Les pieds sur terre, le coeur en mer

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Illustration de Marianne Papillon, « Histoire de chanter les Îles » de Yvonne Langford aux éditions la Morue verte (p.94), 2014.

Une représentation spéciale du documentaire Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa aura lieu le mercredi 16 novembre, à 20 h (10$/personne) au Cinéma Cyrco de Cap-aux-Meules… 100% des recettes iront à Centraide GÎM!

Lors de l’illustration du recueil Histoire de chanter les Îles, une touchante photographie provenant de la Bibliothèque et archives nationales du Québec avait alimenté mon travail. J’avais redessiné cette photo au chapitre L’exil, l’ennui et l’amour de son pays, un titre qui en dit long! Traçant un à un ces personnages, je m’étais interrogée sur leur compte. Qui étaient-ils, ces gens sur ce bateau? Où allaient-ils? Étaient-ils heureux de partir ou déchirés? Par la magie de la photo, de la numérisation puis du dessin, j’avais partagé avec eux cet instant fugace en différé, sans pour autant connaître leur histoire.

En 2016, cette illustration était reprise en page couverture de la réédition de Découverte et peuplement des Îles-de-la-Madeleine aux éditions La morue verte. J’avais bon espoir d’en savoir enfin un peu plus sur ces gens au lancement estival.

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Illustration de Marianne Papillon, extraite du documentaire « Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa » de Sylvio Bénard et Céline Lafrance, 2016.

Mais au printemps 2016, comme si le destin s’amusait, Céline Lafrance et Sylvio Bénard m’ont approchée pour intégrer des illustrations à leur documentaire relatant le périple de plus de deux cents Madelinots qui, au début des années 1940, ont quitté l’archipel pour aller coloniser un coin de l’Abitibi dans l’espoir d’une vie meilleure. Ils s’agissait de ceux-là-mêmes qui figuraient sur cette fameuse image! J’ai ainsi réalisé avec grand plaisir des cartes géographiques selon leurs indications, illustrant les déplacements de ces exilés, façon google map – version 1941. Ah, voilà! Je la connaissais maintenant leur histoire.

Mais pas du tout! C’est véritablement en visualisant le documentaire de Céline et Sylvio que j’ai saisi la portée de cette aventure humaine. Si j’avais auparavant eu la frêle impression de redonner vie à ces gens en réinterprétant leurs visages et costumes en un plan, le documentaire Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa nous les montre quant à lui bien vivants, comme si on était assis dans leur salon à écouter ces survivants nous raconter l’improbable.

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Photo prise au départ des Îles, lors du voyage de 1942. (Bibliothèque et Archives nationales du Québec)

Je ne verrai plus jamais cette photo de la même façon. Elle nous est présentée au début et à la fin du film, mais entre les deux, un monde s’est déployé sous nos yeux: celui de la colonisation de Nepawa par le témoignage de descendants exilés. En revoyant cette image, on y reconnaît finalement tout un chacun: celui qui travaillait au ministère de la Colonisation, ceux qui se sont ennuyés – tantôt de leur grand-mère, tantôt de leur cousine – un autre qui se noiera et enfin, tous ceux travailleront avec acharnement pour bâtir aux siens un toit avant l’hiver, les pieds en Abitibi et le coeur aux Îles de la Madeleine.

 

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Afin de réaliser le documentaire Des Îles de la Madeleine à l’Île Nepawa, une campagne de sociofinancement a été organisée en 2014.  Le Conseil des Arts et des Lettres du Québec (CALQ) a aussi financé le projet. Consultez ici la page Facebook du film.

 

MANIFESTATION FÉMINISTE CONTRE LE PROJET D’OLAIT-ODUC

À la veille du début des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’équité (BAPÉ) sur le projet d’olait-oduc et de la journée internationale des femmes, des groupes de la société civile ont manifesté dimanche à Sorel-Tracy, en Montérégie, contre ce projet controversé de Lacto-Canada de 4500 kilomètres d’olait-oduc qui transporterait environ 1,1 million de barils de lait maternel par jour entre l’ouest et l’est du pays, en passant par le Québec.

Les réservoirs de Sorel-Tracy. Crédit image: Raymond Gauthier 2014

Les réservoirs de lait de Sorel-Tracy. Crédit image: Raymond Gauthier 2014

Le rassemblement, qui visait à dénoncer les conséquences anti-féministes du projet, s’est déroulé devant les réservoirs de lait de l’entreprise Kid-Lait. Le Réseau québécois des femmes estime qu’il est impératif d’aborder les questions d’équité et de la lutte contre l’exploitation des femmes post-partum de l’Alberta dans une perspective d’égalité entre les hommes et les femmes.

La députée Manon Nassé rappelle que ce sont souvent les femmes qui portent les responsabilités liées à la santé et aux besoins de base de leurs proches et de leur famille. Lorsque des communautés font face à une pénurie de lait causée par les lobbyistes de l’industrie pharmaceutique, ce sont les femmes qui se retrouvent à porter la plus grande part du fardeau, affirme-t-elle.

Deux biderons pour le prix d'un jusqu'au 26 octobre 2012.

Consultations bidons sur les olait-oducs?

Elle avait demandé au gouvernement Couillard de faire preuve de pragmatisme et de ne pas tenir les audiences du BAPÉ sur le projet de Lacto-Canada. Elle qualifie ces audiences de « bidon » parce qu’elles « ne respectent pas les lois du Québec et n’ont aucune force de loi ». Madame Nassé souligne que ces audiences ont été amputées d’éléments fondamentaux comme celui de l’étude d’impacts sociaux sur les femmes.

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Définition du féminisme ici

La Juge Bazzo a rejeté vendredi la demande d’injonction de groupes féministes qui souhaitaient suspendre la tenue de ces audiences. Elles débuteront comme prévu lundi. La Ministre Thériault a cependant déposé une requête en injonction pour forcer Lacto-Canada à se conformer à la Loi sur l’équité, ce qui déclencherait un processus complet d’évaluation et d’examen des impacts même sur les hommes.

 

Adaptation libre du texte «Manifestation à Sorel-Tracy contre le projet Énergie Est», de La Presse Canadienne, un compte rendu de Pascale Robidas sur Radio-Canada, 6 mars 2016.

Mur de femmes contre les oléoducs et les sables bitumineux (source: https://www.facebook.com/events/1714565932112426/)

Mur de femmes contre les oléoducs et les sables bitumineux (source: https://www.facebook.com/events/1714565932112426/)

 

Je suis féministe

La Ministre de la Condition féminine du Québec a affirmé qu’elle est «beaucoup plus égalitaire que féministe». Aouch! Mais qu’est-ce que le féminisme? Elle l’ignore donc?

« FÉMINISME [feminism] n.m. — 1837 ; du latin femina — Attitude de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes. »

source: dictionnaire Robert

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À lire sur le sujet: La ministre de la Condition féminine ne se dit pas féministe

ainsi que ce texte aussi vrai qu’hilarant: Lise Thériault, le féminisme et le dictionnaire

 

Je suis féministe. Ce n’est pas un mauvais mot. Il n’y a pas de quoi avoir un petit régurgi surette en le disant. Je suis féministe, parce que c’est, citons encore une fois le Robert, l’attitude «de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes. »

– Mathieu Charlebois

Une auto sur un bateau

Après avoir analysé l’accès à la mesure de gratuité des véhicules électriques sur les traversiers du Québec, nous nous demandons maintenant si elle est bénéfique sur le plan environnemental. Plusieurs éléments doivent être pris en compte pour y répondre.

  • VE_aqua2Premièrement, comparativement à un véhicule à essence, le véhicule électrique (VÉ) n’émet pas de pollution atmosphérique à son utilisation s’il est alimenté par une source renouvelable d’électricité (et en passant, un VÉ alimenté par l’électricité de la centrale actuelle de Cap-aux-Meules serait un peu moins polluant que la plupart des voitures à essence, plus d’info ici.) De plus, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie de la voiture, même si la fabrication de sa batterie implique une empreinte supplémentaire par rapport à la fabrication d’une voiture à combustion, elle émettra moins de GES au final (source). Ainsi, toute mesure qui encourage la conversion au transport électrique est globalement bénéfique;
  • Ceci étant dit, cette traverse que l’on vous incite à prendre, était-elle bien déjà sur votre chemin ou auriez-vous plutôt pris spontanément un autre chemin, plus court? J’entends déjà les Madelinots rigoler: « Il n’y a PAS d’autre voie que le traversier, chère! » Oui, mais je ne parle pas de la traverse interprovinciale les Îles-IPÉ malheureusement non admissible à la gratuité, mais de celles applicables dans le reste du Québec. Autrement dit, pour vous rendre en VÉ chez votre beau-frère à Verdun, seriez-vous vraiment passé par le traversier de Québec-Lévy ou auriez-vous pris un chemin plus direct, n’eût été de cet incitatif?
  • Auriez-vous de toute façon pris votre char ou cette gratuité vient-elle tenter le diable? Ouf, ce point est très important en regard de la traverse gratuite Cap-aux-Meules-Île d’Entrée!! Votre bâton de marche est pas mal moins énergivore qu’une voiture électrique sur un bateau…
  • Les VÉ sont lourds! La pile contribue à leur poids. Donc, pour le moteur du bateau, les VÉ sont plus énergivores qu’un véhicule à essence de taille équivalente. Vaut quand même largement mieux un VÉ sur un bateau qu’un campeur ou un VUS de 4500 lbs!
  • Le transport maritime est plus écoénergétique que le transport routier… lorsque celui-ci est à combustion. La logique ne s’applique plus lorsqu’il s’agit de transport routier électrique alimenté par de l’électricité de source renouvelable.
  • Ce traversier, est-il propulsé lui-même par une énergie propre et renouvelable? S’agit-il d’un traversier électrique ou propulsé au biogaz? Jusqu’à nouvel ordre, ceux des Îles de la Madeleine sont encore au diesel. Sachez, toutefois, que celui de l’Isle verte est hybride (diesel-électrique) et que celui de Matane-Baie-Comeau-Godbout « fonctionne parfois » au GNL, ce dernier émettant 25% de moins de gaz à effet de serre que les traversiers conventionnels (oui, mais ce gaz dit « naturel » liquéfié, provient-il bien de biogaz (amour!) ou de gaz de schiste (horreur!)? Rien n’est simple… Qui dit « diminution de GES à la consommation » ne dit pas nécessairement « moins d’impacts écologiques ».)
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Comparaison des émissions de CO2 selon différents modes de transport (source: http://www.safety4sea.com/ics-call-for-sustainable-regulation/)

Pour un choix écologique, préférez :

  • le transport actif (marche ou vélo). De ce point de vue, la traverse gratuite pour l’Île d’Entrée est un non-sens écologique puisque la balade s’y fait traditionnellement en bottes de marche!
  • le transport en commun (autobus ou covoiturage);
  • le véhicule le moins lourd (vous pouvez vérifier la donnée PVNB sur l’étiquette de vos véhicules);
  • le véhicule qui consomme le moins d’énergie et l’énergie la plus propre possible;
  • le trajet le plus court. Inutile de rallonger le voyage pour prendre une petite traverse, on n’y gagne pas au change;
  • l’écoconduite; respectez les limites de vitesse (oui, ce sera un peu plus long, mais vachement plus sécuritaire, économique et écologique), accélérez doucement, entretenez votre véhicule (filtre à air, pression d’air adéquate dans les pneus, etc. – ohlala, je pense que mon père serait drôlement fier de lire ça.)

 

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Air Milk, des avantages en voyage, Marianne Papillon 2012

Quoiqu’il en soit, une voiture électrique est moins polluante qu’une voiture à essence et un navire est généralement plus écoénergétique qu’une voiture à essence. Et côté pollution… vaudra quand même toujours mieux prendre votre véhicule à essence que vos air miles, incitatifs ou pas!

« Traversier gratuit » pour les nuls*

Le gouvernement du Québec vient d’accorder la gratuité aux véhicules électriques sur les traversiers ainsi que sur les ponts à péage des autoroutes 25 et 30.

Mais attention, ce n’est gratuit que pour le véhicule (le conducteur et les passagers doivent encore payer). Même principe que pour les vélos, donc. Voilà un agréable bonus pour ceux qui font un choix écologique!

…Combien d’entre vous, en apprenant cette nouvelle, avez pensé – comme moi – que les autos électriques pourraient dorénavant emprunter gratuitement le traversier pour se rendre aux Îles de la Madeleine?

Ivan Quinn, le traversier desservant l'Île d'Entrée. (crédit image: MPapillon)

Ivan Quinn, le traversier desservant l’Île d’Entrée. (crédit image: MPapillon)

Eh non, détrompons-nous, il n’y a aucun rabais pour venir aux Îles! Seuls les traversiers de la Société de traversier du Québec sont soumis à cette mesure. La traversée IPÉ-Îles étant interprovinciale, celle-ci ne s’applique pas. Ainsi donc… seule la balade de notre char électrique vers l’Île d’Entrée est gratuite! Plusieurs propriétaires de tels véhicules se voyaient déjà venir aux Îles de la Madeleine l’été prochain en raison de ce présumé incitatif, mais, hélas, maintenant que lumière est faite, ils en sont à réévaluer leurs plans de vacances!

 

Pour un réel incitatif au transport électrique

Évidemment, cette mesure en est une parmi plusieurs. Qu’on se le dise, l’électrification des transports commence d’abord par l’accès à ces véhicules sur le marché (à quand des autos électriques chez nos concessionnaires de l’archipel?) et par l’accès à la recharge publique (quoiqu’à ce sujet, tout le monde peut se charger à domicile la nuit sur une prise ordinaire et il y en aura bien un ou deux pour nous doter d’autres borne publiques sous peu). Mais encore.

Voici quelques éléments supplémentaires qui devraient alimenter la réflexion sur cette mesure de « gratuité » sur les traversiers:

Traverse du véhicule seulement: Véhicule à combustion Véhicule électrique
Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola 4,75$ gratuit
Québec–Lévis 4,75$ gratuit
Matane–Baie-Comeau–Godbout 47,50$ gratuit
Autoroute 25 3,16$ gratuit
Autoroute 30 2,40$ gratuit
Cap-aux-Meules-Îles d’Entrée 42$ gratuit
Montréal-Les Îles ou Les Îles-Montréal 305 $ 305 $
Montréal-Chandler ou Chandler-Montréal 210 $ 210 $
Chandler-Les Îles ou Les Îles-Chandler 163 $ 163 $
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) basse saison 66,50$ 66,50$
Cap-aux-Meules-Souris (Îles-ÎPÉ) haute saison 94,50$ 94,50$
Pont de la confédération (ÎPÉ-NB) 46$ 46$

Avez-vous trouvé l’erreur? La véiste néo-madelinienne que je suis ne peut s’empêcher de quémander un rabais d’au moins 47,50$ pour la traverse Souris-Cap-aux-Meules et de minimalement 3,16$ pour le pont de l’ÎPÉ. Qui dit mieux?

Il serait souhaitable que ces nouveaux incitatifs s’adaptent au caractère insulaire des populations liées par traversier et qu’ils s’appliquent aux liaisons interprovinciales reliant l’archipel madelinien au Québec continental en passant par l’ÎPÉ et le NB.

À propos, des discussions sont en cours sur l’IPÉ pour que le péage du pont soit aboli. II faudrait à tout le moins qu’au terme de cette démarche, il soit gratuit pour les véhicules électriques. Le transport électrique sur l’ÎPÉ est croissant et il serait aussi logique que les autorités de cette province l’encouragent.

Au fait, le ministère du transport du Québec a-t-il l’intention de continuer à ne rembourser à 30% que la forme de transport la plus polluante (avion) ou s’il commencera à s’engager à soutenir les autres formes de transport émettant beaucoup moins de GES?**

Enfin, en toute logique, des incitatifs devraient aussi s’appliquer à la liaison interne provinciale Montréal-Chandler-Les Îles, non?

Pour d’autres points de vue sur la question… consulter Le Radar de cette semaine!

 

* Pour les nuls réfère à la collection du même nom dont les bouquins visent à répondre aux questions des utilisateurs peu expérimentés.

** Lors de notre prochain billet, nous évaluerons si l’incitatif à prendre le traversier en auto électrique est une bonne idée d’un point de vue écologique. Et pour ceux qui se demandent si le transport électrique aux Îles est écologique compte tenu de la centrale au mazout, consultez cet ancien billet.

« Purity Garden » … ou un bouquet d’air pur à Shanghai

Récit d’une grande aventure en quatre petits points.

Quelle aventure?

Du IMG_49921er au 18 octobre, j’ai eu la chance de participer à une expérience artistique formidable : une expo collective à Shanghai sur le thème de la photosynthèse regroupant une dizaine d’artistes dont 4 canadiens, des Chinois et des Taïwanais. Le Lujiazui Outdoors Arts Festival se déroulait dans un parc urbain en Chine, au coeur de Pudong, à Shanghai, du 16 au 30 octobre 2015. J’ai donc voyagé pendant 2 jours (les Îles-de-la-Madeleine – Mtl – Toronto – Shanghai, merci le CALQ!), émergé une journée (12h de décalage, aouch!), créé pendant les 7 suivantes, monté l’installation pendant 3 autres (avec beaucoup d’aide), relaxé 1 1/2 journée (ouf!) puis voyagé de retour pendant 2 jours.

En quoi consistait l’oeuvre?

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« Purity Garden », Marianne papillon 2015.

«Purity Garden» est une installation extérieure temporaire traitant de la pollution de l’air de façon poétique. Elle était constituée de 150 grands bambous recyclés, peints et liés les uns aux autres auxquels s’inséraient 2000 masques de protection respiratoire découpés en forme de feuilles de bambou. Au centre était juché un énorme toutou panda en sacs à ordure, lequel allaitait son petit. Vous voulez en voir plus? Cliquez ici pour l’album photo!! 

Quels étaient les défis à relever là-bas?


IMG_4894bLe langage
, bien sûr. Heureusement, Jerry, notre sympathique coordonnateur, parlait anglais. Alors, de mon français québécois à mon anglais moyen, puis de son anglais pas pire à son mandarin, il traduisait, autant que faire se peut… et vice versa.

Les rôles : au départ, ce n’était pas évident de saisir ce qui était attendu de chacun. Mais j’ai finalement assez vite compris que tout passait par mon supérieur immédiat, nul besoin de consulter les autres échelons hiérarchiques. Exprimez-lui un besoin une journée, angoissez en cachette le lendemain, puis une vaste équipe pour y répondre débarquera le surlendemain!


La qualité de l’air :
le smog était assez variable, belles journées entrecoupées d’épisodes de smog très intenses. Une nuit, l’odeur sulfureuse de l’atmosphère m’a réveillée. Ce matin-là, j’aurais bien eu envie de porter un de mes 2000 masques. Mais contrairement à ce qui est véhiculé dans nos médias, dans les faits, ce n’était pas chose si courante que d’en porter un.

La cohérence : il y a tant d’échelons hiérarchiques entre l’initiateur d’un événement et ses exécutants que l’intention de départ peut parfois se perdre en route. Par exemple, au départ, ils recherchaient des projets à base de matériaux recyclés. Mais rendue sur place, il était beaucoup plus simple d’obtenir du matériel neuf que recyclé. J’ai dû faire preuve de détermination pour arriver à rembourrer mon panda géant avec des matières récupérées!

Et quels furent les coups de coeur et découvertes?

IMG_4779L’architecture! Shanghai est un monstre d’urbanisme, les buildings, avenues et grandes places sont tous plus époustouflants les uns que les autres. Mention spéciale à la très girly Pearl Tower!!!

La diplomatie. Jamais, mais jamais, on ne vous fera sentir mal ou ridicule, en Chine. Ils se feront un point d’honneur de vous faire sentir roi et reine!

La gastronomie. Je ne verrai plus jamais un buffet chinois de la même façon. Ni les pattes de poule. Ni les méduses.

Manuela Lalic. Une artiste canadienne sensible et éclatée, co-locataire d’atelier, compagne de voyage et maintenant amie (salut Manu!).

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Ching-Yao Chen et Michel Beaucage, artistes invités.

Taïwan : oui, les Taïwanais ont ce petit quelque chose d’allumé. Maintenant, Taïwan est-il un pays ou une partie de la Chine? La réponse varie selon que l’on s’adresse à un Taïwanais ou un Chinois… Chose certaine, c’est à un Taïwanais que je dois l’accès inespéré à la webosphère pendant un court instant. Oui, le gouvernement chinois interdit l’accès à Facebook, Google, gmail, Youtube, Twitter, WordPress, Flickr et j’en passe. Mais un Taïwanais, avec son portable taïwanais et son serveur taïwanais, peut bien surfer comme il le souhaite!

IMG_5127Percée écologique: j’ai bien saisi toute l’importance de la sociologie, de l’organisation de nos systèmes, pour faire face aux enjeux écologiques. Les comportements individuels ne sont rien si les structures systémiques permettant leur mise en oeuvre ne sont pas en place. Comment voulez-vous que les milliards de Chinois recyclent s’il n’y a pas de bac de recyclage? C’est aussi simple que cela. Dites-moi maintenant où, au Québec, on nous offre la structure nécessaire pour consommer moins, pour consommer mieux? Tout ne repose pas sur l’individu, même s’il est essentiel à la chaîne.


Un petit dernier:
malgré l’empreinte écologique associée au voyage … j’ai découvert le goût de poursuivre l’aventure!

***

Pour en savoir plus, visitez l’album photo de l’artiste et écoutez l’entrevue à l’émission culturelle de CFIM. L’artiste remercie le Conseil des arts et des lettre du Québec pour l’aide financière au déplacement ainsi que tous les partenaires et membres organisateurs de l’événements.

MOUVEMENTS PÉTROLIERS à l’aéroport de Havre-aux-Maisons

Dans le cadre de la programmation 2015 Colis suspect du centre d’artiste Admare, le duo Papillon-Bourgault présente l’installation Mouvements pétroliers à l’aéroport de Havre-aux-Maisons, du 26 septembre au 30 octobre.

Daniel Bourgault est océanographe physicien à l’UQAR-ISMER. Ses recherches ont récemment porté sur la dispersion de polluants et sur les conditions environnementales dans le golfe du Saint-Laurent. Artiste en art actuel, Marianne Papillon a été interpellée par ses représentations graphiques du mouvement du pétrole. Ils ont donc fait équipe pour interpréter artistiquement des résultats scientifiques relatifs au trafic de navires-citernes et à la dispersion de polluants sur le Saint-Laurent.

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Crédit image: Papillon-Bourgault

Leur installation multidisciplinaire se situe à mi-chemin entre la subjectivité de l’artiste et l’objectivité du scientifique. Une oeuvre en fils tendus, représentant les trajets des navires-citernes sur le golfe, est utilisée comme surface de projection d’une modélisation scientifique simulant un déversement en mer. Plutôt qu’une iconographie classique de marée noire, le duo présente un espace complexe, texturé et mouvant, où se côtoient l’habitat et la voie de passage.

Cette oeuvre est une adaptation du Projet Rioux « Trajectoires pétrolières« , une co-création élaborée dans le cadre de la résidence artistique d’Arte Tracto au Parc du Bic en juillet 2015 dont les oeuvres peuvent être visionnées ici.

Projection de  "Trajectoires pétrolières IIb" sur réservoir d'hydrocarbures. Papillon-Bourgault, avec Estelle Marcoux et Julien Leblanc de la Fabrique culturelle, Télé-Québec Gaspésie-les-Îles

Projection de « Trajectoires pétrolières IIb » sur réservoir d’hydrocarbures. Papillon-Bourgault, avec Estelle Marcoux et Julien Leblanc de la Fabrique culturelle, Télé-Québec Gaspésie-les-Îles

Pour ceux qui n’auront pas le plaisir de passer par Havre-aux-Maisons… plus de détails vous seront livrés sur la Fabrique culturelle cet automne!

Peut mieux faire – en tournée à Montréal

En rediffusion à L’Entrepôt de Lachine du 11 septembre au 1er novembre 2015.

Lait, pétrole et Papillon

Le Centre CLARK avec Le Conseil des arts de Montréal en tournée présentent « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exercices », une exposition collective itinérante rassemblant 25 artistes et créateurs québécois sous le commissariat d’Emmanuel Galland.

J’y présente une mosaïque d’estampes numériques réalisées en 2012, illustrant un Canada bitumineux évoluant en 6 pas vers un Québec en proie au pétrole. Revisitant la carte, j’ai personnifié les contours du Canada, lui donnant l’allure d’un bébé à qui on force à boire au biberon un fluide noir. En opposition, la Mer nourricière du golfe du Saint-Laurent offre généreusement son sein maternel, dont la zone sensible correspond aux Îles de la Madeleine.

Visionnez la capsule vidéo de cette exposition ici.

Exposition collective itinérante Exposition collective itinérante « PEUT MIEUX FAIRE – Cahiers d’exerices » du commissaire Emmanuel Galland présentée par le Conseil des arts de Montréal en tournée et par le Centre CLARK, Montréal, 2014-2015 (crédit photo :…

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Laval veut prendre la tête de l’opposition au pipeline de LACTO-CANADA

La Ville de Laval hurlera haut et fort demain son opposition au projet de pipeline laitier. Le maire Marc Delet souhaite prendre la tête d’une coalition municipale et citoyenne pour bloquer les canaux de Lacto-Canada.

À moins d’une semaine du début des consultations publiques sur le projet de lactoduc, l’opposition s’organise. Laval dévoilera jeudi un grimoire où elle s’oppose à Lacto-Canada, appuyée par plusieurs conseillères en lactation certifiées IBCLC.

Lacto-CanadaLe maire compte rallier derrière lui les dizaines de municipalités qui ont déjà fait part de leurs inquiétudes quant aux intentions de la compagnie d’acheminer 1,1 million de barils par jour de lait des femmes post-partum de l’Alberta jusqu’au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec.

Lacto-Canada réagira demain à cette nouvelle, après la conférence du maire de Laval, prévue à 13h. Aujourd’hui, la Ville de Mèrebonne a dévoilé son propre grimoire où elle s’oppose au projet « dans sa forme actuelle ». Ce document est publié dans le cadre des consultations publiques organisées à partir du 15 septembre par la Communauté métropolitaine de Montréal. LactoCanada a déjà fait savoir qu’elle n’y participerait pas.

« Nous nous questionnons sur différents aspects du projet proposé, notamment en ce qui a trait à la sécurité maternelle et aux mesures d’intervention en cas de débordement. C’est plus d’un million de barils par jour et nous ne sommes pas satisfaits des réponses fournies à ce jour par LactoCanada. »

— Jean-Marc Robetaille, maire de Mèrebonne

Dans le cadre des consultations publiques, 154 citoyens et organisations ont fait part de leur intention de déposer un mémoire auprès de la Communauté métropolitaine de Montréal et 74 présentations devant la commission sont prévues. La première séance de consultation se tiendra le 15 septembre 2015 à Boucherville. Les suivantes seront le 17 à Saint-Constant, le 23 à Montréal puis le 29 à Laval. D’autres dates sont prévues.

Adaptation libre d’un extrait du texte «Laval veut prendre la tête de l’opposition au pipeline Énergie Est», de Thomas Gerbet sur Radio-Canada, 9 septembre 2015.

Photosynthèse à Shanghai

Le « 2015 Shanghai Lujiazui Outdoor Arts Festival », un festival culturel et d’art public à caractère environnemental, se tiendra cette année sous la thématique de la photosynthèse. Cet événement chinois, regroupant une douzaine d’artistes internationaux est organisé par le Shanghai High Noon Art & Culture Center.

Parc Lujiazui, Pudong, Shanghai. Source: http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=411642&page=6

Parc Lujiazui, Pudong, Shanghai. Source: http://www.skyscrapercity.com/showthread.php?t=411642&page=6

J’y exposerai une petite installation extérieure temporaire spécialement conçue pour l’occasion, dans le parc urbain Lujiazui. Cette oeuvre, intitulée Purity Garden, se situera à mi-chemin entre une allée de bambou – qui capte le CO2 – et une infrastructure industrielle – qui en émet. Cette installation symbolisera à la fois le problème de la pollution de l’air, sa cause et sa solution.

Des masques respiratoires remplaceront les feuilles, rappelant le rôle des espaces verts et de la photosynthèse dans la purification de l’air.

Symbole de protection de l’environnement, un panda fait de plastique recyclé –  allaitant son petit, autant que possible! – sera juché au centre de ces bambous «purificateurs d’air».

Une belle aventure en perspective!

La déforestation chinoise menace le panda, emblème national qui ne s’alimente que de bambou. Pendant ce temps, au Canada, la forêt boréale est menacée par l’expansion des sables bitumineux. Nos deux nations contribuent à la pollution atmosphérique et au réchauffement climatique par leurs activités industrielles, leur consommation croissante et leur déforestation. En 2013, la Chine a offert deux pandas au Canada, démarche diplomatique ayant mené par la suite à des accords de coopération énergétique. Or nos deux pays ont aussi récemment fait des avancées dans les récentes négociations climatiques internationales. Après avoir assisté à cette pratique ancestrale de la «diplomatie du panda», serons-nous bientôt témoin de la «diplomatie de l’air pur»?

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