’est a dire pour le moins pire. Du vrai marketing de pro!

    Réponse
  3. katia marchand

     /  15 décembre 2011

    Selon moi, une modification du système de chauffage s’impose dans beaucoup de nos maisons… malheureusement, ce geste ne peut se faire sans l’Accès à une énergie plus propre. L’électricité serait bien préférable au mazout, mais avec la centrale telle qu’elle est actuellement ce n’est pas un choix environnemental. Je suis donc un peu confuse, la poule ou l’oeuf. Présentement, nous recevons une subvention pour le mazout parce que produire l’électricité coûte trop cher. Je me demande si les décisions face à l’installation d’un câble sous-marin seraient accélérées si les gens rejetaient le mazout et que les dirigeants étaient pris avec une trop grande demande d’électricité.

    Je me questionne également sur la pertinence de tous les gros véhicules que je vois sur nos routes. Je sais que pour plusieurs elles sont nécessaires pour le travail… mais est-ce vraiment une majorité des camions qui sont utilisés pour de gros travaux? Serait-il possible d’avoir une espèce de coopérative où on pourrait louer un camion pour une journée ou deux, selon les besoins, afin d’éviter de se promener avec ces gros consommateurs d’essence à longueur d’année?

    Finalement, je demeure sidéré que nous n’ayons pas encore de ressource éolienne. Nous sommes dans les dix endroits de la planète avec la moyenne de vents la plus constante et la plus élevée. Qu’attendons-nous? Et que l’on ne me sorte pas l’excuse de « gâcher le paysage », cela me révolte. Les bases pétrolières au milieu du golfe sont à nos portes. Entre nous, la plateforme pétrolière, ou la plateforme éolienne???

    Réponse

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